La ruralité a contribué à façonner une mosaïque de cultures, qui se sont métissées, mais aussi transmises, de générations en générations. Ce concept de cultures plurielles n’est pas sans s’opposer au concept de culture globale, qui évoque une forme d’uniformisation populaire, avec, à la clé, des critères distinctifs comme l’absence de tradition, la rapidité, la satisfaction immédiate des besoins, et une certaine forme de passivité collective et individuelle.
La France est le premier pays rural d’Europe, par le nombre de ses communes, le nombre de ses ruraux, mais aussi un mélange entre tradition de centralisation et de régionalisme culturel, ce qui a sans doute contribué au rayonnement culturel que la France entretien dans le monde. C’est la France qui a créé le concept « d’exception culturelle » en l’excluant des produits purement commerciaux définis par l’OMC
Le milieu rural Français s’est en même temps recomposé. Il a conservé, pour beaucoup, des activités culturelles traditionnelles fortes, voire les a remises en évidence, mais il a aussi bénéficié d’un véritable métissage, de part l’arrivée de nouvelles populations. Enfin, il défend un certain « art de vivre » fondé sur la simplicité des échanges, l’engagement associatif et citoyen, une forme de convivialité et de relation au temps et aux autres.
Dans ce mode de vie, la culture est au service de deux ambitions :
- Le « vivre ensemble »
- La visibilité du monde rural comme porteur de créativité, de talents, donc de richesses
De ce point de vue, et partir au concept de culture globale, la vie culturelle en milieu rural se pose comme une véritable « contre culture », concept qui n’a strictement rien de négatif dans la mesure où celle-ci est alimentée par la créativité locale et peut, d’une certaine manière, et tout en étant populaire, constituer une offre alternative et complémentaire que le « village global » tend à uniformiser, pour le meilleur (l’échange), mais aussi pour le pire (l’appauvrissement de la créativité).
Si l’on considère le milieu rural, à la fois dans ses caractéristiques traditionnelles, mais aussi nouvelles, la vie culturelle forme une véritable mosaïque d’expressions très différentes, qui peuvent se retrouver ainsi :
1) La culture des particularismes, traditionnelle et populaire, mais aussi la culture du « vivre ensemble »
Cette branche de la culture rurale fonde le concept de « bien vivre au pays » et associe en générale toutes les couches de la population, faisant ainsi de ce concept un ciment populaire
- La culture du « pays » d’abord, celle de la Résistance, comme en Morvan ou en Vercors comme celle des comices agricoles
- La culture des écrivains que les salons parisiens affublent souvent de l’adjectif de régionalistes et qui souvent les premiers ont plaidé la cause de la ruralité et ont rafraichi un style littéraire uniformisé
- La culture des villages, cet art de faire la fête, des bals de Pentecôte qui reviennent, des courses de cote, des tournois de belote ou de tarot, des derbys de foot entre deux villages distant de quelques kilomètres, des rendez-vous de la FNACA ou ces fanfares souvent présentes le 11 novembre ou le 8 mai, celle de l’apéro de Panis ou des chtis
2) La culture rurale revendicatrice
Cette branche de la culture des campagnes est une sorte de version rurale d’une des fonctions essentielles de la culture : mettre des mots sur le fonctionnement de la société, critiquer ou dénoncer dans une optique citoyenne et politique
- La culture de ces « fous du roi »( ou du président de conseil général ou encore du député) qui font jouer aux chaises musicales les élus et les préfets de région, ou encore qui font monter sur scène des chômeurs ou des « ptits vieux », qui organisent l’éducation populaire dans des universités des bistrots où sont invités tous les intellectuels de notre pays !
- La culture de diffusion des Festivals proposée souvent par ces maires qui veulent faire toucher du doigt les artistes que l’on ne voit que par petite lucarne interposée.
3) La culture dans sa fonction « éducation populaire et institutionnelle ».
Les territoires ruraux offrent très souvent des outils d’échanges, de formation, de créativité, soit organisée à partir des institutions locales, soit relayée par des centres culturels ou des associations culturelles militantes.
La culture de découverte de ces sociétés savantes qui font découvrir tel écrivain ou tel peintre de vrai talent, mais rayés des cadres de la « culture officielle »
La culture pour tous qu’essaient de promouvoir les nouvelles maisons de la culture que sont les parcs et les pays
La culture de la lecture et de l’écriture, au-delà des écrivains dit régionalistes cités ci dessus, et portés en particulier par les conseils généraux depuis plusieurs années (bibliobus, réseau de bibliothèques voir de médiathèques intercommunales, archives départementales…) ou par nos concitoyens qui organisent « les salons du livre » ou les journées « samedi c’est poésie, dimanche aussi ! ».
