APPEL POUR DES ETATS GENERAUX DES CAMPAGNES FRANCAISES
Députés de territoires de campagnes, nous avons décidé de porter publiquement à votre connaissance notre sentiment du mal profond qui ronge de plus en plus cruellement une grande partie de notre espace national et des habitants qui y vivent. Devant l’agonie de pans entiers de territoires de France, métropole et territoires d’outre-mer, nous ne pouvons en effet rester plus longtemps silencieux.
Depuis plus de trente ans, l’Etat, avec la dégradation de ses services publics (l’école, la poste, la maternité, les tribunaux, les transports...), abandonne les campagnes françaises. Aujourd’hui, certains penseurs naturalistes et les adeptes de la rentabilité les transforment en réserves d’indiens. L’Etat ne porte plus une véritable politique d’aménagement du territoire et des espaces ruraux. Les agriculteurs, ruinés par des prix agricoles qui n’ont jamais été aussi bas, partent en faillite sans repreneurs, suivis par les commerçants et artisans qui ne trouvent personne à qui transmettre leur fonds de commerce ou leur savoir-faire. Les entrepreneurs désertent faute de soutien bancaire et d’infrastructures de transport dignes de ce nom. Les élus assistent impuissants à l’empilement de normes et de lois qui les paralysent et souvent au surendettement de leur commune qui bloque toute vision d’avenir.
Devant une situation si dramatique, il est de notre responsabilité de participer à l’élaboration d’une nouvelle manière de penser, d’être et d’agir qui corresponde à la réalité de ces terres abandonnées et aux besoins de populations qui ont la volonté de se sentir utiles.
Mais qui dira à l’opinion française la vérité sur la situation des campagnes sinon celles et ceux qui vivent le drame actuel dans leur chair ? Il est urgent de briser la « loi du silence » et de donner la parole à ces centaines de milliers de nos concitoyens qui ne demandent qu’à croire en leur destin et en l’avenir des territoires qu’ils habitent.
C’est pourquoi, transcendant les sensibilités politiques, nous appelons les habitants et acteurs des campagnes à rédiger des « cahiers de doléances » qui préfigureront les « États Généraux des campagnes françaises ». Si vous vous saisissez de cette initiative, cette démarche peut prendre une envergure pacifique, intelligente et refondatrice d’une ampleur que personne d’entre nous ne peut imaginer. De tels Etats Généraux pourraient déboucher sur une grande proposition de loi intitulée « Campagnes de France : grande cause nationale » portée par le peuple de France et qui aurait pour objectif de marquer l’arrêt du déclin de nos campagnes. Cette proposition de loi, le moment venu, pourrait être déposée à l’Assemblée nationale sous la signature de tous les parlementaires de notre pays.
C’est pourquoi, afin de faciliter l’engagement de tous nos concitoyens, nous voudrions adresser cet appel résolu :
- A vous populations rurales qui vous mobilisez pour la sauvegarde des services publics, pour essayer de trouver un emploi, pour ne plus être considéré comme des citoyens en dehors de la « vraie société », de « celle qui prend les décisions », de « celle qui compte » parce qu’elle détiendrait toutes les richesses.
- A vous agricultrices et agriculteurs, paysans de France, qui manifestez contre un pouvoir d’achat de plus en plus virtuel, contre l’effondrement des prix agricoles, contre la hausse des marges de la grande distribution,
- A vous commerçants, artisans, médecins, pharmaciens, infirmiers et professionnels de santé qui maintenez au quotidien la flamme de vie et qui trop souvent êtes les derniers à fermer les portes de nos villages.
- A vous ouvriers et ouvrières des industries rurales dont les salaires sont au plus bas.
- A vous travailleurs du secteur privé comme du secteur public, fonctionnaires et employés du tertiaire, à vous instituteurs et formateurs qui donnez tant à notre pays dans une telle indifférence.
- A vous, associations qui agissez dans nos campagnes, bien souvent dans l’incompréhension des pouvoirs publics, pour maintenir un dernier lien social et humain.
- A vous maires et ensemble des élus locaux qui luttez jour après jour pour tenter de garder un souffle de vie dans nos villes et villages, attirer des emplois, des jeunes, construire des projets d’avenir.
- A vous aussi, compagnons des banlieues françaises, qui savez par expérience ce que signifie le sentiment d’être inutile à la nation et laissé au ban de la société.
- A vous, médias et organes de presse qui pourriez vous engager dans cette belle et grande cause,
- A vous chercheurs, penseurs, intellectuels qui ne pourriez vous résigner à ce qu’un pan entier de notre civilisation ne s’éteigne dans les toutes prochaines années.
- A vous enfin, chers collègues Députés et Sénateurs, parlementaires de France, qui vivez au quotidien cette réalité et qui pensez que cette situation n’est pas une fatalité.
