Revue de presse
Quel avenir pour le monde rural ? Comment le revitaliser et le moderniser, sans brader le patrimoine naturel ? La question traverse ce débat électoral sur le rôle de l’Etat et celui des Régions. Fini, le grand exode ! En France, la population rurale s’accroît presque trois fois plus que l’urbaine. Durant quatre mois, dans chaque département, les Assises des territoires ruraux, voulues par Paris, ont permis aux acteurs locaux de débattre. En Languedoc-Roussillon aussi, le dur hiver a rappelé les vives attentes de "l’arrière-pays", pour l’accès aux soins, aux transports, au logement, à l’école, à la culture, à l’emploi, à la téléphonie, au haut débit, etc. Sachant que l’Etat se désengage de plus en plus de cette thématique…
Lancées par Michel Mercier, ministre de l’espace rural et de l’aménagement du territoire, les Assises des territoires ruraux ont réuni en début d’année de nombreux acteurs des campagnes françaises. Il ressort de l’ensemble des travaux menés un besoin d’équité des territoires, pour garantir à tous des services de proximité.
En Languedoc-Roussillon, le débat a été riche et parfois été très vif. Gros plan sur des situations qui marquent la différence des enjeux régionaux.
Hérault. Maire de Roqueredonde, sur un contrefort du Larzac, éleveur ovin laitier pour Roquefort en Groupement agricole d'exploitation en commun (Gaec) avec son frère, Jean Rebervel gouverne 450 brebis, presque trois fois plus nombreuses que ses habitants (169,6 au km2) : « Ici, on ne sait pas trop où on va, on nous promet des compensations mais on n’a rien d’écrit. On s’en sort avec de l’emprunt, on cherche des subventions… » Comme en bien des villages à habitat dispersé, les ressources se tarissent vite. « On a amené l’eau potable à un hameau de quinze habitants, soit deux bons kilomètres de canalisations à créer ! »
Au Caylar, lors d’une réunion des Assises, Roqueredonde a présenté son cahier de doléances. L’accès routier est difficile, surtout l’hiver. « Dépités », les habitants pointent l’absence de relais de téléphonie portable, les carences du haut débit : « Trois années de promesses non tenues par l’Etat et le Département. »
Côté santé, « on a du mal à trouver des soins infirmiers », la maison de retraite est menacée. Côté services publics, il faudrait aussi une poste plus proche, un minimum de transports collectifs. Un minibus polyvalent (scolaire et pour démarches à Lodève) fait son chemin.
Une chance pour la zone, la présence du centre bouddhiste Lerab Ling, d’une portée internationale qui dope l’économie locale. L’été, Roqueredonde passe à 1 200 habitants.
Gard. Huit réunions dans autant de bassins de vie gardois ont rappelé que les milieux naturels couvrent 90 % de ce département. Des Cévennes à la Camargue, la ruralité s’exprime de bien des manières, mais cette hétérogénéité n’entrave pas l’effort de coopération intercommunale. Sur 341 communes gardoises, 353 sont membres d’une communauté de communes ou d’agglomération, et 5 schémas de cohésion territoriale associent 78 % des communes.
Bien des élus réclament aussi une péréquation, afin que les aides ne soient pas accordées en fonction du nombre d’habitants. Préfet du Gard, Hugues Bousiges, relève deux projets exemplaires. D’abord, la création de deux labels : le "pavillon vert" et le "pavillon bleu" du littoral, qui pourraient récompenser et valoriser des services publics et de développement durable.
L’autre projet porte sur les soins aux personnes âgées. La communauté de communes Hautes Cévennes veut développer l’hôpital de Ponteils et Brésis en y installant une antenne de l’école d’infirmières de Nîmes ou d’Alès, spécialisée en gérontologie.
La percée de pôles d’excellence rurale
Désenclaver le milieu rural passe aussi par une clarification des compétences entre Etat et collectivités locales. Les Audois réclament « une discrimination positive, des règles plus souples pour une solidarité entre les agglomérations et le rural péri-urbain », avec une vive hostilité face aux fusions forcées. Côté communications, ils déplorent un manque de grandes infrastructures de transports en dehors de Narbonne (ligne grande vitesse) et de transports scolaires, les pannes répétées du téléphone filaire, les zones d’ombre pour le portable ou le haut débit.
A côté d’autres doléances (manque d’assistantes maternelles, de crèches, de structures pour personnes âgées, de logements bon marché), l’Aude table sur ses propres Pôles d’excellence rurale (PER) : en Haute Vallée, c’est le parc régional d’activité économique Charles Cros (26 ha dédiés aux énergies renouvelables, à l’écoconstruction).
En Corbières-Minervois, le PER Tourisme, terroir, vin et gastronomie mutualise les actions de 14 partenaires, pour vendre en circuit court. Et sur l’ancien site minier de Salsigne, un PER de la communauté Haut-Cabardès a créé la première filière de chauffage bois de l’Aude (stockage, broyage, granulés…).