Le retard mis par l’Internet à arriver ou l’âge moyen plus élevé dans les territoires ruraux en sont peut être l’une des explications.
4) La culture rurale « néo mondialisée »
Il serait particulièrement réducteur de ne pas relier la « production culturelle rurale », la circulation des idées, les initiatives culturelles locales, sans aborder les relations qu’elle tisse avec le monde urbain et le « village global ».
La culture des « cités » que nos jeunes des campagnes maîtrisent parfaitement, Internet et face book obligent.
La culture des neos ruraux qui bien souvent intègrent la culturel locale traditionnelle pour la revisiter à la lumière d’une forme de modernité technologique.
La culture de la diversité, car les nationalités les plus diverses voire les plus improbables sont aussi à la campagne, le temps de l’échange, la connaissance de l’autre permettant, peut être ici plus qu’ailleurs, permettant d’effacer les a priori.
La culture de tous ces citadins, artistes, intellectuels, journalistes ou encore stars des médias qui s’investissent dans la commune de leurs résidences secondaires et qui inventent des « Jazz à Marciac » ou le « festival de chansons de Lormes ».
La culture de ces artistes qui vont se mettre au vert à Belle Ile en Mer, ou dans des petits villages corses pour créer et parfois partager avec les locaux un soir d’été à la terrasse d’un café
Ces cultures, en mouvement, constituent un des ciments du « vivre ensemble », tout comme un vivier extraordinaire de l’exception culturelle Française.
De notre point de vue, c’est à la République de s’engager pour garantir cette proposition de « vivre ensemble » et « de créativité plurielle ».
5) Quels éléments de réponse pour la ruralité ?
La première réponse, sur le fond, est de considérer l’apport culturel de la ruralité comme une expression enrichissante, respectable, et utile à la société française.
Trop souvent, la vie culturelle en milieu rural a été reléguée au deuxième plan des politiques d’actions culturelles, où la notion d’élitisme, sous couvert de qualité, et de structuration, sous couvert de centralisme, ont marginalisé ces formes d’actions culturelles.
La seconde réponse, sur la forme, nécessite des outils adaptés :
• Pour un volet culturel rural dans les politiques contractuelles :
Les politiques contractuelles –contrat de plan Etat/Région, contrats de pays, contrats de parc- ont souvent « oublié » la culture, sauf à considérer quelques actions très structurées portant principalement sur le patrimoine.
Même les pôles d’excellence ruraux ont superbement ignoré la culture rurale.
Il faut, au contraire, mettre au cœur des politiques contractuelles les politiques culturelles locales.
On peut ainsi penser à :
- Des contrats pluriannuels de cofinancement des manifestations culturelles rurales (d’une durée de 3 ans au moins) qui ont un impact sur le vivre ensemble et des retombées économiques locales
- Des contrats pluriannuels avec des compagnies professionnelles qui apportent, par leur savoir-faire et leur immersion locale, une valeur ajoutée culturelle et un dynamisme pour la population locale
- L’aide au fonctionnement et au développement de centres culturels ruraux, comme supports et accompagnateurs de la vie culturelle locale, centres culturels entendus comme des pôles de décentralisation de la culture et d’appuis aux initiatives locales.
• Pour l’aide au développement de la culture auprès de l’éducation nationale et du monde associatif
Le développement de la culture en milieu rural passe par une approche démocratique et intéressant le plus d’habitants possibles.
De ce point de vue, la présence d’actions culturelles en milieu scolaire est un véritable atout, mis en évidence par les classes APAC au début des années 2000, mais qui, malheureusement, ont été vidées de leur contenu par le désengagement financier de l’Etat.
Il faut donc reconstruire un programme avec des engagements financiers suffisant pour faire « redécoller » les classes APAC en milieu rural.
Le développement de la culture en milieu rural passe par des modalités de soutien à l’éducation populaire, ce qui peut passer par les centres sociaux, les foyers ruraux, ou même les professionnels de la culture directement : ateliers de création artistique en lien avec l’histoire et la vie du territoire, lien entre générations, universités du savoir et de la culture. Là encore, le soutien financier de l’Etat est primordial.
Certains Pays ont accompagné les compagnies professionnelles dans le développement « d’ateliers de pratiques artistiques ouverts à tous ». L’objectif est de donner plus de sens, et de faciliter les échanges entre les habitants, les territoires, dans une démarche culturelle.
