Outil d'analyse
L'INRA livre ici la première étape de son étude prospective sur « les Nouvelles ruralités en France à l’horizon 2030 ». Il s'agit de 4 scénarios que voici :
Scénario 1 : Les campagnes de la diffusion métropolitaine.
En 2030, les grandes villes s’étalent et la périurbanisation triomphe. Les zones urbanisées se diffusent dans les espaces ruraux, les aires d’influence des métropoles atteignant parfois la taille de régions entières. Elles sont marquées par d’intenses mobilités quotidiennes des résidents périurbains, qui travaillent pour la plupart dans les métropoles. Ces mobilités se sont maintenues grâce à des innovations dans les transports. Face à une forte polarisation des activités par les métropoles, l’économie des territoires ruraux périurbains est essentiellement résidentielle et peu qualifiée, même si elle bénéficie du desserrement des activités métropolitaines, et se concentre sur des pôles périphériques et le long des axes de transport. L’augmentation et la diffusion des résidences et des zones d’activités a conduit à la formation d’un vaste tissu discontinu de champs, de bois, de pavillons, de zones d’activités et de routes. Les paysages ruraux périurbains se fragmentent et se banalisent. L’agriculture, localisée dans les espaces ouverts de ce tissu métropolitain, s’organise de manière assez concentrique à partir des pôles urbains, répondant à de fortes concurrences sur les usages du sol. Loin de ces enjeux fonciers, hors des aires métropolitaines, des espaces intermédiaires, peu peuplés, sont dévolus à divers types d’agriculture sous faible contrainte environnementale. Des espaces de nature sanctuarisés, gérés selon une logique descendante par la Région, se sont développés ça et là pour répondre aux demandes de nature des urbains.
Scénario 2 : Les campagnes intermittentes des systèmes métropolitains.
En 2030, les individus (qui en ont les moyens) sont très mobiles et alternent des séjours en ville et à la campagne. Par le jeu de cette multi-appartenance, les territoires ruraux qui disposent d’atouts particuliers se sont singularisés et ont développé un patrimoine attractif. Ces territoires sont connectés aux systèmes métropolitains par des réseaux de transports collectifs. Ils forment des archipels capables d’attirer des flux d’urbains, notamment grâce à des équipements et services en technologies de l’information et de la communication. Les économies rurales valorisent les revenus dépensés par les résidents présents sur le territoire, à travers les services aux populations, les commerces, l’agriculture, les secteurs du tourisme et de la construction. La recomposition des territoires ruraux s’accompagne d’une intensification des usages de l’espace rural, parfois génératrice de conflits, qui valorise la nature et la culture. Leur gouvernance est hybride.
Intégrant des acteurs publics et privés, elle peut soit privatiser l’usage des espaces ruraux au bénéfice de certains, soit stimuler l’attractivité du territoire en concertation avec les pouvoirs métropolitains. L’agriculture assure un rôle essentiel d’entretien des paysages et de gestion des écosystèmes, et répond à un fort appel en produits de terroirs (AOC, Bio etc.) et de marchés de proximité. En dehors des territoires valorisés pour leur singularité, subsistent des espaces ruraux non connectés aux systèmes métropolitains qui sont désormais partagés principalement entre activités agroindustrielles, forêts et espaces de « nature sauvage ».
Scénario 3 : Les campagnes au service de la densification urbaine.
En 2030, les rapports villes-campagnes ont été bouleversés par la forte augmentation du coût de l’énergie fossile et la mise en place de politiques restrictives en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Ces bouleversements en l’absence d’innovation technique ont remis en cause le modèle de déplacement individuel basé sur l’automobile et limité drastiquement les mobilités des personnes.
Les villes se sont verticalisées, le développement résidentiel des espaces ruraux observé au début du XXIe siècle a pris fin et les populations se sont concentrées dans les villes. Anticipant ces évolutions, les grandes villes ont inventé de nouvelles relations fonctionnelles avec leurs espaces ruraux environnant en les mettant au service de la métropole (production de matières premières agricoles, d’énergie, de services écologiques et réserves de biodiversité). Les grandes villes ont dans le même temps intégré en leur sein des formes de « microcampagnes » intra-urbaines, sous la forme de parcs, de bois et d’espaces agricoles. De fortes interventions publiques et la mise en place de politiques volontaristes dans les domaines de l’habitat, du transport et des infrastructures écologiques ont été nécessaires à de telles adaptations.
Scénario 4 : Les campagnes dans les mailles des réseaux de villes.
En 2030, les rapports villes-campagnes se sont recomposés autour de réseaux de villes. En effet, la tendance précédente à la périurbanisation des grandes agglomérations s’est infléchie, au bénéfice des villes, petites ou moyennes, et des bourgs ruraux, vers lesquels se sont portées les mobilités résidentielles. Ces territoires attirent de nouveaux résidents pour leur qualité de vie et la variété des paysages. Les équilibres territoriaux reposent sur une répartition équilibrée des populations, des activités et des services, assurant une complémentarité villecampagne. Ils s’appuient sur une gouvernance territoriale par projet, soutenue par des politiques publiques nationales, dont l’enjeu principal est de garantir une coexistence durable entre les différents usages du territoire. L’économie territoriale se fonde sur une diversité d’activités productives et résidentielles. Les technologies de l’information et de la communication ont à ce titre un effet important sur le désenclavement de certains territoires. Diverses agricultures coexistent, associées à différentes formes productives (intensives, conventionnelles, bio etc.) et à diverses organisations de filières ; elles s’enchevêtrent avec des espaces naturels protégés. Ces paysages complexes et diversifiés fournissent aux résidents un cadre de vie agréable et favorisent les fonctions écologiques des milieux.
