Le PS parle de "bouclier rural", la Droite rurale, un mouvement de l’UMP, préfère le "Plan Marshall de la ruralité". Dans les deux cas, il s’agit de donner un coup d’arrêt à la casse des services publics et, plus spécifiquement, un outil de solidarité avec les territoires ruraux et "périphériques". Extraits


Faut-il mettre en place un
Santé. Accès à un médecin généraliste à vingt minutes en voiture pour le PS, trente minutes pour l’UMP; aux urgences à trente minutes pour le premier, à vingt minutes pour le second; et à une maternité à quarante-cinq minutes pour les deux formations.

École. Pas d’école à plus de vingt minutes et de vingt-cinq minutes pour un collège ou lycée ne disposant pas d’un internat pour le PS. L’UMP veut prendre en compte systématiquement la scolarisation des moins de trois ans lors de l’élaboration des cartes scolaires.

Service public
. La Droite rurale prône la mise en place d’au moins un relais de service public dans chaque chef-lieu de canton; le PS souhaite l’accès à trente minutes maximum d’un lieu d’accueil et d’information sur l’emploi et la formation. Intensification de programmes publics d’habitat, notamment en prolongeant la durée de vie (de cinq à sept ans et demi) des Opah (Opérations programmées d’amélioration de l’habitat).

Activité économique. Le PS opte pour la création de conventions de commerce et de l’artisanat rural prenant en compte leur fonction économique, sociale et territoriale, afin de permettre le maintien d’activités essentielles. Financement assuré par un fonds, abondé par une contribution de la grande distribution. Les deux formations s’accordent pour développer le télétravail avec, pour l’UMP, une réduction de l’impôt sur les sociétés et, pour le PS, une contribution des opérateurs de jeux en ligne (5 % des recettes brutes) afin de développer le haut-débit. L’UMP prône également une exonération de charges pendant cinq ans pour les entreprises qui s’installent dans les zones de revitalisation rurale.

Routes. Chaque préfecture devra, dans une limite de quinze ans, être relié à un réseau autoroutier ou 2X2 voies, pour l’UMP. Le PS est plus vague et opte pour un plan national de financement et de développement des infrastructures garantissant la desserte, le désenclavement et la sécurité par une adaptation des infrastructures routières, ferroviaires, des voies navigables et du réseau des plates-formes intermodales des gares et aéroports par un maillage fin du territoire.

Reportage : PS et UMP entendent revitaliser les campagnes, même si la proposition de loi socialiste vient d'être rejetée à l'Assemblée. En attendant, dans le Centre-Bretagne, on se retrousse depuis longtemps les manches.

À Saint-Rivoal (29), le bar-restaurant allait disparaître. Le Pays Centre Ouest Bretagne (Cob) s'est mobilisé. L'établissement revit et commence à se faire une belle réputation. «En vingt ans, on a contribué à créer 20 commerces de ce type, mais aussi des bars ou crêperies-épiceries», explique Genevière Le Meur, directrice du Pays Cob. «On», ce sont 108 communes, structurées en dix communautés de communes regroupant 104.000 Costarmoricains, Finistériens et Morbihannais. L'union a permis à ces petites collectivités (*) de lutter contre la disparition des services publics ou privés. Pas une sinécure dans ce secteur ne bénéficiant ni de ville-centre ni, pendant longtemps, d'infrastructures routières conséquentes, ni de transports collectifs: «On y supplée par un service à la demande via une centrale de réservation de taxis, pour un tarif raisonnable (2 €)». Il a fallu se battre aussi pour maintenir des services de santé dans une région touchée par un fort taux de cancers, suicides et addictions de tout genres. «Nous avons réussi à installer un médecin spécialiste à Saint-Nicolas-du-Pélem (22), deux généralistes à Maël-Carhaix (22) et une maison médicale à Plouguernével (22)», souligne Jean-Yves Philippe, président du Pays Cob et de la Communauté de communes du Kreizh Breizh (CCKB).

Un riche patrimoine
«À l'échelle du Pays, on travaille avec l'Agence régionale de santé à la mise en place de Maisons pluridisciplinaires de santé à Guémené-sur-Scorff (56), Gourin (56) et Ploerdut (56)». Le Cob a également travaillé sur l'offre en garderies et centres de loisirs aux horaires adaptés aux activités des jeunes couples, pour beaucoup salariés dans l'agroalimentaire. Une éducation musicale de qualité est aussi offerte, grâce à 20 enseignants qui partagent leur temps plein entre les écoles de musique de Rostrenen, Gourin, Carhaix et les établissements scolaires. Les artisans ne sont pas oubliés. Un site internet leur est réservé. D'autre part, Neveo, composé d'entrepreneurs et de conseillers des chambres consulaires, accompagne les porteurs de projets innovants. Le Pays Cob a également initié une filière bois complète, des sylviculteurs aux constructeurs de maisons: «L'accent étant placé sur la basse consommation et la restauration de l'existant, pour préserver le foncier». Un patrimoine naturel à préserver, au même titre que le patrimoine architectural et historique, voire archéologique, nouvelle piste à exploiter par des offices de tourisme très affûtés.

«J'y crois»
«Je crois à ce territoire, affirme Jean-Yves Philippe. On est reconnus, que ce soit à Bruxelles, où on a un correspondant, à Paris où à la Région, où nous avons été placés en tête de ligne pour le très haut débit. Je suis confiant. Le rural va bénéficier de la progression démographique annoncée: plus 600.000 Bretons dans vingt ans. Reste que les défis sont nombreux dont la nouvelle politique agricole commune ou la fiscalité locale qui ne reposera plus que sur les ménages, qui seront en droit d'attendre des services en échange. Nous avons des atouts - qualité de vie, attrait de la Bretagne, nouvelles technologies. À nous d'en tirer parti. Si on ne réussit pas, c'est qu'on n'est pas bons».

Le Télégramme, 14 avril 2011

Tags : Bretagne
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Vendredi 15 Avril 2011 à 14:06 | {0} Commentaires






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