Les Lozériens, eux, ont un Pôle "Accueil chasse et pêche" unique en France, pour sensibiliser à la biodiversité. Ce département se distingue aussi par un pôle télé-médecine. Ce PER offre au généraliste une assistance et une aide au diagnostic par l’hôpital de Mende, le met en réseau par visioconférence, avec des spécialistes de la région, pour mieux transférer les patients et leurs dossiers.
Mutualiser les moyens
Les Pyrénées-Orientales ont pris les devants de la mutualisation des moyens ruraux en 2007 avec une enquête du préfet auprès des maires. Des ateliers viennent de rendre leurs conclusions pour les cinq bassins de vie ruraux. Le patrimoine du département lui confère « une identité forte ». L’agriculture reste garante de leur protection et de l’attrait touristique. Le foncier est moins onéreux que sur la Plaine du Roussillon, mais les freins sont nombreux.
Exemple de difficultés dans le Haut Vallespir - région montagneuse - « menacé de désertification alors que le département gagne autour de 5 500 habitants par an ». La qualité de certains services y est « préoccupante » : desserte (routière, ferroviaire, numérique), déneigement, traitement et distribution d’eau, service postal, manque de logements sociaux (1 882 demandeurs pour un parc de 3 066 logements). Les mutualisations constituent donc parfois un palliatif à ces carences, avec notamment les maisons sociales de proximité, regroupant éducateurs, conseillers d’insertion, assistantes sociales.
Autre département contraint de miser sur les mutualisations, l’Aveyron est à l’avant-garde de la télémédecine et des maisons relais de services publics. L’économie locale, elle, souffre d’un manque de repreneurs d’entreprises. Et l’agriculture devra se "réajuster" face à la concurrence mondiale.
Georges MATTIA
http://www.midilibre.com/articles/2010/05/02/GRAND-SUD-Les-ruraux-ont-ils-encore-un-avenir-1211620.php5
En Languedoc-Roussillon, le débat a été riche et parfois été très vif. Gros plan sur des situations qui marquent la différence des enjeux régionaux.
Hérault. Maire de Roqueredonde, sur un contrefort du Larzac, éleveur ovin laitier pour Roquefort en Groupement agricole d'exploitation en commun (Gaec) avec son frère, Jean Rebervel gouverne 450 brebis, presque trois fois plus nombreuses que ses habitants (169,6 au km2) : « Ici, on ne sait pas trop où on va, on nous promet des compensations mais on n’a rien d’écrit. On s’en sort avec de l’emprunt, on cherche des subventions… » Comme en bien des villages à habitat dispersé, les ressources se tarissent vite. « On a amené l’eau potable à un hameau de quinze habitants, soit deux bons kilomètres de canalisations à créer ! »
Au Caylar, lors d’une réunion des Assises, Roqueredonde a présenté son cahier de doléances. L’accès routier est difficile, surtout l’hiver. « Dépités », les habitants pointent l’absence de relais de téléphonie portable, les carences du haut débit : « Trois années de promesses non tenues par l’Etat et le Département. »
Côté santé, « on a du mal à trouver des soins infirmiers », la maison de retraite est menacée. Côté services publics, il faudrait aussi une poste plus proche, un minimum de transports collectifs. Un minibus polyvalent (scolaire et pour démarches à Lodève) fait son chemin.
Une chance pour la zone, la présence du centre bouddhiste Lerab Ling, d’une portée internationale qui dope l’économie locale. L’été, Roqueredonde passe à 1 200 habitants.
Gard. Huit réunions dans autant de bassins de vie gardois ont rappelé que les milieux naturels couvrent 90 % de ce département. Des Cévennes à la Camargue, la ruralité s’exprime de bien des manières, mais cette hétérogénéité n’entrave pas l’effort de coopération intercommunale. Sur 341 communes gardoises, 353 sont membres d’une communauté de communes ou d’agglomération, et 5 schémas de cohésion territoriale associent 78 % des communes.
Bien des élus réclament aussi une péréquation, afin que les aides ne soient pas accordées en fonction du nombre d’habitants. Préfet du Gard, Hugues Bousiges, relève deux projets exemplaires. D’abord, la création de deux labels : le "pavillon vert" et le "pavillon bleu" du littoral, qui pourraient récompenser et valoriser des services publics et de développement durable.
L’autre projet porte sur les soins aux personnes âgées. La communauté de communes Hautes Cévennes veut développer l’hôpital de Ponteils et Brésis en y installant une antenne de l’école d’infirmières de Nîmes ou d’Alès, spécialisée en gérontologie.