http://www.paris.inra.fr/prospective/projets/nouvelles_ruralites
En 2030, les grandes villes s’étalent et la périurbanisation triomphe. Les zones urbanisées se diffusent dans les espaces ruraux, les aires d’influence des métropoles atteignant parfois la taille de régions entières. Elles sont marquées par d’intenses mobilités quotidiennes des résidents périurbains, qui travaillent pour la plupart dans les métropoles. Ces mobilités se sont maintenues grâce à des innovations dans les transports. Face à une forte polarisation des activités par les métropoles, l’économie des territoires ruraux périurbains est essentiellement résidentielle et peu qualifiée, même si elle bénéficie du desserrement des activités métropolitaines, et se concentre sur des pôles périphériques et le long des axes de transport. L’augmentation et la diffusion des résidences et des zones d’activités a conduit à la formation d’un vaste tissu discontinu de champs, de bois, de pavillons, de zones d’activités et de routes. Les paysages ruraux périurbains se fragmentent et se banalisent. L’agriculture, localisée dans les espaces ouverts de ce tissu métropolitain, s’organise de manière assez concentrique à partir des pôles urbains, répondant à de fortes concurrences sur les usages du sol. Loin de ces enjeux fonciers, hors des aires métropolitaines, des espaces intermédiaires, peu peuplés, sont dévolus à divers types d’agriculture sous faible contrainte environnementale. Des espaces de nature sanctuarisés, gérés selon une logique descendante par la Région, se sont développés ça et là pour répondre aux demandes de nature des urbains.
Scénario 2 : Les campagnes intermittentes des systèmes métropolitains.
En 2030, les individus (qui en ont les moyens) sont très mobiles et alternent des séjours en ville et à la campagne. Par le jeu de cette multi-appartenance, les territoires ruraux qui disposent d’atouts particuliers se sont singularisés et ont développé un patrimoine attractif. Ces territoires sont connectés aux systèmes métropolitains par des réseaux de transports collectifs. Ils forment des archipels capables d’attirer des flux d’urbains, notamment grâce à des équipements et services en technologies de l’information et de la communication. Les économies rurales valorisent les revenus dépensés par les résidents présents sur le territoire, à travers les services aux populations, les commerces, l’agriculture, les secteurs du tourisme et de la construction. La recomposition des territoires ruraux s’accompagne d’une intensification des usages de l’espace rural, parfois génératrice de conflits, qui valorise la nature et la culture. Leur gouvernance est hybride.
Intégrant des acteurs publics et privés, elle peut soit privatiser l’usage des espaces ruraux au bénéfice de certains, soit stimuler l’attractivité du territoire en concertation avec les pouvoirs métropolitains. L’agriculture assure un rôle essentiel d’entretien des paysages et de gestion des écosystèmes, et répond à un fort appel en produits de terroirs (AOC, Bio etc.) et de marchés de proximité. En dehors des territoires valorisés pour leur singularité, subsistent des espaces ruraux non connectés aux systèmes métropolitains qui sont désormais partagés principalement entre activités agroindustrielles, forêts et espaces de « nature sauvage ».
Scénario 3 : Les campagnes au service de la densification urbaine.
En 2030, les rapports villes-campagnes ont été bouleversés par la forte augmentation du coût de l’énergie fossile et la mise en place de politiques restrictives en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Ces bouleversements en l’absence d’innovation technique ont remis en cause le modèle de déplacement individuel basé sur l’automobile et limité drastiquement les mobilités des personnes.
Les villes se sont verticalisées, le développement résidentiel des espaces ruraux observé au début du XXIe siècle a pris fin et les populations se sont concentrées dans les villes. Anticipant ces évolutions, les grandes villes ont inventé de nouvelles relations fonctionnelles avec leurs espaces ruraux environnant en les mettant au service de la métropole (production de matières premières agricoles, d’énergie, de services écologiques et réserves de biodiversité). Les grandes villes ont dans le même temps intégré en leur sein des formes de « microcampagnes » intra-urbaines, sous la forme de parcs, de bois et d’espaces agricoles. De fortes interventions publiques et la mise en place de politiques volontaristes dans les domaines de l’habitat, du transport et des infrastructures écologiques ont été nécessaires à de telles adaptations.
Scénario 4 : Les campagnes dans les mailles des réseaux de villes.
En 2030, les rapports villes-campagnes se sont recomposés autour de réseaux de villes. En effet, la tendance précédente à la périurbanisation des grandes agglomérations s’est infléchie, au bénéfice des villes, petites ou moyennes, et des bourgs ruraux, vers lesquels se sont portées les mobilités résidentielles. Ces territoires attirent de nouveaux résidents pour leur qualité de vie et la variété des paysages. Les équilibres territoriaux reposent sur une répartition équilibrée des populations, des activités et des services, assurant une complémentarité villecampagne. Ils s’appuient sur une gouvernance territoriale par projet, soutenue par des politiques publiques nationales, dont l’enjeu principal est de garantir une coexistence durable entre les différents usages du territoire. L’économie territoriale se fonde sur une diversité d’activités productives et résidentielles. Les technologies de l’information et de la communication ont à ce titre un effet important sur le désenclavement de certains territoires. Diverses agricultures coexistent, associées à différentes formes productives (intensives, conventionnelles, bio etc.) et à diverses organisations de filières ; elles s’enchevêtrent avec des espaces naturels protégés. Ces paysages complexes et diversifiés fournissent aux résidents un cadre de vie agréable et favorisent les fonctions écologiques des milieux.
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