Outil d'analyse
L'auteur, Léonard Naraych, est agriculteur exploitant dans la région Rhône-Alpes. Partant du principe que «le monde rural subit aujourd'hui une crise structurelle», il propose une analyse du phénomène. «Parallèlement à la crise économique du monde agricole, on observe un certain nombre de problèmes culturels entrainés par la péri-urbanisation.»
«L'homme aime tant l'homme que quand il fuit la ville, c'est pour chercher la foule, c'est à dire pour refaire la ville à la campagne.» Charles Baudelaire, Journaux intimes
«Vous aimez la liberté ? Elle habite la campagne.» Andrès Bello
23 juin 2009, la nomination est confirmée. Le sénateur du Rhône, Michel Mercier, ancien trésorier du Modem entre dans le gouvernement Fillon II en tant que ministre de l'Espace rural et de l'aménagement du territoire. Par-delà l'ouverture au parti de François Bayrou, ce nouveau portefeuille gouvernemental entérine un fait de société balbutiant, dont le politique tente de se saisir : la ruralité est un enjeu d'action publique et par là même de réflexion. Les réactions ne se sont pas faites attendre. Le président de Chasse, pêche, nature et traditions, Frédéric Nihous se félicite de la création d'un «secrétariat d'Etat à l'Espace rural». Pour le dirigeant du parti tendant à représenter les campagnes françaises, «la ruralité devient une priorité nationale, tant mieux, (...)». L'espace rural fait donc l'objet d'une attention toute particulière des pouvoirs publics depuis quelques années. Mu par un objectif d'aménagement du territoire, le gouvernement lance à l'issue du CIACT du 14 octobre 2005 les pôles d'excellence rurale. Sous la houlette de Christian Estrosi, alors ministre délégué à l'aménagement du territoire, cette initiative vise à dynamiser l'activité économique des campagnes françaises tout en y développant les actions en faveur du développement durable et la promotion des innovations technologiques.
La ruralité est ainsi souvent évoquée par les pouvoirs publics et par les médias. Cependant, on observe que cette notion est relativement floue. Dans le dictionnaire de la géographie, «la géographie rurale étudie la campagne et non pas seulement l'agriculture». «La campagne, quant à elle, s'oppose à la ville, les faits de la campagne sont les faits ruraux[1]» L'INSEE estime que «toute agglomération de plus de 2000 personnes est rangée dans la catégorie urbaine ; la campagne se définit à nouveau négativement : c'est le reste [2]». Afin de sortir de cette définition par la négative, nous dirons que la ruralité désigne à la fois le territoire des agglomérations de moins de 2000 personnes et l'identité sociale vécue de ses habitants. Au sein de cet espace, on distingue un ensemble de sociabilités villageoises caractérisées par une relation de proximité interne à chaque agglomération. L'espace rural vit sur l'héritage de l'agriculture qui constitue encore parfois l'activité professionnelle d'une partie de la population. Nous pouvons détacher des degrés de ruralité en fonction de la proximité d'une ville ou d'une agglomération de plus de 2000 habitants[3]. Au cours du XXe siècle, nous pouvons observer une diminution des populations rurales : 19,7 millions en 1936, 14,9 millions en 1968, 14,7 millions en 1990 et 14,3 millions en 1999. À l'inverse, la population urbaine a doublé entre 1936 et 1999, passant de 22,1 à 44,2 millions. Cependant, il faut observer que le phénomène de rurbanisation modifie légèrement la donne. Des populations citadines s'implantent dans les campagnes avoisinant les grands centres urbains. Les espaces périurbains ont en effet subi la plus forte augmentation - 3 millions de personnes - entre 1990 et 1999[4]. Les campagnes françaises ont tendance à être repeuplées par d'anciens citadins. Ces migrations inversent l'exode rural entamé au XXe siècle.
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«Vous aimez la liberté ? Elle habite la campagne.» Andrès Bello
23 juin 2009, la nomination est confirmée. Le sénateur du Rhône, Michel Mercier, ancien trésorier du Modem entre dans le gouvernement Fillon II en tant que ministre de l'Espace rural et de l'aménagement du territoire. Par-delà l'ouverture au parti de François Bayrou, ce nouveau portefeuille gouvernemental entérine un fait de société balbutiant, dont le politique tente de se saisir : la ruralité est un enjeu d'action publique et par là même de réflexion. Les réactions ne se sont pas faites attendre. Le président de Chasse, pêche, nature et traditions, Frédéric Nihous se félicite de la création d'un «secrétariat d'Etat à l'Espace rural». Pour le dirigeant du parti tendant à représenter les campagnes françaises, «la ruralité devient une priorité nationale, tant mieux, (...)». L'espace rural fait donc l'objet d'une attention toute particulière des pouvoirs publics depuis quelques années. Mu par un objectif d'aménagement du territoire, le gouvernement lance à l'issue du CIACT du 14 octobre 2005 les pôles d'excellence rurale. Sous la houlette de Christian Estrosi, alors ministre délégué à l'aménagement du territoire, cette initiative vise à dynamiser l'activité économique des campagnes françaises tout en y développant les actions en faveur du développement durable et la promotion des innovations technologiques.
La ruralité est ainsi souvent évoquée par les pouvoirs publics et par les médias. Cependant, on observe que cette notion est relativement floue. Dans le dictionnaire de la géographie, «la géographie rurale étudie la campagne et non pas seulement l'agriculture». «La campagne, quant à elle, s'oppose à la ville, les faits de la campagne sont les faits ruraux[1]» L'INSEE estime que «toute agglomération de plus de 2000 personnes est rangée dans la catégorie urbaine ; la campagne se définit à nouveau négativement : c'est le reste [2]». Afin de sortir de cette définition par la négative, nous dirons que la ruralité désigne à la fois le territoire des agglomérations de moins de 2000 personnes et l'identité sociale vécue de ses habitants. Au sein de cet espace, on distingue un ensemble de sociabilités villageoises caractérisées par une relation de proximité interne à chaque agglomération. L'espace rural vit sur l'héritage de l'agriculture qui constitue encore parfois l'activité professionnelle d'une partie de la population. Nous pouvons détacher des degrés de ruralité en fonction de la proximité d'une ville ou d'une agglomération de plus de 2000 habitants[3]. Au cours du XXe siècle, nous pouvons observer une diminution des populations rurales : 19,7 millions en 1936, 14,9 millions en 1968, 14,7 millions en 1990 et 14,3 millions en 1999. À l'inverse, la population urbaine a doublé entre 1936 et 1999, passant de 22,1 à 44,2 millions. Cependant, il faut observer que le phénomène de rurbanisation modifie légèrement la donne. Des populations citadines s'implantent dans les campagnes avoisinant les grands centres urbains. Les espaces périurbains ont en effet subi la plus forte augmentation - 3 millions de personnes - entre 1990 et 1999[4]. Les campagnes françaises ont tendance à être repeuplées par d'anciens citadins. Ces migrations inversent l'exode rural entamé au XXe siècle.
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Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Lundi 27 Décembre 2010 à 13:37
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