Revue de presse
Un blog intéressant qui témoigne de l'engouement autour du "bouclier rural"
Fabien Bazin est un peu devenu la voix des campagnes françaises privées de liaisons TER, victimes de la restructuration de La Poste, sans médecin à vingt kilomètres à la ronde, mais à proximité d’un hôpital qui ferme. Avec son « bouclier rural », il imagine de revitaliser des territoires bientôt amenés à recevoir des citadins, lassés de la ville. Un plan contre la galère au quotidien, et une vision pour l’espace rural, oublié des décideurs.
L’école, la poste, et le café.
En France, les campagnes occupent environ 60% du territoire et accueillent 18% de la population. En chiffres absolus, ce sont un peu plus de 14 millions de personnes qui vivent en zone rurale. Fabien Bazin, maire de Lormes dans la Nièvre, et Conseiller Général, rêve d’estomper un clivage « villes – campagnes », où les citadins bénéficient de tous les services, quand les ruraux doivent dépenser beaucoup d’énergie, et d’essence, pour parvenir au même résultat. Son « bouclier rural », déclinaison ironique du « bouclier fiscal », vise à instaurer des zones franches dans les déserts ruraux, sur le modèle des banlieues. Il veut mettre l’école et la Poste à moins d’un quart d’heure de route, voiture indispensable, et 45 minutes maximum pour la maternité. Parenthèses. Une étude du CNRS met en doute l’efficacité et les bénéfices de la politique de regroupement scolaire, menée dans les campagnes depuis trente ans. Une loi de 2005 oblige déjà la Poste à une certaine proximité en milieu rural. Mais revenons à Fabien Bazin, et à son « bouclier rural ». Il souhaite stopper la fuite des fonctionnaires dans les campagnes françaises, en supprimant la fameuse règle « d’un sur deux non remplacé ». Il demande aussi une fiscalité allégée pour les commerçants et une aide aux médecins pour les inciter à préférer un village. Le « bouclier rural » veut rendre aux bourgs de campagne une partie des services qu’ils offraient avant l’exode rural, et la voiture. Il y a un demi-siècle, parfois moins, chaque commune avait son école, son épicerie, sa boulangerie, sa forge, son médecin, et son curé. Sans oublier son café, théâtre indispensable de la vie sociale locale.
En attendant les citadins.
Il y a l’idée de faciliter la vie des ruraux, il y a aussi l’idée d’accueillir ces citadins qui ne sentent plus à leur place en ville. Et il y a du monde. Selon un sondage réalisé par IFOP en 2009, 11 millions de Français résidant dans une agglomération de plus de 200.000 habitants auraient pour projet de se mettre au vert. Un jour, et plus ou moins définitivement. Projet résidentiel et projet professionnel, formulé par une population plutôt jeune, sans attache familiale à la ville, qui privilégie la qualité de vie et l’environnement. Commerces de proximité, transports, et services de santé, influenceraient le choix du territoire d’accueil. D’ailleurs, ceux qui se cramponnent à la ville justifient leur choix par l’absence de services commerciaux et culturels à la campagne. Les citadins désireux d’ouvrir leurs volets sur un paysage champêtre attendent aussi un petit coup de pouce de la part des ruraux, un accueil sympa, des logements, et des opportunités professionnelles. Dans sa vision des campagnes du XXI° siècle, Fabien Bazin mise sur les nouvelles technologies, les TIC – technologies de l’information et de la communication -, le Web2.0, sources d’emploi potentielles en milieu rural. D’ailleurs à la campagne, tout le monde, ou presque, se retrouve sur Facebook. Ringards les ruraux ? En lien vidéo, Fabien Bazin, interrogé par Centre France, défend l’avenir des zones rurales.
Un dossier politique.
Le « bouclier rural » a fait école. A la Réunion, Patrick Lebreton, député- maire de Saint-Joseph, travaille sur un projet du même nom, destiné à favoriser les territoires ruraux des Hauts du département. Dans le Jura, Esio Perati, à la tête du canton de Saint-Laurent-en-Grandvaux, regrette le temps des services publics et reprend le concept. « Vite un bouclier rural pour les Français péri-urbains », titrait un blog d’un militant MODEM, associé à l’hebdomadaire Marianne. Jean Philippe Huelin, socialiste, défend lui aussi les territoires ruraux, délaissés par l’Etat. En Bourgogne, en Aquitaine, ou en Midi-Pyrénées, le “bouclier rural” s’est invité dans les programmes des dernières élections régionales. L’aménagement du territoire, un sujet politique, un peu comme les banlieues, en plus aéré…
M.J.
http://lewebpedagogique.com/environnement/2010/03/19/le-bouclier-rural-un-plan-de-campagne/
L’école, la poste, et le café.
