Jean-Yves Pineau est directeur du Collectif ville campagne, qui accompagne les territoires souhaitant mettre en place des politiques d’accueil de nouvelles populations, ainsi que les personnes désireuses de s’installer en milieu rural.


«Les campagnes ne sont plus des territoires ringards»
Les campagnes attirent-elles les citadins ?

Oui, même s’il s’agit d’abord d’une attractivité résidentielle par choix ou par nécessité. Le logement est devenu un élément vital pour les gens qui vont à la campagne parce qu’ils trouvent à se loger moins cher ou plus grand. Avec les conséquences que l’on sait : le grignotage des terres agricoles, des lotissements sans âme. Il y a vraiment des questions à se poser sur les rapports entre les villes et les territoires ruraux. Il faut changer cette posture.

C’est-à-dire ?

Les campagnes ne sont plus des territoires ringards, tels qu’on les percevait à l’époque de la révolution industrielle. Selon le sondage Ifop que nous avions commandé en 2009, onze millions des personnes habitant en agglomération envisagent un jour de vivre à la campagne, et cela concerne plus d’un jeune sur deux de 18 à 35 ans (53%). Deux tiers des citadins voient dans les espaces ruraux des territoires d’avenir. Mais il y a une forme de paradoxe : au moment où les campagnes retrouvent du carburant avec des gens qui veulent y venir, l’Etat se rétracte. Au lieu de penser les services publics comme des investissements, on pense ratio, vision à court terme. Et puis qu’est-ce qui fait l’aménagement du territoire depuis trente ans ? C’est l’avènement de l’automobile, les hypermarchés, le prix du foncier, les promoteurs immobiliers et l’OMC [Organisation mondiale du commerce, ndlr]. Il nous faut un vrai projet de société capable de prendre la mesure des crises actuelles.

Que faut-il faire ?

Au regard des vrais défis que sont la mobilité, les enjeux énergétique et climatique, il faut une politique claire qui n’envisage plus les territoires ruraux en situation de vassalisation par rapport aux agglomérations. Dans cette vision des années 60, qui persiste encore, la ville était considérée comme l’unique lieu possible d’émancipation et d’enrichissement. L’avenir des campagnes, appelées alors confusément «l’espace rural», était simplement déterminé par la proximité ou l’éloignement des centres urbains : trop proches, les campagnes auxquelles on assignait une fonction purement résidentielle devenaient les vases d’expansion des villes ; trop éloignées, elles étaient consignées dans une fonction de production ou, le cas échéant, dans une fonction de récréation pour les citadins, voire de préservation environnementale. On voit bien que cette perspective ne mène à rien.

Comment sortir de cette impasse ?

Aujourd’hui, il faut une approche offensive faite de mixités. On est plus dans deux mondes séparés. Il y a des territoires qui ont besoin d’être mariés, mis en synergie. Il faut en finir avec une approche «frontière» entre villes et campagnes, alors que nous sommes dans un monde de flux. Il faut penser les transports publics de manière intelligente entre villes et campagnes parce que, à l’heure actuelle, le périmètre de la réflexion s’étend au mieux aux limites de l’agglomération et des premières couronnes.

Que pensez-vous de l’idée d’un bouclier rural ?

Au-delà de la formule, on ne peut que trouver l’idée bonne. Cela fait quinze ans que l’on travaille sur ces questions au sein du Collectif ville campagne et que nous accompagnons l’émergence de ces nouvelles approches de développement territorial que sont les politiques d’accueil et d’attractivité. Dans le sondage réalisé par l’Ifop, on voit que même si la présence de commerce de proximité (36%), de transports (36%) et de services de santé (27%) sont des critères importants pour le choix de la terre d’accueil, c’est plutôt la combinaison et la répartition équilibrée de ces éléments qui importent dans le choix d’installation. L’enjeu pour les campagnes est de pouvoir préserver l’éventail des fonctions et des aménités : production, services, équipements, logements, vies sociale et culturelle, activités économiques…

recueilli par JACKY DURAND
http://www.liberation.fr/societe/0101624501-les-campagnes-ne-sont-plus-des-territoires-ringards

Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mercredi 31 Mars 2010 à 13:24 | {0} Commentaires
Fabien Bazin défend le bouclier rural dans la presse

Fabien Bazin défend le bouclier rural dans la presse
Retrouvez aussi une interview dans le journal de la paroisse des vaux d'Yonne sur le lien suivant :

le_journal_de_la_paroisse_des_vaux_d_yonne__avril_2010.pdf le journal de la paroisse des vaux d'yonne Avril 2010.pdf  (222.5 Ko)

Tags : Bazin
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mardi 30 Mars 2010 à 17:26 | {0} Commentaires

Hier, la première secrétaire réunissait les présidents de région à Solferino. Elle entendait définir une ligne politique commune. Et rapprocher les élus locaux de la direction.


