Voici un passage du livre de Robert Escande qui fut médecin dans le "désert médical" du haut plateau ardéchois une vingtaine d'années.
"J'ai longtemps hésité avant d'oser écrire ce livre. Comment résumer mes vingt armées d'installation en qualité de médecin généraliste à Saint-Étienne en Montagne ? Il s'est passé tellement de choses bouleversantes, qui ont changé à jamais la vie des habitants de cette paisible commune rurale, et la mienne. Vingt années entre le rire et les larmes, la joie et la détresse, le bonheur et la souffrance, entre la vie et la mort. Le quotidien en bref d'un médecin de campagne, dont le métier est aussi bien d'assister aux accouchements que de fermer les yeux des morts. La routine d'un travail déjà profondément complexe, et dans le contexte de l'installation à Saint-Étienne en Montagne, considérablement amplifié par la caisse de résonance du désert médical du haut plateau ardéchois. Mes succès et mes échecs n'auront pas les mêmes conséquences sur cette terre oubliée des dieux, balayée par la Burle, coupée du monde par des mois de neige formant sur des routes déjà chaotiques des congères infranchissables. L'exercice de mon «art médical» n'aura pas la même incidence ici que dans ma ville natale, Marseille, baignée de soleil, sublimée par la Méditerranée, la plus belle des mers, et qui n'avait qu'un seul défaut à mes yeux, responsable de mon lointain exil montagneux : la surpopulation médicale. Ayant la phobie de la salle d'attente vide, situation que j'avais vécue en qualité de remplaçant pendant un an, j'avais pris le contre-pied absolu : j'irais m'installer dans le seul canton de France qui n'avait jamais eu de médecin !
Situation alors inédite à l'époque, qui devint au fur et à mesure des années la dure réalité pour de plus en plus de campagnes.
Situation soi-disant déplorée par nos élus, mais à vrai dire provoquée, soigneusement entretenue par une politique, une fiscalité et une pression administrative écrasante. En réalité, à toutes les échelles du pouvoir, on assiste à une démolition en règle des cabinets médicaux qui subsistent. Tout est fait pour leur substituer des «maisons médicales», où de rares permanences effectuées par des docteurs souvent étrangers, donnent à notre administration le sentiment du devoir accompli, et la jouissance d'avoir remplacé à bon compte des médecins libéraux jugés trop indépendants, pas assez serviles...
Avant de franchir définitivement le pas, et en bon élève de ce que je pensais être à l'époque un comportement confraternel, j'écrivis au président du conseil de l'Ordre de l'Ardèche et aux médecins les plus proches de mon installation. Je leur faisais part de mon désir de venir m'installer en ce lieu, et de ma joie de pouvoir collaborer au suivi médical de cette population si éloignée des hôpitaux. Ils étaient tous étrangement distants de cinquante kilomètres, dans un canton ardéchois en contact de deux autres départements : la Haute Loire, et la Lozère. Sur un point de la carte, pas très loin du village, trois régions différentes se touchaient : le Languedoc-Roussillon, l'Auvergne, et la région PACA. Situation pour le moins écartelée, dont la bizarre impression de discordance était accentuée par l'extrême diversité du paysage, hésitant entre forêts denses et sombres de conifères dignes des Laurentides du Canada, et vastes steppes d'herbe rase balayées par des vents semblant venus de Mongolie orientale...
Avant d'arriver à Saint-Étienne en Montagne, un panneau signalant le partage des eaux entre Méditerranée et Atlantique vous mettait en garde, à des centaines de kilomètres d'un quelconque littoral : la pluviométrie ici vous jouerait des tours..."
Vous pouvez vous procurer ce livre ici
Situation alors inédite à l'époque, qui devint au fur et à mesure des années la dure réalité pour de plus en plus de campagnes.
Situation soi-disant déplorée par nos élus, mais à vrai dire provoquée, soigneusement entretenue par une politique, une fiscalité et une pression administrative écrasante. En réalité, à toutes les échelles du pouvoir, on assiste à une démolition en règle des cabinets médicaux qui subsistent. Tout est fait pour leur substituer des «maisons médicales», où de rares permanences effectuées par des docteurs souvent étrangers, donnent à notre administration le sentiment du devoir accompli, et la jouissance d'avoir remplacé à bon compte des médecins libéraux jugés trop indépendants, pas assez serviles...
Avant de franchir définitivement le pas, et en bon élève de ce que je pensais être à l'époque un comportement confraternel, j'écrivis au président du conseil de l'Ordre de l'Ardèche et aux médecins les plus proches de mon installation. Je leur faisais part de mon désir de venir m'installer en ce lieu, et de ma joie de pouvoir collaborer au suivi médical de cette population si éloignée des hôpitaux. Ils étaient tous étrangement distants de cinquante kilomètres, dans un canton ardéchois en contact de deux autres départements : la Haute Loire, et la Lozère. Sur un point de la carte, pas très loin du village, trois régions différentes se touchaient : le Languedoc-Roussillon, l'Auvergne, et la région PACA. Situation pour le moins écartelée, dont la bizarre impression de discordance était accentuée par l'extrême diversité du paysage, hésitant entre forêts denses et sombres de conifères dignes des Laurentides du Canada, et vastes steppes d'herbe rase balayées par des vents semblant venus de Mongolie orientale...
