Tribune
Dans son éditorial de l'hebdomadaire de "La Terre" du 5 avril 2011, Patrick Le Hyaric, député européen communiste, voit dans l'idée de "bouclier rural" un sujet transversal qui rassemble la gauche. Comment ne pas le suivre ?
Le groupe des députés socialistes, soutenu par toute la gauche, a mis en débat la semaine dernière au Parlement le projet d’un bouclier rural pour une égalité réelle des territoires.
Cette proposition, que la droite a refusée à l’Assemblée nationale, peut être liée aux initiatives d’André Chassaigne et de Jean Lassalle, il y a quelques mois. Ces initiatives et les idées qui y sont émises sont précieuses au moment où la mondialisation capitaliste déchire les territoires, démolit la production agricole familiale, réduit les services publics, met à mal le petit commerce et l’artisanat et appauvrit les familles populaires.
Un bouclier serait un outil de protection des populations et de la vie des territoires. Un bouclier signifierait que le pouvoir défend les services publics comme les hôpitaux, les lignes de chemin de fer, les tribunaux, les écoles, les services de la poste. Ce serait donc le retour de l’État dans toutes ses dimensions dans les campagnes. Un bouclier rural et social devrait aussi être un moyen pour obtenir une politique européenne et nationale qui maintienne la petite et moyenne agriculture, riche en emplois, productrice d’une alimentation de qualité, qui impulse de nouveaux projets d’installation de jeunes. C’est donc contradictoire avec le traité de Lisbonne qui prône l’Euro fort et le libre échangisme mondial, qui détruit les territoires et appauvrit les êtres humains.
Évidemment cela passe par une rémunération du travail grâce à des prix de base. Défendre les services publics et donner un nouvel élan à l’agriculture appelle donc de tourner le dos aux orientations du traité de Lisbonne et aux critères du nouveau projet dit « pacte pour l’euro » qui porte en germe une aggravation considérable de la vie à la campagne.
Les élus locaux agissent sans relâche pour faire vivre la ruralité. Mais sans acte politique volontaire fort, il sera impossible de revitaliser les campagnes, tout en ré-humanisant les villes.
Des efforts considérables et volontaires doivent être en effet développés pour que les populations, les collectivités, les artisans ou les petites entreprises accèdent partout aux nouvelles technologies, ou encore pour inventer des systèmes nouveaux, incitatifs à l’installation d’activités économiques valorisant les productions agricoles et des aides au mouvement coopératif et associatif.
Mais une donnée nouvelle extrêmement importante doit être prise en compte. Celle qui fait que désormais des territoires ruraux deviennent des zones de relégation. Des travailleurs, des familles populaires ne pouvant plus vivre en ville, s’installent à la campagne. Ils peuvent être évalués à onze millions, quasiment « invisibles » et qui sont parmi les plus pauvres. Ceux qui travaillent paient au prix fort leur carburant pour aller au travail, faire les courses. Pour un retraité le carburant et l’alimentation coûtent toujours plus cher. Se soigner devient plus difficile, se loger coûte de plus en plus cher. Les collectivités territoriales, à commencer par les communes, ont des moyens insuffisants.
Le monde rural, les populations vivant à la campagne dans leur diversité, doivent être respectés et écoutés. Les choix politiques européens et nationaux doivent être mis en conformité avec ces choix. L’idée d’un bouclier rural pourrait faire l’objet d’un rassemblement large pour faire vivre le monde rural.
La Terre, 5 avril 2011
Cette proposition, que la droite a refusée à l’Assemblée nationale, peut être liée aux initiatives d’André Chassaigne et de Jean Lassalle, il y a quelques mois. Ces initiatives et les idées qui y sont émises sont précieuses au moment où la mondialisation capitaliste déchire les territoires, démolit la production agricole familiale, réduit les services publics, met à mal le petit commerce et l’artisanat et appauvrit les familles populaires.
Un bouclier serait un outil de protection des populations et de la vie des territoires. Un bouclier signifierait que le pouvoir défend les services publics comme les hôpitaux, les lignes de chemin de fer, les tribunaux, les écoles, les services de la poste. Ce serait donc le retour de l’État dans toutes ses dimensions dans les campagnes. Un bouclier rural et social devrait aussi être un moyen pour obtenir une politique européenne et nationale qui maintienne la petite et moyenne agriculture, riche en emplois, productrice d’une alimentation de qualité, qui impulse de nouveaux projets d’installation de jeunes. C’est donc contradictoire avec le traité de Lisbonne qui prône l’Euro fort et le libre échangisme mondial, qui détruit les territoires et appauvrit les êtres humains.
Évidemment cela passe par une rémunération du travail grâce à des prix de base. Défendre les services publics et donner un nouvel élan à l’agriculture appelle donc de tourner le dos aux orientations du traité de Lisbonne et aux critères du nouveau projet dit « pacte pour l’euro » qui porte en germe une aggravation considérable de la vie à la campagne.
Les élus locaux agissent sans relâche pour faire vivre la ruralité. Mais sans acte politique volontaire fort, il sera impossible de revitaliser les campagnes, tout en ré-humanisant les villes.
Des efforts considérables et volontaires doivent être en effet développés pour que les populations, les collectivités, les artisans ou les petites entreprises accèdent partout aux nouvelles technologies, ou encore pour inventer des systèmes nouveaux, incitatifs à l’installation d’activités économiques valorisant les productions agricoles et des aides au mouvement coopératif et associatif.
Mais une donnée nouvelle extrêmement importante doit être prise en compte. Celle qui fait que désormais des territoires ruraux deviennent des zones de relégation. Des travailleurs, des familles populaires ne pouvant plus vivre en ville, s’installent à la campagne. Ils peuvent être évalués à onze millions, quasiment « invisibles » et qui sont parmi les plus pauvres. Ceux qui travaillent paient au prix fort leur carburant pour aller au travail, faire les courses. Pour un retraité le carburant et l’alimentation coûtent toujours plus cher. Se soigner devient plus difficile, se loger coûte de plus en plus cher. Les collectivités territoriales, à commencer par les communes, ont des moyens insuffisants.
Le monde rural, les populations vivant à la campagne dans leur diversité, doivent être respectés et écoutés. Les choix politiques européens et nationaux doivent être mis en conformité avec ces choix. L’idée d’un bouclier rural pourrait faire l’objet d’un rassemblement large pour faire vivre le monde rural.
La Terre, 5 avril 2011
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Directeur de la publication : Jean-Philippe HUELIN
Contact : jphuelin@voila.fr
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