Grande manifestation le 10 février à Decazeville dans l'Aveyron pour le maintien de l'hôpital.
Cobien étaient-ils hier devant l'hôpital decazevillois, à battre le pavé glacial, à l'heure du rassemblement pour la sauvegarde de l'ensemble des services de l'établissement hospitalier ? 2 000, comme l'indiquaient les fonctionnaires de police ? Entre 2 500 et 3 000 comme l'annonçait l'un des représentants syndicaux depuis la tribune ? Vraisemblablement dans cette fourchette haute, sauf à se déjuger sur le compte rendu d'un précédent rassemblement qui se tenait au même endroit et où nous en avions annoncé 2 000, alors même qu'ils étaient alors beaucoup, beaucoup moins nombreux qu'hier.
Mais qu'importe au fond ces histoires de chiffres. La population était là et bien là. Venue en masse de l'ensemble du territoire ; bravant le froid, bravant le vent, soudée au coude à coude, pour dire une
nouvelle fois non à la tutelle, et par-delà la tutelle, au gouvernement « bien trop prompt à marchandiser un système de santé que l'on devrait laisser à l'écart de tout critère de rentabilité... » Le seul enjeu de la manifestation d'hier, aux yeux des organisateurs, consistait à prendre la température de la population, à juger de sa mobilisation, tout juste 24 heures avant le rendez-vous qui à lieu aujourd'hui à l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH).
Car c'est bien aujourd'hui, à 16 heures, qu'une large délégation comprenant des représentants du CA de l'hôpital, des représentants syndicaux, des membres du collectif Tous ensemble, emmenés par la députée Marie-Lou Marcel, sera reçue par Pierre Gauthier ou son successeur. C'est aujourd'hui qu'une fois de plus, la délégation exposera ses doléances, fera valoir ses ambitions, demandera tout simplement que l'hôpital decazevillois ne soit pas traité différemment des autres hôpitaux - « mêmes s'ils ne sont, au demeurant, guère bien traités » - tout comme l'a rappelé hier l'ensemble des orateurs qui se sont succédé à la tribune.
Au-delà de ces problèmes de pure arithmétique, il faudra également retenir que la mobilisation a largement opéré au-delà du périmètre urbain du Bassin.
On notait dans l'assistance en effet la présence de très nombreux élus : maires, conseillers municipaux, conseillers généraux des communes ou cantons périphériques, tous venus là, non de façon symbolique, mais tout simplement pour dire « Cet hôpital c'est le nôtre, c'est là souvent que nous sommes nés, c'est là qu'on nous soigne en urgence, c'est là que nos fils, nos filles, nos neveux sont admis si d'aventure ils sont accidentés. Non, nous ne voulons pas d'un désert sanitaire... », et montrer leur attachement viscéral à cette structure.
Dans le public, on notait également la présence de Christian Tesseydre, maire de Rodez - « en campagne également pour les régionales », pourrait-on certes objecter -, mais aussi président de la conférence sanitaire du territoire Nord-Ouest Aveyron, solidaire de la lutte menée ici ; conscient des enjeux sanitaires qui se jouent dans ce « bassin de vie hospitalier » de 49 000 habitants ; et soucieux donc du devenir sanitaire de l'ensemble du territoire Nord-Ouest aveyronnais et qui se propose à ce titre de mener une large consultation dans ce domaine dans les jours et les semaines à venir « afin de présenter des propositions constructives, face à la position de l'ARH qui est irrecevable, pour ne pas dire scandaleuse ! » Une menace plus globale On l'a bien vu hier, « au-delà de ce mauvais cadeau de fin d'année », comme le rappelait avec une pointe d'humour le docteur Azouz Bédioui, président de la CME, en parlant de la signification écrite par l'ARH, le 30 décembre, de ne plus financer le service de soins continus, la population semble bien avoir compris que c'est l'ensemble de l'hôpital qui est menacé.