- Et plus largement encore à vous tous, citoyens de notre pays, qui refusez un désastre qui ne dit pas encore son nom !
http://www.campagnesdefrance.fr/
Depuis plus de trente ans, l’Etat, avec la dégradation de ses services publics (l’école, la poste, la maternité, les tribunaux, les transports...), abandonne les campagnes françaises. Aujourd’hui, certains penseurs naturalistes et les adeptes de la rentabilité les transforment en réserves d’indiens. L’Etat ne porte plus une véritable politique d’aménagement du territoire et des espaces ruraux. Les agriculteurs, ruinés par des prix agricoles qui n’ont jamais été aussi bas, partent en faillite sans repreneurs, suivis par les commerçants et artisans qui ne trouvent personne à qui transmettre leur fonds de commerce ou leur savoir-faire. Les entrepreneurs désertent faute de soutien bancaire et d’infrastructures de transport dignes de ce nom. Les élus assistent impuissants à l’empilement de normes et de lois qui les paralysent et souvent au surendettement de leur commune qui bloque toute vision d’avenir.
Devant une situation si dramatique, il est de notre responsabilité de participer à l’élaboration d’une nouvelle manière de penser, d’être et d’agir qui corresponde à la réalité de ces terres abandonnées et aux besoins de populations qui ont la volonté de se sentir utiles.
Mais qui dira à l’opinion française la vérité sur la situation des campagnes sinon celles et ceux qui vivent le drame actuel dans leur chair ? Il est urgent de briser la « loi du silence » et de donner la parole à ces centaines de milliers de nos concitoyens qui ne demandent qu’à croire en leur destin et en l’avenir des territoires qu’ils habitent.
C’est pourquoi, transcendant les sensibilités politiques, nous appelons les habitants et acteurs des campagnes à rédiger des « cahiers de doléances » qui préfigureront les « États Généraux des campagnes françaises ». Si vous vous saisissez de cette initiative, cette démarche peut prendre une envergure pacifique, intelligente et refondatrice d’une ampleur que personne d’entre nous ne peut imaginer. De tels Etats Généraux pourraient déboucher sur une grande proposition de loi intitulée « Campagnes de France : grande cause nationale » portée par le peuple de France et qui aurait pour objectif de marquer l’arrêt du déclin de nos campagnes. Cette proposition de loi, le moment venu, pourrait être déposée à l’Assemblée nationale sous la signature de tous les parlementaires de notre pays.
C’est pourquoi, afin de faciliter l’engagement de tous nos concitoyens, nous voudrions adresser cet appel résolu :
- A vous populations rurales qui vous mobilisez pour la sauvegarde des services publics, pour essayer de trouver un emploi, pour ne plus être considéré comme des citoyens en dehors de la « vraie société », de « celle qui prend les décisions », de « celle qui compte » parce qu’elle détiendrait toutes les richesses.
- A vous agricultrices et agriculteurs, paysans de France, qui manifestez contre un pouvoir d’achat de plus en plus virtuel, contre l’effondrement des prix agricoles, contre la hausse des marges de la grande distribution,
- A vous commerçants, artisans, médecins, pharmaciens, infirmiers et professionnels de santé qui maintenez au quotidien la flamme de vie et qui trop souvent êtes les derniers à fermer les portes de nos villages.
- A vous ouvriers et ouvrières des industries rurales dont les salaires sont au plus bas.
- A vous travailleurs du secteur privé comme du secteur public, fonctionnaires et employés du tertiaire, à vous instituteurs et formateurs qui donnez tant à notre pays dans une telle indifférence.
- A vous, associations qui agissez dans nos campagnes, bien souvent dans l’incompréhension des pouvoirs publics, pour maintenir un dernier lien social et humain.
- A vous maires et ensemble des élus locaux qui luttez jour après jour pour tenter de garder un souffle de vie dans nos villes et villages, attirer des emplois, des jeunes, construire des projets d’avenir.
- A vous aussi, compagnons des banlieues françaises, qui savez par expérience ce que signifie le sentiment d’être inutile à la nation et laissé au ban de la société.
- A vous, médias et organes de presse qui pourriez vous engager dans cette belle et grande cause,
- A vous chercheurs, penseurs, intellectuels qui ne pourriez vous résigner à ce qu’un pan entier de notre civilisation ne s’éteigne dans les toutes prochaines années.
- A vous enfin, chers collègues Députés et Sénateurs, parlementaires de France, qui vivez au quotidien cette réalité et qui pensez que cette situation n’est pas une fatalité.
- Et plus largement encore à vous tous, citoyens de notre pays, qui refusez un désastre qui ne dit pas encore son nom !
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