La percée de pôles d’excellence rurale
Désenclaver le milieu rural passe aussi par une clarification des compétences entre Etat et collectivités locales. Les Audois réclament « une discrimination positive, des règles plus souples pour une solidarité entre les agglomérations et le rural péri-urbain », avec une vive hostilité face aux fusions forcées. Côté communications, ils déplorent un manque de grandes infrastructures de transports en dehors de Narbonne (ligne grande vitesse) et de transports scolaires, les pannes répétées du téléphone filaire, les zones d’ombre pour le portable ou le haut débit.
A côté d’autres doléances (manque d’assistantes maternelles, de crèches, de structures pour personnes âgées, de logements bon marché), l’Aude table sur ses propres Pôles d’excellence rurale (PER) : en Haute Vallée, c’est le parc régional d’activité économique Charles Cros (26 ha dédiés aux énergies renouvelables, à l’écoconstruction).
En Corbières-Minervois, le PER Tourisme, terroir, vin et gastronomie mutualise les actions de 14 partenaires, pour vendre en circuit court. Et sur l’ancien site minier de Salsigne, un PER de la communauté Haut-Cabardès a créé la première filière de chauffage bois de l’Aude (stockage, broyage, granulés…).
Les Lozériens, eux, ont un Pôle "Accueil chasse et pêche" unique en France, pour sensibiliser à la biodiversité. Ce département se distingue aussi par un pôle télé-médecine. Ce PER offre au généraliste une assistance et une aide au diagnostic par l’hôpital de Mende, le met en réseau par visioconférence, avec des spécialistes de la région, pour mieux transférer les patients et leurs dossiers.
Mutualiser les moyens
Les Pyrénées-Orientales ont pris les devants de la mutualisation des moyens ruraux en 2007 avec une enquête du préfet auprès des maires. Des ateliers viennent de rendre leurs conclusions pour les cinq bassins de vie ruraux. Le patrimoine du département lui confère « une identité forte ». L’agriculture reste garante de leur protection et de l’attrait touristique. Le foncier est moins onéreux que sur la Plaine du Roussillon, mais les freins sont nombreux.
Exemple de difficultés dans le Haut Vallespir - région montagneuse - « menacé de désertification alors que le département gagne autour de 5 500 habitants par an ». La qualité de certains services y est « préoccupante » : desserte (routière, ferroviaire, numérique), déneigement, traitement et distribution d’eau, service postal, manque de logements sociaux (1 882 demandeurs pour un parc de 3 066 logements). Les mutualisations constituent donc parfois un palliatif à ces carences, avec notamment les maisons sociales de proximité, regroupant éducateurs, conseillers d’insertion, assistantes sociales.
Autre département contraint de miser sur les mutualisations, l’Aveyron est à l’avant-garde de la télémédecine et des maisons relais de services publics. L’économie locale, elle, souffre d’un manque de repreneurs d’entreprises. Et l’agriculture devra se "réajuster" face à la concurrence mondiale.
Georges MATTIA
http://www.midilibre.com/articles/2010/05/02/GRAND-SUD-Les-ruraux-ont-ils-encore-un-avenir-1211620.php5
accident route
ADF
agriculture
AMF
AMRF
Ariège
assises
attraction
Aubry
Baumel
Bazin
Beauvais
Bourgogne
Bretagne
Brustier
centres sociaux
Chambefort
chanson
Chassaigne
Christian Paul
CIADT
collectivités
commerce
Conseil général
consommation
Creuse
culture
Côte d'Or
Delattre
Denanot
DIACT
Dussopt
désert médical
désindustrialisation
exclusion
exode urbain
Fabius
FSU
Garot
gauche rurale
Gers
Groison
haut-débit
Hollande
Huelin
hôpital
IGAS
innovations
INRA
INSEE
jeunesse
Jura
justice
Lassalle
Le Hyaric
LODEOM
Lormes
Lozach
maires
Martine Faure
Massat
Mercier
mobilité
mondialisation
Montebourg
Ménard
Nayrou
Nicoux
Nièvre
néo-ruraux
pacte territorial
Patrick Lebreton
pauvreté
Peiro
plan Marshall
politiques publiques
proposition de loi
prospective
précarité
PS
périurbanisation
rapport
Renahy
réformes
santé
Sarkozy
services
services publics
sondage
stratégie
Sénat
sénior
territoire
TIC
tribunaux
UMP
Vergnier
école
électorat rural
électricité
Liste de liens
Dernières notes
La chanson du Bouclier Rural...en images
22/01/2012
La chanson fait le buzz
05/11/2011
La Chanson du Bouclier rural !
29/10/2011
Un "nouveau pacte territorial"
25/07/2011
Archives
Vers un bouclier rural
Directeur de la publication : Jean-Philippe HUELIN
Contact : jphuelin@voila.fr
Directeur de la publication : Jean-Philippe HUELIN
Contact : jphuelin@voila.fr