• La contre culture rurale, comme outil de différenciation et de développement économique
La contre culture rurale a beaucoup à investir dans le « village global ». Cette forme de culture, qui revendique des particularismes tout en cherchant à les intégrer au concept de culture global, peut réussir à émerger, y compris comme porteuse de développement économique.
La culture bretonne, par exemple, a beaucoup servi l’image touristique et le développement économique régional.
En effet, le développement local, désormais, doit compter avec le concept de visibilité que la culture de l’image impose dans la bataille pour le développement économique.
Les liens que peuvent entretenir les savoir-faire culturels locaux avec la valorisation d’une marque territoriale doivent être amplifiés et soutenus dans la durée.
Valorisation des savoir-faire locaux, liens entre monde agricole ou même artisanal et la création artistique, des pistes de travail doivent être explorées pour faire émerger des produits nouveaux : la notion d’ « appellation culturelle contrôlée » pourrait définir ce concept à la fois comme porteuse de développement économique et de valorisation des talents.
• Le droit à la création en milieu rural pour une diffusion adaptée.
Dans les chefs lieux régionaux voir départementaux, les artistes créent et diffusent dans les « maisons de la culture ».
Le tissu rural doit pouvoir bénéficier de ces outils tout en les adaptant aux particularités rurales. Il s’agit d’accompagner la création de « centres culturels en réseau ». Se sont des lieux d’implantation différents, qui maillent le territoire, réunis autour d’une seule structure de coopération pour une animation en réseau. Ce réseau doit permettre de développer :
- un pôle de création artistique et de diffusion de la culture patrimoniale et contemporaine, porté par plusieurs structures (partenariat public/privée), implantée sur un même territoire.
- une plate-forme de rencontre et de création culturelle, qui tout en donnant valorisant les formes de culture locales, suscite l’émergence de pratiques nouvelles.
- un pôle de rayonnement et d’échanges culturels nationaux et internationaux.
• Les écoles d’enseignements artistiques
Les écoles d’enseignement artistique aident les territoires et les compagnies professionnelles à construire des projets qui mettent en jeu une pratique musicale, chorégraphique ou théâtrale d’amateurs.
Leur intervention durable dans le milieu scolaire (primaires, collèges et lycées) doit devenir systématique et doit être soutenue par l’Etat.
L’accès au cours de musique, de théâtre, de chant,…. s’il n’est pas organisé avec l’éducation nationale reste inaccessible financièrement et géographiquement pour les jeunes habitants des campagnes. Là encore, l’égalité républicaine n’est pas respectée.
Le milieu rural Français s’est en même temps recomposé. Il a conservé, pour beaucoup, des activités culturelles traditionnelles fortes, voire les a remises en évidence, mais il a aussi bénéficié d’un véritable métissage, de part l’arrivée de nouvelles populations. Enfin, il défend un certain « art de vivre » fondé sur la simplicité des échanges, l’engagement associatif et citoyen, une forme de convivialité et de relation au temps et aux autres.
Dans ce mode de vie, la culture est au service de deux ambitions :
- Le « vivre ensemble »
- La visibilité du monde rural comme porteur de créativité, de talents, donc de richesses
De ce point de vue, et partir au concept de culture globale, la vie culturelle en milieu rural se pose comme une véritable « contre culture », concept qui n’a strictement rien de négatif dans la mesure où celle-ci est alimentée par la créativité locale et peut, d’une certaine manière, et tout en étant populaire, constituer une offre alternative et complémentaire que le « village global » tend à uniformiser, pour le meilleur (l’échange), mais aussi pour le pire (l’appauvrissement de la créativité).