Tous les orateurs ont bien insisté sur cela : « Une maternité peut-elle fonctionner sans un service de réanimation ? Que dire d'un bloc opératoire ? Pourra-t-on accueillir des accidentés de la route ? ». « Non, non et re non », bien sûr. Ainsi par ce biais-là, on condamne l'ensemble de l'établissement. « Pourra-t-on imaginer alors que sans ce service de soins continus, l'autorité de tutelle reconduise en mai 2011 l'autorisation de fonctionner à la maternité ? Pourra-t-on imaginer que sans ce service, l'ARH reconduise en juin 2011, cette fois, l'autorisation de fonctionner à la chirurgie ? », s'interrogeait alors ce même docteur Bédioui.
Pour le compte du syndicat CGT, Lilian Lamagat rappelait qu'en « quelques années, depuis la mise en place de la tarification à l'activité, l'ARH, l'État donc, nous a volés de 15 M€. Sommes-nous des sous-citoyens ? Le président Sarkozy et Roseline Bachelot ont beau jeu de soutenir qu'ils veulent sauver l'hôpital. Or, pour le sauver que font-ils ? Ils le ferment ! » Parlant au nom des maires des communes urbaines, Jean-Pierre Ladrech, maire de Firmi, rappelait l'attachement des élus à cet établissement de soins, soulignant à quel point sa « présence sur le territoire était impérativement nécessaire » pour le développement du Bassin, et notamment son développement économique. Prenant la parole en dernier, Marie-Lou Marcel réalisait une synthèse des interventions précédentes. Dans un discours très complet, très fouillé et argumenté, mais également émouvant, elle a évoqué à quel point la ruralité française, là justement où vivent encore des millions de Français, était actuellement malmenée. Collant à l'actualité, elle a dit à quel point il était incohérent du président Sarkozy de conduire la politique qu'il conduit, à l'heure où il se promet de houspiller les Français qui disent du mal des fonctionnaires. « Les fonctionnaires, s'il leur octroyait un peu plus de moyens, lui-même les respecterait un peu plus. »On laissera le mot de la fin à Alain Combres, le maire d'Asprières. Dans une belle formule, il a résumé ce qui semblait constituer le ciment mobilisateur du rassemblement d'hier : « L'hôpital, lui qui sauve des vies, sauvons-le aujourd'hui ! ».
ph.b
http://www.midilibre.com/articles/2010/02/11/VILLAGES-Ils-etaient-pres-de-3-000-hier-a-dire-leur-attachement-a-l-39-hopital-1107740.php5
Mais qu'importe au fond ces histoires de chiffres. La population était là et bien là. Venue en masse de l'ensemble du territoire ; bravant le froid, bravant le vent, soudée au coude à coude, pour dire une
nouvelle fois non à la tutelle, et par-delà la tutelle, au gouvernement « bien trop prompt à marchandiser un système de santé que l'on devrait laisser à l'écart de tout critère de rentabilité... » Le seul enjeu de la manifestation d'hier, aux yeux des organisateurs, consistait à prendre la température de la population, à juger de sa mobilisation, tout juste 24 heures avant le rendez-vous qui à lieu aujourd'hui à l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH).
Car c'est bien aujourd'hui, à 16 heures, qu'une large délégation comprenant des représentants du CA de l'hôpital, des représentants syndicaux, des membres du collectif Tous ensemble, emmenés par la députée Marie-Lou Marcel, sera reçue par Pierre Gauthier ou son successeur. C'est aujourd'hui qu'une fois de plus, la délégation exposera ses doléances, fera valoir ses ambitions, demandera tout simplement que l'hôpital decazevillois ne soit pas traité différemment des autres hôpitaux - « mêmes s'ils ne sont, au demeurant, guère bien traités » - tout comme l'a rappelé hier l'ensemble des orateurs qui se sont succédé à la tribune.
Au-delà de ces problèmes de pure arithmétique, il faudra également retenir que la mobilisation a largement opéré au-delà du périmètre urbain du Bassin.
