Premiers résultats de l’enquête des "Ainés ruraux"
Entre 500 et 900 personnes ont déjà répondu aux différentes questions de, l'enquête lancée par "Les Aînés ruraux". Les résultats permettent de dresser un premier panorama concernant les questions liées à la mobilité et aux transports.
76 % des répondants ont entre 61 et 75 ans, avec une majorité de femmes (53%). Cadres et professions intellectuelles supérieures, professions intermédiaires et employés sont les plus représentés. Environ 64%, vivent dans les communes entre 300 et 5000 habitants. Les revenus annuels nets de la moitié des répondants entre 12 600 € et 34 600€ (soit 2 fois le SMIC au maximum). Il s’agit pour une immense majorité de répondants de responsables de l’association.
Trois personnes sur quatre (74%) déclarent ne pas se sentir isolées géographiquement, pour beaucoup, leur voiture représente « l’outil-phare » de garantie d’une vie sociale.
68% affirment qu’il existe une desserte de transport en commun sur leur canton. Pour près de la moitié de répondants le premier arrêt de transport est à 500 m du domicile. Pour une personne sur dix, il se situe à plus de 5 km.
59%) affirment ne jamais utiliser les transports malgré une desserte plus ou moins proche. Seulement 3% des enquêtés déclarent les utiliser tous les jours ou régulièrement.
Les transports en commun ne sont pas utilisés car 69% des répondants disposent d’un véhicule personnel. Seule une personne sur dix déclare que les horaires ne lui conviennent pas (soit 12%). Et 7% des personnes n’utilisent pas les transports en commun car les destinations ne leur conviennent pas.
« Le véhicule personnel représente plus qu’une substitution forcée aux transports publics » L’enquête confirme la place centrale de la voiture personnelle dans les déplacements des aînés ruraux. Mais cette prévalence s’avère pour le tiers des répondants, davantage liée au symbole de liberté et d’autonomie individuelle que représente la voiture qu’au manque ou à l’inadéquation des transports en commun.
Paradoxe. "L’accession à l’automobile a d’abord constitué, le moyen d’un choix de type d’habitat plus qu’un moyen de transport, explique Jean Pierre Orfeuil, statisticien et chercheur à l’INRETS (Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité). Et, la voiture n’a pas amené à une diminution des temps de trajet, mais à une augmentation des distances parcourues. Les individus ont fait le choix d’habiter plus loin (…). C’est donc l’automobile, et l’aptitude à conduire qui a conditionné le choix d’habiter dans des zones plus isolées. Mais avec l’avancée en âge, et l’augmentation de la perception du risque de voir cette aptitude à la mobilité anéantie, les distances recommencent à poser problème. En faisant ces choix d’habitat, la liberté qu’offrait l’automobile s’est mécaniquement transformée en dépendance à ces pratiques et aptitudes à la mobilité.
C’est ainsi, faute d’usagers que les transports en commun ont disparu des territoires ruraux.
L’un des enjeux pour les aînés ruraux pourrait être d’inverser le processus qui a fait passer l’automobile d’un objet de liberté à un objet de dépendance, sans pour autant remettre en cause les choix d’habitat faits grâce à elle concluent, ces premiers résultats d’enquête.
L'intégralité du rapport
Le site des Aînés ruraux
Source
76 % des répondants ont entre 61 et 75 ans, avec une majorité de femmes (53%). Cadres et professions intellectuelles supérieures, professions intermédiaires et employés sont les plus représentés. Environ 64%, vivent dans les communes entre 300 et 5000 habitants. Les revenus annuels nets de la moitié des répondants entre 12 600 € et 34 600€ (soit 2 fois le SMIC au maximum). Il s’agit pour une immense majorité de répondants de responsables de l’association.
Trois personnes sur quatre (74%) déclarent ne pas se sentir isolées géographiquement, pour beaucoup, leur voiture représente « l’outil-phare » de garantie d’une vie sociale.
68% affirment qu’il existe une desserte de transport en commun sur leur canton. Pour près de la moitié de répondants le premier arrêt de transport est à 500 m du domicile. Pour une personne sur dix, il se situe à plus de 5 km.
59%) affirment ne jamais utiliser les transports malgré une desserte plus ou moins proche. Seulement 3% des enquêtés déclarent les utiliser tous les jours ou régulièrement.
Les transports en commun ne sont pas utilisés car 69% des répondants disposent d’un véhicule personnel. Seule une personne sur dix déclare que les horaires ne lui conviennent pas (soit 12%). Et 7% des personnes n’utilisent pas les transports en commun car les destinations ne leur conviennent pas.
« Le véhicule personnel représente plus qu’une substitution forcée aux transports publics » L’enquête confirme la place centrale de la voiture personnelle dans les déplacements des aînés ruraux. Mais cette prévalence s’avère pour le tiers des répondants, davantage liée au symbole de liberté et d’autonomie individuelle que représente la voiture qu’au manque ou à l’inadéquation des transports en commun.
Paradoxe. "L’accession à l’automobile a d’abord constitué, le moyen d’un choix de type d’habitat plus qu’un moyen de transport, explique Jean Pierre Orfeuil, statisticien et chercheur à l’INRETS (Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité). Et, la voiture n’a pas amené à une diminution des temps de trajet, mais à une augmentation des distances parcourues. Les individus ont fait le choix d’habiter plus loin (…). C’est donc l’automobile, et l’aptitude à conduire qui a conditionné le choix d’habiter dans des zones plus isolées. Mais avec l’avancée en âge, et l’augmentation de la perception du risque de voir cette aptitude à la mobilité anéantie, les distances recommencent à poser problème. En faisant ces choix d’habitat, la liberté qu’offrait l’automobile s’est mécaniquement transformée en dépendance à ces pratiques et aptitudes à la mobilité.
C’est ainsi, faute d’usagers que les transports en commun ont disparu des territoires ruraux.
L’un des enjeux pour les aînés ruraux pourrait être d’inverser le processus qui a fait passer l’automobile d’un objet de liberté à un objet de dépendance, sans pour autant remettre en cause les choix d’habitat faits grâce à elle concluent, ces premiers résultats d’enquête.
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Contact : jphuelin@voila.fr
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