Le
Une réunion éminemment politique. En invitant les présidents de région victorieux au siège du Parti socialiste, rue de Solferino, Martine Aubry envoyait d’abord un message. Notamment à ceux qui, comme le sénateur-maire, Gérard Collomb, savonnaient la planche de la première secrétaire : « Si grand chelem il y a, on le devra surtout aux candidats dans les régions, plutôt qu’à Martine Aubry ! Ce ne sera pas sa victoire. Beaucoup portent un programme assez différent de la ligne politique plutôt frileuse et conservatrice incarnée par la direction du PS. » Seule Ségolène Royal a pourtant décliné l’invitation à cette réunion. Hier, Martine Aubry avait le souci de montrer qu’elle jouait collectif en rendant officiellement « hommage au travail des présidents de région » et de « discuter avec eux de la façon de continuer à travailler pour les Français », indiquait-on du côté de Solferino.

Derrière ces mots, l’idée également de rassembler des élus locaux, dont certains restent coupés de la direction nationale, plus occupés à conforter leur assise territoriale qu’à la reconstruction du parti. En juillet 2009, Alain Rousset, le président de la région Aquitaine, estimait que la « stratégie de fond de cour » de Martine Aubry était la bonne. « Aujourd’hui, nos concitoyens ont confiance dans la façon dont nous gérons, avec conviction et pragmatisme, les collectivités locales. Ce n’est pas un dialogue idéologique, une mise en cause permanente. » S’inspirer des expériences régionales donc, pour construire. Ainsi aura-t-il été question de la mise en place d’un calendrier précis sur la mutation industrielle, le bouclier rural, le contrat de continuité professionnelle ou l’allocation d’autonomie pour la jeunesse. François Patriat, président de la Bourgogne, souhaite que les élus soient mieux entendus. « Je rappellerai également que les régions ne sont pas des contre-pouvoirs mais que l’État doit nous laisser travailler sans pomper nos ressources. Il faut que nous mettions en œuvre les moyens de nous opposer à la réforme des collectivités », disait-il hier.

La réunion d’hier avait donc pour but de donner une ligne politique commune. Tout le monde au diapason quand le Parti socialiste prend parfois des allures d’un conglomérat de baronnies où chacun mène la politique qu’il entend. Quitte à laisser libre cours à une certaine confusion. Martine Aubry avait certainement en tête de se rapprocher de présidents de région qu’elle avait laissé libres de ne pas se soumettre aux équilibres des courants définis par le dernier congrès. Libres également de ménager des espaces politiques à des dissidents du Modem, par exemple, sans tenir compte de la position nationale. Enfin, la première secrétaire sait qu’elle compte parmi les présidents de région de solides soutiens. À l’issue d’un congrès où elle fut mal élue, François Bonneau, Jean-Paul Huchon, René Souchon et Martin Malvy entre autres l’avaient poussée en ce sens en demandant une « direction centrée sur les problèmes du pays et de nos concitoyens ». Signe de cette volonté de coordonner le travail entre l’échelon local et la direction : après la photo de famille, les présidents de région étaient invités à rester au bureau national.

Lina Sankari
http://www.humanite.fr/2010-03-24_Politique-_-Social-Economie_Martine-Aubry-veut-mettre-le-PS-en-ordre-de

Tags : Aubry PS régions
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Jeudi 25 Mars 2010 à 10:02 | {0} Commentaires

Un blog intéressant qui témoigne de l'engouement autour du "bouclier rural"


Le “Bouclier rural”: un plan de campagne.
Fabien Bazin est un peu devenu la voix des campagnes françaises privées de liaisons TER, victimes de la restructuration de La Poste, sans médecin à vingt kilomètres à la ronde, mais à proximité d’un hôpital qui ferme. Avec son « bouclier rural », il imagine de revitaliser des territoires bientôt amenés à recevoir des citadins, lassés de la ville. Un plan contre la galère au quotidien, et une vision pour l’espace rural, oublié des décideurs.