Si l’on considère le milieu rural, à la fois dans ses caractéristiques traditionnelles, mais aussi nouvelles, la vie culturelle forme une véritable mosaïque d’expressions très différentes, qui peuvent se retrouver ainsi :
1) La culture des particularismes, traditionnelle et populaire, mais aussi la culture du « vivre ensemble »
Cette branche de la culture rurale fonde le concept de « bien vivre au pays » et associe en générale toutes les couches de la population, faisant ainsi de ce concept un ciment populaire
- La culture du « pays » d’abord, celle de la Résistance, comme en Morvan ou en Vercors comme celle des comices agricoles
- La culture des écrivains que les salons parisiens affublent souvent de l’adjectif de régionalistes et qui souvent les premiers ont plaidé la cause de la ruralité et ont rafraichi un style littéraire uniformisé
- La culture des villages, cet art de faire la fête, des bals de Pentecôte qui reviennent, des courses de cote, des tournois de belote ou de tarot, des derbys de foot entre deux villages distant de quelques kilomètres, des rendez-vous de la FNACA ou ces fanfares souvent présentes le 11 novembre ou le 8 mai, celle de l’apéro de Panis ou des chtis
2) La culture rurale revendicatrice
Cette branche de la culture des campagnes est une sorte de version rurale d’une des fonctions essentielles de la culture : mettre des mots sur le fonctionnement de la société, critiquer ou dénoncer dans une optique citoyenne et politique
- La culture de ces « fous du roi »( ou du président de conseil général ou encore du député) qui font jouer aux chaises musicales les élus et les préfets de région, ou encore qui font monter sur scène des chômeurs ou des « ptits vieux », qui organisent l’éducation populaire dans des universités des bistrots où sont invités tous les intellectuels de notre pays !
- La culture de diffusion des Festivals proposée souvent par ces maires qui veulent faire toucher du doigt les artistes que l’on ne voit que par petite lucarne interposée.
3) La culture dans sa fonction « éducation populaire et institutionnelle ».
Les territoires ruraux offrent très souvent des outils d’échanges, de formation, de créativité, soit organisée à partir des institutions locales, soit relayée par des centres culturels ou des associations culturelles militantes.
La culture de découverte de ces sociétés savantes qui font découvrir tel écrivain ou tel peintre de vrai talent, mais rayés des cadres de la « culture officielle »
La culture pour tous qu’essaient de promouvoir les nouvelles maisons de la culture que sont les parcs et les pays
La culture de la lecture et de l’écriture, au-delà des écrivains dit régionalistes cités ci dessus, et portés en particulier par les conseils généraux depuis plusieurs années (bibliobus, réseau de bibliothèques voir de médiathèques intercommunales, archives départementales…) ou par nos concitoyens qui organisent « les salons du livre » ou les journées « samedi c’est poésie, dimanche aussi ! ».
Le retard mis par l’Internet à arriver ou l’âge moyen plus élevé dans les territoires ruraux en sont peut être l’une des explications.
4) La culture rurale « néo mondialisée »
Il serait particulièrement réducteur de ne pas relier la « production culturelle rurale », la circulation des idées, les initiatives culturelles locales, sans aborder les relations qu’elle tisse avec le monde urbain et le « village global ».
La culture des « cités » que nos jeunes des campagnes maîtrisent parfaitement, Internet et face book obligent.
La culture des neos ruraux qui bien souvent intègrent la culturel locale traditionnelle pour la revisiter à la lumière d’une forme de modernité technologique.
La culture de la diversité, car les nationalités les plus diverses voire les plus improbables sont aussi à la campagne, le temps de l’échange, la connaissance de l’autre permettant, peut être ici plus qu’ailleurs, permettant d’effacer les a priori.
La culture de tous ces citadins, artistes, intellectuels, journalistes ou encore stars des médias qui s’investissent dans la commune de leurs résidences secondaires et qui inventent des « Jazz à Marciac » ou le « festival de chansons de Lormes ».
La culture de ces artistes qui vont se mettre au vert à Belle Ile en Mer, ou dans des petits villages corses pour créer et parfois partager avec les locaux un soir d’été à la terrasse d’un café
Ces cultures, en mouvement, constituent un des ciments du « vivre ensemble », tout comme un vivier extraordinaire de l’exception culturelle Française.
De notre point de vue, c’est à la République de s’engager pour garantir cette proposition de « vivre ensemble » et « de créativité plurielle ».
5) Quels éléments de réponse pour la ruralité ?
La première réponse, sur le fond, est de considérer l’apport culturel de la ruralité comme une expression enrichissante, respectable, et utile à la société française.
Trop souvent, la vie culturelle en milieu rural a été reléguée au deuxième plan des politiques d’actions culturelles, où la notion d’élitisme, sous couvert de qualité, et de structuration, sous couvert de centralisme, ont marginalisé ces formes d’actions culturelles.
La seconde réponse, sur la forme, nécessite des outils adaptés :
• Pour un volet culturel rural dans les politiques contractuelles :
Les politiques contractuelles –contrat de plan Etat/Région, contrats de pays, contrats de parc- ont souvent « oublié » la culture, sauf à considérer quelques actions très structurées portant principalement sur le patrimoine.
Même les pôles d’excellence ruraux ont superbement ignoré la culture rurale.
