Proposition
Hier, la première secrétaire réunissait les présidents de région à Solferino. Elle entendait définir une ligne politique commune. Et rapprocher les élus locaux de la direction.
Une réunion éminemment politique. En invitant les présidents de région victorieux au siège du Parti socialiste, rue de Solferino, Martine Aubry envoyait d’abord un message. Notamment à ceux qui, comme le sénateur-maire, Gérard Collomb, savonnaient la planche de la première secrétaire : « Si grand chelem il y a, on le devra surtout aux candidats dans les régions, plutôt qu’à Martine Aubry ! Ce ne sera pas sa victoire. Beaucoup portent un programme assez différent de la ligne politique plutôt frileuse et conservatrice incarnée par la direction du PS. » Seule Ségolène Royal a pourtant décliné l’invitation à cette réunion. Hier, Martine Aubry avait le souci de montrer qu’elle jouait collectif en rendant officiellement « hommage au travail des présidents de région » et de « discuter avec eux de la façon de continuer à travailler pour les Français », indiquait-on du côté de Solferino.
Derrière ces mots, l’idée également de rassembler des élus locaux, dont certains restent coupés de la direction nationale, plus occupés à conforter leur assise territoriale qu’à la reconstruction du parti. En juillet 2009, Alain Rousset, le président de la région Aquitaine, estimait que la « stratégie de fond de cour » de Martine Aubry était la bonne. « Aujourd’hui, nos concitoyens ont confiance dans la façon dont nous gérons, avec conviction et pragmatisme, les collectivités locales. Ce n’est pas un dialogue idéologique, une mise en cause permanente. » S’inspirer des expériences régionales donc, pour construire. Ainsi aura-t-il été question de la mise en place d’un calendrier précis sur la mutation industrielle, le bouclier rural, le contrat de continuité professionnelle ou l’allocation d’autonomie pour la jeunesse. François Patriat, président de la Bourgogne, souhaite que les élus soient mieux entendus. « Je rappellerai également que les régions ne sont pas des contre-pouvoirs mais que l’État doit nous laisser travailler sans pomper nos ressources. Il faut que nous mettions en œuvre les moyens de nous opposer à la réforme des collectivités », disait-il hier.
La réunion d’hier avait donc pour but de donner une ligne politique commune. Tout le monde au diapason quand le Parti socialiste prend parfois des allures d’un conglomérat de baronnies où chacun mène la politique qu’il entend. Quitte à laisser libre cours à une certaine confusion. Martine Aubry avait certainement en tête de se rapprocher de présidents de région qu’elle avait laissé libres de ne pas se soumettre aux équilibres des courants définis par le dernier congrès. Libres également de ménager des espaces politiques à des dissidents du Modem, par exemple, sans tenir compte de la position nationale. Enfin, la première secrétaire sait qu’elle compte parmi les présidents de région de solides soutiens. À l’issue d’un congrès où elle fut mal élue, François Bonneau, Jean-Paul Huchon, René Souchon et Martin Malvy entre autres l’avaient poussée en ce sens en demandant une « direction centrée sur les problèmes du pays et de nos concitoyens ». Signe de cette volonté de coordonner le travail entre l’échelon local et la direction : après la photo de famille, les présidents de région étaient invités à rester au bureau national.
Lina Sankari
http://www.humanite.fr/2010-03-24_Politique-_-Social-Economie_Martine-Aubry-veut-mettre-le-PS-en-ordre-de
Derrière ces mots, l’idée également de rassembler des élus locaux, dont certains restent coupés de la direction nationale, plus occupés à conforter leur assise territoriale qu’à la reconstruction du parti. En juillet 2009, Alain Rousset, le président de la région Aquitaine, estimait que la « stratégie de fond de cour » de Martine Aubry était la bonne. « Aujourd’hui, nos concitoyens ont confiance dans la façon dont nous gérons, avec conviction et pragmatisme, les collectivités locales. Ce n’est pas un dialogue idéologique, une mise en cause permanente. » S’inspirer des expériences régionales donc, pour construire. Ainsi aura-t-il été question de la mise en place d’un calendrier précis sur la mutation industrielle, le bouclier rural, le contrat de continuité professionnelle ou l’allocation d’autonomie pour la jeunesse. François Patriat, président de la Bourgogne, souhaite que les élus soient mieux entendus. « Je rappellerai également que les régions ne sont pas des contre-pouvoirs mais que l’État doit nous laisser travailler sans pomper nos ressources. Il faut que nous mettions en œuvre les moyens de nous opposer à la réforme des collectivités », disait-il hier.
La réunion d’hier avait donc pour but de donner une ligne politique commune. Tout le monde au diapason quand le Parti socialiste prend parfois des allures d’un conglomérat de baronnies où chacun mène la politique qu’il entend. Quitte à laisser libre cours à une certaine confusion. Martine Aubry avait certainement en tête de se rapprocher de présidents de région qu’elle avait laissé libres de ne pas se soumettre aux équilibres des courants définis par le dernier congrès. Libres également de ménager des espaces politiques à des dissidents du Modem, par exemple, sans tenir compte de la position nationale. Enfin, la première secrétaire sait qu’elle compte parmi les présidents de région de solides soutiens. À l’issue d’un congrès où elle fut mal élue, François Bonneau, Jean-Paul Huchon, René Souchon et Martin Malvy entre autres l’avaient poussée en ce sens en demandant une « direction centrée sur les problèmes du pays et de nos concitoyens ». Signe de cette volonté de coordonner le travail entre l’échelon local et la direction : après la photo de famille, les présidents de région étaient invités à rester au bureau national.
Lina Sankari
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