L’école, la poste, et le café.

En France, les campagnes occupent environ 60% du territoire et accueillent 18% de la population. En chiffres absolus, ce sont un peu plus de 14 millions de personnes qui vivent en zone rurale. Fabien Bazin, maire de Lormes dans la Nièvre, et Conseiller Général, rêve d’estomper un clivage « villes – campagnes », où les citadins bénéficient de tous les services, quand les ruraux doivent dépenser beaucoup d’énergie, et d’essence, pour parvenir au même résultat. Son « bouclier rural », déclinaison ironique du « bouclier fiscal », vise à instaurer des zones franches dans les déserts ruraux, sur le modèle des banlieues. Il veut mettre l’école et la Poste à moins d’un quart d’heure de route, voiture indispensable, et 45 minutes maximum pour la maternité. Parenthèses. Une étude du CNRS met en doute l’efficacité et les bénéfices de la politique de regroupement scolaire, menée dans les campagnes depuis trente ans. Une loi de 2005 oblige déjà la Poste à une certaine proximité en milieu rural. Mais revenons à Fabien Bazin, et à son « bouclier rural ». Il souhaite stopper la fuite des fonctionnaires dans les campagnes françaises, en supprimant la fameuse règle « d’un sur deux non remplacé ». Il demande aussi une fiscalité allégée pour les commerçants et une aide aux médecins pour les inciter à préférer un village. Le « bouclier rural » veut rendre aux bourgs de campagne une partie des services qu’ils offraient avant l’exode rural, et la voiture. Il y a un demi-siècle, parfois moins, chaque commune avait son école, son épicerie, sa boulangerie, sa forge, son médecin, et son curé. Sans oublier son café, théâtre indispensable de la vie sociale locale.

En attendant les citadins.

Il y a l’idée de faciliter la vie des ruraux, il y a aussi l’idée d’accueillir ces citadins qui ne sentent plus à leur place en ville. Et il y a du monde. Selon un sondage réalisé par IFOP en 2009, 11 millions de Français résidant dans une agglomération de plus de 200.000 habitants auraient pour projet de se mettre au vert. Un jour, et plus ou moins définitivement. Projet résidentiel et projet professionnel, formulé par une population plutôt jeune, sans attache familiale à la ville, qui privilégie la qualité de vie et l’environnement. Commerces de proximité, transports, et services de santé, influenceraient le choix du territoire d’accueil. D’ailleurs, ceux qui se cramponnent à la ville justifient leur choix par l’absence de services commerciaux et culturels à la campagne. Les citadins désireux d’ouvrir leurs volets sur un paysage champêtre attendent aussi un petit coup de pouce de la part des ruraux, un accueil sympa, des logements, et des opportunités professionnelles. Dans sa vision des campagnes du XXI° siècle, Fabien Bazin mise sur les nouvelles technologies, les TIC – technologies de l’information et de la communication -, le Web2.0, sources d’emploi potentielles en milieu rural. D’ailleurs à la campagne, tout le monde, ou presque, se retrouve sur Facebook. Ringards les ruraux ? En lien vidéo, Fabien Bazin, interrogé par Centre France, défend l’avenir des zones rurales.

Un dossier politique.

Le « bouclier rural » a fait école. A la Réunion, Patrick Lebreton, député- maire de Saint-Joseph, travaille sur un projet du même nom, destiné à favoriser les territoires ruraux des Hauts du département. Dans le Jura, Esio Perati, à la tête du canton de Saint-Laurent-en-Grandvaux, regrette le temps des services publics et reprend le concept. « Vite un bouclier rural pour les Français péri-urbains », titrait un blog d’un militant MODEM, associé à l’hebdomadaire Marianne. Jean Philippe Huelin, socialiste, défend lui aussi les territoires ruraux, délaissés par l’Etat. En Bourgogne, en Aquitaine, ou en Midi-Pyrénées, le “bouclier rural” s’est invité dans les programmes des dernières élections régionales. L’aménagement du territoire, un sujet politique, un peu comme les banlieues, en plus aéré…

M.J.
http://lewebpedagogique.com/environnement/2010/03/19/le-bouclier-rural-un-plan-de-campagne/

Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Samedi 20 Mars 2010 à 13:54 | {0} Commentaires

Dans la Nièvre, les élus socialistes proposent la mise en place d'un "bouclier rural"


Reportage sur le
Les ruraux ont les nerfs à fleur de peau. Ils ont le sentiment d'être abandonnés. Et l'impression qu'il leur faut dépenser beaucoup plus d'énergie que dans les zones urbaines pour faire aboutir leurs projets. Le maire socialiste de Lormes, dans la Nièvre, veut faire bouger les choses. En opposition au "bouclier fiscal" du gouvernement, il a imaginé un "bouclier rural". Une proposition de loi que le député PS du département, Christian Paul, devrait bientôt défendre à l'Assemblée nationale. Objectif : faciliter la vie des français de la campagne et inciter les urbains à s'installer au vert. C'est l'enquête de RTL.

Pour écouter le reportage, cliquer sur le lien suivant : http://www.rtl.fr/fiche/5936288880/dans-la-nievre-les-elus-socialistes-proposent-la-mise-en-place-d-un-bouclier-rural.html

Tags : Bazin
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Jeudi 18 Mars 2010 à 12:20 | {0} Commentaires

Le maire de Lormes, dans la Nièvre, propose un plan pour revitaliser les campagnes, en relançant notamment les services publics.


Un bouclier rural pour parer l’exode
L’idée lui est venue en voiture en allant à Nevers, dans la Nièvre, en février 2009. «J’allais causer budget au conseil général, raconte Fabien Bazin, maire PS de Lormes, 1 500 habitants, dans le Morvan. J’étais en train d’écouter un débat sur le bouclier fiscal. Et je me suis dit : "Pourquoi pas un bouclier rural qui garantirait l’égalité des droits et des chances aux territoires ruraux ?"» Dans cette haute Bourgogne où les routes sont sinueuses et où on mesure les déplacements en temps plutôt qu’en kilomètres, Fabien Bazin a eu tout le loisir de peaufiner au volant son projet d’«exception rurale à la française» et de «droit opposable à l’Etat par les collectivités rurales».

Parmi les principales dispositions figurent la création de zones franches rurales, inspirées de celles des banlieues, avec une fiscalité adaptée au petit commerce et à l’artisanat, et un soutien aux associations d’intérêt général comme les centres sociaux. Le maire de Lormes préconise également l’instauration d’un «temps d’accès minimum aux services publics» qui permettraient aux habitants des territoires ruraux d’être à moins de quarante-cinq minutes d’une maternité, de vingt minutes d’un accueil de médecine générale, de quinze minutes d’une école élémentaire ou d’un bureau de poste. Et pour ce faire, le «bouclier rural» prévoit la suppression dans les campagnes de la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. «Un gendarme en moins dans ma commune, c’est une famille qui s’en va, explique le maire de Lormes. Les enfants de gendarmes représentent 10% des effectifs de l’école maternelle.»

Pour financer le bouclier rural, Fabien Bazin compte sur «l’abrogation de la part la plus critiquable» du bouclier fiscal, «qui donne plus à ceux qui ont déjà trop, et en affectant ces moyens à la ruralité». Il propose également la création d’«un fonds de péréquation environnemental» en faveur des campagnes, qui «serait alimenté par les départements très "carbonés" et les entreprises dont le bilan carbone est supérieur à la moyenne départementale».

«Maternité». Ce matin-là, à Nevers, Fabien Bazin est venu présenter son bouclier rural devant l’amicale des maires de la Nièvre, où le projet a été approuvé à l’unanimité par le conseil général en juin. Sous les hauts plafonds du palais ducal, il y a beaucoup de cheveux blancs, on écoute posément ce jeune conférencier qui fait d’emblée dans la proximité et le concret pour exposer son projet : «Quand vous recevez dans vos communes vos résidents secondaires, ils disent : "A Paris, à Lyon, on ne se parle plus." Chez nous, quand il y a la queue au supermarché, c’est qu’un client prend des nouvelles de la caissière. Quand on fait un mariage ici, on prend le temps, on n’est pas à la chaîne. Moi, mon fils est né à la maternité de Clamecy. Sa mère a été accompagnée par des gens qui venaient prendre des nouvelles à la maison. Nous, on n’est peut-être pas très nombreux, mais on se parle. C’est une richesse.»