On notait dans l'assistance en effet la présence de très nombreux élus : maires, conseillers municipaux, conseillers généraux des communes ou cantons périphériques, tous venus là, non de façon symbolique, mais tout simplement pour dire « Cet hôpital c'est le nôtre, c'est là souvent que nous sommes nés, c'est là qu'on nous soigne en urgence, c'est là que nos fils, nos filles, nos neveux sont admis si d'aventure ils sont accidentés. Non, nous ne voulons pas d'un désert sanitaire... », et montrer leur attachement viscéral à cette structure.
Dans le public, on notait également la présence de Christian Tesseydre, maire de Rodez - « en campagne également pour les régionales », pourrait-on certes objecter -, mais aussi président de la conférence sanitaire du territoire Nord-Ouest Aveyron, solidaire de la lutte menée ici ; conscient des enjeux sanitaires qui se jouent dans ce « bassin de vie hospitalier » de 49 000 habitants ; et soucieux donc du devenir sanitaire de l'ensemble du territoire Nord-Ouest aveyronnais et qui se propose à ce titre de mener une large consultation dans ce domaine dans les jours et les semaines à venir « afin de présenter des propositions constructives, face à la position de l'ARH qui est irrecevable, pour ne pas dire scandaleuse ! » Une menace plus globale On l'a bien vu hier, « au-delà de ce mauvais cadeau de fin d'année », comme le rappelait avec une pointe d'humour le docteur Azouz Bédioui, président de la CME, en parlant de la signification écrite par l'ARH, le 30 décembre, de ne plus financer le service de soins continus, la population semble bien avoir compris que c'est l'ensemble de l'hôpital qui est menacé.
Tous les orateurs ont bien insisté sur cela : « Une maternité peut-elle fonctionner sans un service de réanimation ? Que dire d'un bloc opératoire ? Pourra-t-on accueillir des accidentés de la route ? ». « Non, non et re non », bien sûr. Ainsi par ce biais-là, on condamne l'ensemble de l'établissement. « Pourra-t-on imaginer alors que sans ce service de soins continus, l'autorité de tutelle reconduise en mai 2011 l'autorisation de fonctionner à la maternité ? Pourra-t-on imaginer que sans ce service, l'ARH reconduise en juin 2011, cette fois, l'autorisation de fonctionner à la chirurgie ? », s'interrogeait alors ce même docteur Bédioui.
Pour le compte du syndicat CGT, Lilian Lamagat rappelait qu'en « quelques années, depuis la mise en place de la tarification à l'activité, l'ARH, l'État donc, nous a volés de 15 M€. Sommes-nous des sous-citoyens ? Le président Sarkozy et Roseline Bachelot ont beau jeu de soutenir qu'ils veulent sauver l'hôpital. Or, pour le sauver que font-ils ? Ils le ferment ! » Parlant au nom des maires des communes urbaines, Jean-Pierre Ladrech, maire de Firmi, rappelait l'attachement des élus à cet établissement de soins, soulignant à quel point sa « présence sur le territoire était impérativement nécessaire » pour le développement du Bassin, et notamment son développement économique. Prenant la parole en dernier, Marie-Lou Marcel réalisait une synthèse des interventions précédentes. Dans un discours très complet, très fouillé et argumenté, mais également émouvant, elle a évoqué à quel point la ruralité française, là justement où vivent encore des millions de Français, était actuellement malmenée. Collant à l'actualité, elle a dit à quel point il était incohérent du président Sarkozy de conduire la politique qu'il conduit, à l'heure où il se promet de houspiller les Français qui disent du mal des fonctionnaires. « Les fonctionnaires, s'il leur octroyait un peu plus de moyens, lui-même les respecterait un peu plus. »On laissera le mot de la fin à Alain Combres, le maire d'Asprières. Dans une belle formule, il a résumé ce qui semblait constituer le ciment mobilisateur du rassemblement d'hier : « L'hôpital, lui qui sauve des vies, sauvons-le aujourd'hui ! ».
ph.b
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