Philippe Martin et Gisèle Biémouret, députés du Gers, soutiennent le bouclier rural
«L'État ne soutient plus la ruralité, on le voit dans notre département avec la disparition des tribunaux d'instance de Lectoure et de Mirande, et maintenant les 30 postes supprimés dans l'Éducation nationale qui suivent les dix écoles fermées en dix ans », constate Philippe Martin.

Avec Gisèle Biémouret, il a participé à un groupe parlementaire de travail sur le sujet. Ces travaux ont abouti à une proposition de loi que le groupe socialiste et radical présentera en séance à l'assemblée le jeudi 24 mars. Elle vise à mettre en place un bouclier rural, détaillé sur treize articles.

Parmi les propositions, le retour à un service public de proximité afin que « les écoles, la Poste se situent à moins de vingt minutes d'un lieu d'habitation », précisent les deux députés gersois.

« Il faut également adapter les services publics aux nouveaux rythmes des Français, avec une plus grande amplitude horaire, ce qui signifie plus de moyens. Nous en discuterons avec les représentants des salariés », estime Philippe Martin.

« Sur le plan de la santé, je ressens de grosses inquiétudes quand je discute avec les gens, ajoute Gisèle Biémouret. Ils sont très angoissés. Si l'État ne fait rien, les moyens en terme de santé ne seront jamais suffisants. On sera toujours en déséquilibre ».
Couverture numérique

L'économie rurale figure également parmi les priorités avec le projet de création d'une « caisse de mutualisation publique contre le chômage ». « Un filet de sécurité », confirme Philippe Martin. La mise en place d'une convention de commerce et d'artisanat rural et le financement d'un plan national de développement des infrastructures et des transports 2011-2020 sont explicités dans cette proposition de loi.

Autre point majeur, le haut débit qui fait encore défaut dans de nombreuses zones rurales, y compris dans le Gers. Aujourd'hui, l'accès rapide à Internet est devenu essentiel, et les socialistes prévoient d'élaborer un plan de réalisation de la couverture numérique pour qu'elle soit équivalente aux zones urbaines d'ici à dix ans. « C'est aujourd'hui la préoccupation des maires des petites communes », remarquent les députés gersois. « Le problème, c'est que cela coûte cher, nous prévoyons un financement original, en taxant les opérateurs de jeux en ligne. »

Ils tiennent aussi à assurer la stabilité financière des collectivités locales rurales par un « système de péréquation des dotations de l'État : aucune collectivité ne pourra bénéficier d'une ressource financière inférieure à 80 % et supérieure à 120 % de la moyenne de la même catégorie de collectivité ».

« Ces propositions forment une véritable boîte à outil, nous la rendons publique et nous en informerons ensuite les maires. Ce sont les réponses des socialistes à des problèmes rencontrés par tous les élus en territoires ruraux. Nous voulons marquer les esprits », précisent les députés socialistes gersois.

Sud Ouest, 15 mars 2011


Voir aussi La Dépêche du Midi

Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mardi 15 Mars 2011 à 22:41






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