Partout où il emporte son projet de bouclier rural - actuellement dans une vingtaine de départements, Fabien Bazin répète deux chiffres : les 20% des habitants des campagnes françaises occupent plus de 80% du territoire et huit millions de citadins ont un projet de vie à la campagne (1). «C’est la fin de l’exode rural ! s’emporte l’élu. Aujourd’hui, c’est l’exode urbain. A part les ghettos de riches comme Paris, l’essentiel des habitants des villes connaissent des problèmes financiers. Le système est à bout. Il faut se préparer à l’arrivée des citadins.» C’est à Lormes que Fabien Bazin voit l’avenir, pas à Neuilly-sur-Seine dont, dit-il, l’ancien maire et actuel président de la République «n’a pas de projet pour les zones rurales».

«Proximité». Un bouclier rural, donc, pour revitaliser des campagnes et faciliter l’installation de nouveaux habitants, la démonstration est plaisante mais pour l’heure, dans la salle du palais ducal, on navigue entre doléances et inquiétudes : «Il faut qu’on arrête de dépouiller nos territoires, lance un élu. La chirurgie de l’hôpital de Clamecy est pratiquement fermée ; ils ont prévu un bus pour emmener les patients à Auxerre. Il faut qu’on fasse confiance aux élus ruraux. On a l’impression que plus on s’éloigne de la ville, plus on considère que l’on perd en intelligence. On est en train de glisser d’un principe d’égalité entre territoires vers un principe d’équité. Il faut le refuser.»

A Urzy (1 800 habitants), raconte la maire, «on a supprimé l’année dernière trois classes. Ils veulent mettre en place des jardins d’éveil. Mais qui va intervenir dans ces jardins ?» René-Pierre Signé, qui fut maire de Château-Chinon à la suite de François Mitterrand de 1981 à 2008, rapporte comment il a interpellé la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, au Sénat sur l’avenir des hôpitaux de proximité. «Si on les supprime au profit de grands pôles de médecine, que va-t-on faire avec le patient qui a saigné du nez durant la nuit ? s’interroge le sénateur socialiste, médecin généraliste à la retraite. Il ne faut pas oublier que la majorité des actes chirurgicaux ne sont pas des actes de haut niveau et que, dans huit cas sur dix, ils peuvent se régler dans des hôpitaux de proximité. En revanche, il y a des actes médicaux qui n’attendent pas. Comment aller jusqu’à Dijon quand on a la rate perforée ?»

Il y a trois semaines, Fabien Bazin s’est rendu rue de Solferino présenter le bouclier rural devant le laboratoire d’idées du PS. Le projet doit déboucher sur une proposition de loi défendue par le député socialiste de la Nièvre Christian Paul : «On est en train de vivre les derniers temps du maillage cantonal des services publics, estime le parlementaire. Dans la Nièvre, le signal a été donné quand nous nous sommes retrouvés avec un canton sans médecin. La question aujourd’hui, c’est de se demander ce que l’on va imaginer pour l’avenir. Il faut partir des besoins et non d’une logique budgétaire centralisée. Il ne faut pas forcément être crispé sur le canton, mais penser coproduction locale. Il faut réinventer un modèle de vie et de présence publique dans les campagnes.»

Par JACKY DURAND envoyé spécial à Nevers
http://www.liberation.fr/societe/0101624499-un-bouclier-rural-pour-parer-l-exode

Tags : Bazin
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mardi 16 Mars 2010 à 15:56 | {0} Commentaires

Un bouclier rural pour redynamiser les campagnes. C'est ce que propose Fabien Bazin, maire PS de Lormes (Nièvre). Il était sur RMC à 10H25.


Fabien Bazin dans Bourdin and Co sur RMC
L'idée du bouclier rural : garantir un service minimum dans les campagnes pour parer l'exode.
Les principales dispositions : création de zones franches rurales avec une fiscalité adaptée aux petits commerces et à l'artisanat / garantie d'un temps d'accès minimum aux services publics (ce qui permettrait à tous les habitants des territoires ruraux d'être à moins de 45 min. d'une maternité, à 20 min. d'un médecin, à 15 min. d'une école... etc.)