Il faut, au contraire, mettre au cœur des politiques contractuelles les politiques culturelles locales.
On peut ainsi penser à :
- Des contrats pluriannuels de cofinancement des manifestations culturelles rurales (d’une durée de 3 ans au moins) qui ont un impact sur le vivre ensemble et des retombées économiques locales
- Des contrats pluriannuels avec des compagnies professionnelles qui apportent, par leur savoir-faire et leur immersion locale, une valeur ajoutée culturelle et un dynamisme pour la population locale
- L’aide au fonctionnement et au développement de centres culturels ruraux, comme supports et accompagnateurs de la vie culturelle locale, centres culturels entendus comme des pôles de décentralisation de la culture et d’appuis aux initiatives locales.
• Pour l’aide au développement de la culture auprès de l’éducation nationale et du monde associatif
Le développement de la culture en milieu rural passe par une approche démocratique et intéressant le plus d’habitants possibles.
De ce point de vue, la présence d’actions culturelles en milieu scolaire est un véritable atout, mis en évidence par les classes APAC au début des années 2000, mais qui, malheureusement, ont été vidées de leur contenu par le désengagement financier de l’Etat.
Il faut donc reconstruire un programme avec des engagements financiers suffisant pour faire « redécoller » les classes APAC en milieu rural.
Le développement de la culture en milieu rural passe par des modalités de soutien à l’éducation populaire, ce qui peut passer par les centres sociaux, les foyers ruraux, ou même les professionnels de la culture directement : ateliers de création artistique en lien avec l’histoire et la vie du territoire, lien entre générations, universités du savoir et de la culture. Là encore, le soutien financier de l’Etat est primordial.
Certains Pays ont accompagné les compagnies professionnelles dans le développement « d’ateliers de pratiques artistiques ouverts à tous ». L’objectif est de donner plus de sens, et de faciliter les échanges entre les habitants, les territoires, dans une démarche culturelle.
• La contre culture rurale, comme outil de différenciation et de développement économique
La contre culture rurale a beaucoup à investir dans le « village global ». Cette forme de culture, qui revendique des particularismes tout en cherchant à les intégrer au concept de culture global, peut réussir à émerger, y compris comme porteuse de développement économique.
La culture bretonne, par exemple, a beaucoup servi l’image touristique et le développement économique régional.
En effet, le développement local, désormais, doit compter avec le concept de visibilité que la culture de l’image impose dans la bataille pour le développement économique.
Les liens que peuvent entretenir les savoir-faire culturels locaux avec la valorisation d’une marque territoriale doivent être amplifiés et soutenus dans la durée.
Valorisation des savoir-faire locaux, liens entre monde agricole ou même artisanal et la création artistique, des pistes de travail doivent être explorées pour faire émerger des produits nouveaux : la notion d’ « appellation culturelle contrôlée » pourrait définir ce concept à la fois comme porteuse de développement économique et de valorisation des talents.
• Le droit à la création en milieu rural pour une diffusion adaptée.
Dans les chefs lieux régionaux voir départementaux, les artistes créent et diffusent dans les « maisons de la culture ».
Le tissu rural doit pouvoir bénéficier de ces outils tout en les adaptant aux particularités rurales. Il s’agit d’accompagner la création de « centres culturels en réseau ». Se sont des lieux d’implantation différents, qui maillent le territoire, réunis autour d’une seule structure de coopération pour une animation en réseau. Ce réseau doit permettre de développer :
- un pôle de création artistique et de diffusion de la culture patrimoniale et contemporaine, porté par plusieurs structures (partenariat public/privée), implantée sur un même territoire.
- une plate-forme de rencontre et de création culturelle, qui tout en donnant valorisant les formes de culture locales, suscite l’émergence de pratiques nouvelles.
- un pôle de rayonnement et d’échanges culturels nationaux et internationaux.
• Les écoles d’enseignements artistiques
Les écoles d’enseignement artistique aident les territoires et les compagnies professionnelles à construire des projets qui mettent en jeu une pratique musicale, chorégraphique ou théâtrale d’amateurs.
Leur intervention durable dans le milieu scolaire (primaires, collèges et lycées) doit devenir systématique et doit être soutenue par l’Etat.
L’accès au cours de musique, de théâtre, de chant,…. s’il n’est pas organisé avec l’éducation nationale reste inaccessible financièrement et géographiquement pour les jeunes habitants des campagnes. Là encore, l’égalité républicaine n’est pas respectée.
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