Avant d'arriver à Saint-Étienne en Montagne, un panneau signalant le partage des eaux entre Méditerranée et Atlantique vous mettait en garde, à des centaines de kilomètres d'un quelconque littoral : la pluviométrie ici vous jouerait des tours..."
Vous pouvez vous procurer ce livre ici
Livre
Un ouvrage collectif aux éditions L’Harmattan
L’ouvrage collectif Ruralités contemporaines. Patrimoine, innovation & développement durable, publié chez l’Harmattan en avril 2011, sous la direction de Rolande Bonnain-Dulon, Jacques Cloarec et Françoise Dubost, regroupe des articles portant sur les nouveaux aspects de la ruralité.
Durant des années, les chercheurs ont arpenté, ausculté, étudié les campagnes dans leur diversité. Ils nous livrent ici un florilège d’articles sur des thèmes illustrant de nouveaux aspects de la ruralité et des tensions nouvelles qui la traversent. Exemples :
La campagne saisie par le patrimoine : des vignobles consacrés par l’Unesco, des traditions culinaires qui se perpétuent dans les cuisines bourgeoises, des produits de terroir mitonnés par les grands chefs, des légumes en voie de disparition cultivés avec amour dans le potager des ménagères...
La campagne saisie par l’écologie : des agriculteurs qui se convertissent au bio, des éoliennes qui surgissent dans le paysage au grand dam des habitants, des pisciculteurs ruinés par le Grand Cormoran, une espèce d’oiseau protégée au titre de la réglementation européenne...
La campagne saisie par la ville et des citadins saisis par la campagne, célébrant la nature et la beauté du pays...
Ruralités contemporaines. Patrimoine, innovation et développement durable
Sous la direction de Rolande Bonnain-Dulon, Jacques Cloarec, Françoise Dubost
Editions L’Harmattan, collection Patrimoines et sociétés, avril 2011, 290 pages, 28 euros.
Pour voir le sommaire
Durant des années, les chercheurs ont arpenté, ausculté, étudié les campagnes dans leur diversité. Ils nous livrent ici un florilège d’articles sur des thèmes illustrant de nouveaux aspects de la ruralité et des tensions nouvelles qui la traversent. Exemples :
La campagne saisie par le patrimoine : des vignobles consacrés par l’Unesco, des traditions culinaires qui se perpétuent dans les cuisines bourgeoises, des produits de terroir mitonnés par les grands chefs, des légumes en voie de disparition cultivés avec amour dans le potager des ménagères...
La campagne saisie par l’écologie : des agriculteurs qui se convertissent au bio, des éoliennes qui surgissent dans le paysage au grand dam des habitants, des pisciculteurs ruinés par le Grand Cormoran, une espèce d’oiseau protégée au titre de la réglementation européenne...
La campagne saisie par la ville et des citadins saisis par la campagne, célébrant la nature et la beauté du pays...
Ruralités contemporaines. Patrimoine, innovation et développement durable
Sous la direction de Rolande Bonnain-Dulon, Jacques Cloarec, Françoise Dubost
Editions L’Harmattan, collection Patrimoines et sociétés, avril 2011, 290 pages, 28 euros.
Pour voir le sommaire
accident route
administration
agriculture
AMF
AMRF
Ariège
assises
Aubry
banque
Baumel
Bazin
Beauvais
Bourgogne
Bretagne
Brustier
centres sociaux
Chambefort
chanson
Chassaigne
Christian Paul
CIADT
collectivités
commerce
Conseil général
consommation
Creuse
culture
Côte d'Or
Denanot
DIACT
Dussopt
décentralisation
désert médical
désindustrialisation
exode urbain
Fabius
FSU
gauche rurale
Gers
Groison
haut-débit
Hollande
Huelin
hôpital
IGAS
innovations
INRA
INSEE
jeunesse
Jura
justice
Lassalle
Le Hyaric
Le Maire
LODEOM
Lormes
Lozach
Martine Faure
Massat
Mercier
mobilité
mondialisation
Montebourg
Nayrou
Nicoux
Nièvre
néo-ruraux
pacte territorial
Patrick Lebreton
pauvreté
Peiro
politiques publiques
Poste
proposition de loi
prospective
précarité
PS
périurbanisation
rapport
Renahy
réformes
régionales
Réunion
santé
Sarkozy
services publics
sondage
Souchon
stratégie
Sénat
sénior
territoire
TIC
transport
tribunaux
typologie
UMP
Vergnier
école
électricité
Liste de liens
Dernières notes
La chanson du Bouclier Rural...en images
22/01/2012
La chanson fait le buzz
05/11/2011
La Chanson du Bouclier rural !
29/10/2011
Archives
Vers un bouclier rural
Directeur de la publication : Jean-Philippe HUELIN
Contact : jphuelin@voila.fr
Directeur de la publication : Jean-Philippe HUELIN
Contact : jphuelin@voila.fr






