"On retrouve les problématiques de la ville dans le monde rural (...) les territoires ruraux ont du mal à accéder aux compétences et aux financements car les banques traînent encore des pieds."
"En finir avec les clichés" qui pèsent sur les territoires ruraux : tel était l’enjeu du deuxième "rendez-vous du Sénat", organisé le 28 octobre. Des clichés qui ont la vie dure en effet alors que le monde rural est en pleine mutation : regain démographique, développement de nouvelles activités, notamment dans les services, mais aussi apparition de difficultés qu'on croyait jusqu'ici réservées au milieu urbain. "On retrouve les problématiques de la ville dans le monde rural", a ainsi insisté Philippe Braidy, directeur du développement territorial et du réseau de la Caisse des Dépôts. Mais selon lui, les territoires ruraux ont du mal à "accéder aux compétences et aux financements". Car les banques traînent encore des pieds. "Le développement des territoires ruraux va créer de nouvelles ressources et il faut aujourd’hui miser sur les dividendes qu’on pourra récupérer alors", a expliqué M. Braidy.
Alors qu'il y a peu, les élus ruraux dénonçaient un "déménagement du territoire", le ministre de l'Espace rural et de l'Aménagement du territoire, Michel Mercier, s'est félicité de la mise en oeuvre de son plan en faveur des territoires ruraux lancé en mai dernier. Haut débit, soins, services au public : "80% des décisions [prises lors du comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire le 11 mai 2010, ndlr] ont été réalisées ou sont largement engagées", a-t-il déclaré (voir ci-contre notre article du 27 octobre 2010). Le ministre a dit vouloir poursuivre cette politique, notamment avec les pôles d’excellence rurale (PER) qui rencontrent "un succès sensationnel puisqu’il y a eu 456 candidatures pour la deuxième vague" (qui donnera lieu à une annonce des projets sélectionnés en février 2011).
Reste que le plan de 5 milliards d'euros (financés pour moitié par redéploiement de crédits et pour moitié par l'emprunt national) pouvait décevoir par son manque d'ambition face aux défis actuels. Sur ce besoin de financement, le ministre a rappelé son souhait de "rééquilibrer les moyens financiers en faveur des territoires ruraux". "La part de la dotation globale de fonctionnement consacrée à la péréquation, qui est déjà passée de 11,9% en 2003 à 16,6% en 2010, continuera de progresser. La dotation de solidarité rurale augmentera de 50 millions d’euros en 2011. Et, dès février 2011, le champ d’éligibilité de la future dotation d’équipement des territoires ruraux sera élargi", a promis Michel Mercier. Une façon de rassurer les collectivités alors que Gérard Larcher considère, lui, que "les collectivités territoriales doivent participer à l’effort pour résoudre le problème de déficit national". Mais le président du Sénat est confiant : "Je vois l’amorce de nouveaux types de financements."
L'un des enjeux à venir sera la place dévolue au développement rural dans la future programmation européenne (2014-2020). Le Comité des régions (CDR) plaide pour une meilleure coordination du volet "développement rural" entre la politique agricole commune (PAC) et la politique de cohésion (car le développement rural non agricole est aujourd'hui rattaché à la PAC et non à la politique de cohésion). Comme l’a rappelé la présidente du CDR, Mercedes Bresso, "le monde rural a des contraintes spécifiques". Elle espère qu’en "insérant les principes du développement rural dans les instances européennes, en en faisant un sujet transversal qui ne concerne pas seulement les agriculteurs et en échangeant sur les bonnes pratiques", les qualités de la ruralité seront mieux valorisées.
Muriel Weiss, le 29 octobre 2010
http://www.localtis.info/cs/ContentServer?c=artVeille&pagename=Localtis%2FartVeille%2FartVeille&cid=1250260646976
Alors qu'il y a peu, les élus ruraux dénonçaient un "déménagement du territoire", le ministre de l'Espace rural et de l'Aménagement du territoire, Michel Mercier, s'est félicité de la mise en oeuvre de son plan en faveur des territoires ruraux lancé en mai dernier. Haut débit, soins, services au public : "80% des décisions [prises lors du comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire le 11 mai 2010, ndlr] ont été réalisées ou sont largement engagées", a-t-il déclaré (voir ci-contre notre article du 27 octobre 2010). Le ministre a dit vouloir poursuivre cette politique, notamment avec les pôles d’excellence rurale (PER) qui rencontrent "un succès sensationnel puisqu’il y a eu 456 candidatures pour la deuxième vague" (qui donnera lieu à une annonce des projets sélectionnés en février 2011).
Reste que le plan de 5 milliards d'euros (financés pour moitié par redéploiement de crédits et pour moitié par l'emprunt national) pouvait décevoir par son manque d'ambition face aux défis actuels. Sur ce besoin de financement, le ministre a rappelé son souhait de "rééquilibrer les moyens financiers en faveur des territoires ruraux". "La part de la dotation globale de fonctionnement consacrée à la péréquation, qui est déjà passée de 11,9% en 2003 à 16,6% en 2010, continuera de progresser. La dotation de solidarité rurale augmentera de 50 millions d’euros en 2011. Et, dès février 2011, le champ d’éligibilité de la future dotation d’équipement des territoires ruraux sera élargi", a promis Michel Mercier. Une façon de rassurer les collectivités alors que Gérard Larcher considère, lui, que "les collectivités territoriales doivent participer à l’effort pour résoudre le problème de déficit national". Mais le président du Sénat est confiant : "Je vois l’amorce de nouveaux types de financements."
L'un des enjeux à venir sera la place dévolue au développement rural dans la future programmation européenne (2014-2020). Le Comité des régions (CDR) plaide pour une meilleure coordination du volet "développement rural" entre la politique agricole commune (PAC) et la politique de cohésion (car le développement rural non agricole est aujourd'hui rattaché à la PAC et non à la politique de cohésion). Comme l’a rappelé la présidente du CDR, Mercedes Bresso, "le monde rural a des contraintes spécifiques". Elle espère qu’en "insérant les principes du développement rural dans les instances européennes, en en faisant un sujet transversal qui ne concerne pas seulement les agriculteurs et en échangeant sur les bonnes pratiques", les qualités de la ruralité seront mieux valorisées.
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