En France, les campagnes occupent environ 60% du territoire et accueillent 18% de la population. En chiffres absolus, ce sont un peu plus de 14 millions de personnes qui vivent en zone rurale. Fabien Bazin, maire de Lormes dans la Nièvre, et Conseiller Général, rêve d’estomper un clivage « villes – campagnes », où les citadins bénéficient de tous les services, quand les ruraux doivent dépenser beaucoup d’énergie, et d’essence, pour parvenir au même résultat. Son « bouclier rural », déclinaison ironique du « bouclier fiscal », vise à instaurer des zones franches dans les déserts ruraux, sur le modèle des banlieues. Il veut mettre l’école et la Poste à moins d’un quart d’heure de route, voiture indispensable, et 45 minutes maximum pour la maternité. Parenthèses. Une étude du CNRS met en doute l’efficacité et les bénéfices de la politique de regroupement scolaire, menée dans les campagnes depuis trente ans. Une loi de 2005 oblige déjà la Poste à une certaine proximité en milieu rural. Mais revenons à Fabien Bazin, et à son « bouclier rural ». Il souhaite stopper la fuite des fonctionnaires dans les campagnes françaises, en supprimant la fameuse règle « d’un sur deux non remplacé ». Il demande aussi une fiscalité allégée pour les commerçants et une aide aux médecins pour les inciter à préférer un village. Le « bouclier rural » veut rendre aux bourgs de campagne une partie des services qu’ils offraient avant l’exode rural, et la voiture. Il y a un demi-siècle, parfois moins, chaque commune avait son école, son épicerie, sa boulangerie, sa forge, son médecin, et son curé. Sans oublier son café, théâtre indispensable de la vie sociale locale.
En attendant les citadins.
Il y a l’idée de faciliter la vie des ruraux, il y a aussi l’idée d’accueillir ces citadins qui ne sentent plus à leur place en ville. Et il y a du monde. Selon un sondage réalisé par IFOP en 2009, 11 millions de Français résidant dans une agglomération de plus de 200.000 habitants auraient pour projet de se mettre au vert. Un jour, et plus ou moins définitivement. Projet résidentiel et projet professionnel, formulé par une population plutôt jeune, sans attache familiale à la ville, qui privilégie la qualité de vie et l’environnement. Commerces de proximité, transports, et services de santé, influenceraient le choix du territoire d’accueil. D’ailleurs, ceux qui se cramponnent à la ville justifient leur choix par l’absence de services commerciaux et culturels à la campagne. Les citadins désireux d’ouvrir leurs volets sur un paysage champêtre attendent aussi un petit coup de pouce de la part des ruraux, un accueil sympa, des logements, et des opportunités professionnelles. Dans sa vision des campagnes du XXI° siècle, Fabien Bazin mise sur les nouvelles technologies, les TIC – technologies de l’information et de la communication -, le Web2.0, sources d’emploi potentielles en milieu rural. D’ailleurs à la campagne, tout le monde, ou presque, se retrouve sur Facebook. Ringards les ruraux ? En lien vidéo, Fabien Bazin, interrogé par Centre France, défend l’avenir des zones rurales.
Un dossier politique.
Le « bouclier rural » a fait école. A la Réunion, Patrick Lebreton, député- maire de Saint-Joseph, travaille sur un projet du même nom, destiné à favoriser les territoires ruraux des Hauts du département. Dans le Jura, Esio Perati, à la tête du canton de Saint-Laurent-en-Grandvaux, regrette le temps des services publics et reprend le concept. « Vite un bouclier rural pour les Français péri-urbains », titrait un blog d’un militant MODEM, associé à l’hebdomadaire Marianne. Jean Philippe Huelin, socialiste, défend lui aussi les territoires ruraux, délaissés par l’Etat. En Bourgogne, en Aquitaine, ou en Midi-Pyrénées, le “bouclier rural” s’est invité dans les programmes des dernières élections régionales. L’aménagement du territoire, un sujet politique, un peu comme les banlieues, en plus aéré…
M.J.
http://lewebpedagogique.com/environnement/2010/03/19/le-bouclier-rural-un-plan-de-campagne/
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Directeur de la publication : Jean-Philippe HUELIN
Contact : jphuelin@voila.fr
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