Pour écouter son interview, cliquer sur le lien suivant : http://www.rmc.fr/blogs/bourdinandco.php?post/2010/03/15/Un-bouclier-rural-pour-redynamiser-les-campagnes

Tags : Bazin
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Lundi 15 Mars 2010 à 17:16 | {0} Commentaires

Comme nous le disons il y a un mois, ces assises n’ont été qu’un prétexte de plus pour masquer le désengagement de l’Etat du monde rural.


Assises des territoires ruraux, suite et fin
Vous pouvez retrouver ici un article de synthèse paru sur le site Internet du Nouvel Obs ainsi qu’une dépêche d’agence.

Le synthèse du porte-parole du gouvernement est disponible dans un numéro de Clés actu.

Parmi les réactions, nous retiendrons le soutien a minima de l’UMP, le peu de percussion du PS et une position syndicale venue de FO.

Vous pouvez retrouver une revue de presse plus complète sur le site des Assises.

Enfin, voici le discours du président de la République tenu à Morée le 9 février dernier :

10_02_09_avenir_des_territoires_ruraux.pdf 10-02-09.Avenir_des_territoires_ruraux.pdf  (93.04 Ko)

Tags : assises
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Samedi 6 Mars 2010 à 22:30 | {0} Commentaires

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris du 5 mars 2010. L'économiste revient sur les dérives productivistes de l'agriculture française qui se soumet ainsi à une concurrence déloyale sur les marchés mondiaux. L'urgence est de revenir à un modèle plus «paysan» et plus respectueux de l'écologie.


« L'avenir est aux paysans, pas aux industriels »

Le salon de l’agriculture a ouvert ses portes, l’occasion de rappeler pourquoi une agriculture dynamique est indispensable à une économie dynamique. La France a des rapports très particuliers avec ses paysans. Souvenons-nous comment la Guerre de 14 avait saluée comme la victoire du paysan français sur l’ouvrier allemand.

Sans remonter aussi loin, en 1986, Jacques Chirac, avait nommé comme Ministre de l’agriculture le chef du puissant syndicat agricole la FNSEA, François Guillaume. On ne peut pas dire que ce monsieur ait laissé une trace immense dans les mémoires, c’est à lui que l’on doit la fameuse phrase sur le nuage de Tchernobyl qui épargnerait la France. Mais sa nomination permet de mesurer la toute puissance des agriculteurs dans un pays où le nombre de communes est le plus élevé d’Europe !

La faute au productivisme

La puissance économique de l’agriculture n’a jamais pénalisé l’industrie. Le décollage économique de la France s’est fait dans un monde rural et en même temps que la modernisation de l’agriculture. Mieux : le grand échec de l’URSS par rapport à la Chine – deux pays communistes, deux pays obsédés par la croissance et le développement, deux pays où les caciques du Parti ne demandaient qu’à s’enrichir – fut certainement l’échec de la politique agricole.

La Russie a détruit sa paysannerie, en remettant en cause la politique de Lénine peu avant sa mort, en axant tout sur l’industrie lourde. Et détruisant sa paysannerie, elle a fini par détruire le fondement de sa croissance. Les Chinois font tout le contraire.

Et la France a toujours protégé ses paysans. L’une des dernières victoires de Jacques Chirac est d’avoir obtenu le terme de 2012 pour la remise en cause de la Pac, la politique agricole commune, 55 milliards par ans - c’est pas rien. La PAC fut extrêmement favorable aux Français. C’est le seul, l’unique budget conséquent de l’Europe depuis des décennies ! Il n’a pas été consacré à la recherche, mais à l’agriculture.

Or le problème de l’agriculture française, c’est qu’elle a été tellement protégée, protégée de toute loi contre la pollution par exemple, qu’elle est devenue une simple industrie, une industrie productiviste, qui, tôt ou tard, devait se heurter à la concurrence de pays aux salaires moins conséquents.

Une agriculture verte

Les paysans sont devenus des industriels, ils sont devenus des industriels, ils se sont éloignés de la terre. L’hypermécanisation, l’utilisation à outrance des engrais, l’utilisation gratuite de l’eau, le déni de la pollution les a fait s’éloigner de la nature, et il est tout à fait frappant de voir les slogans proprement ahurissants qui sont affichés au salon de l’agriculture : « réconcilier les paysans avec la nature » ou encore : « retrouver une agriculture qui respecte la terre » etc.

C'est étonnant. Bien entendu le monde paysan est complexe, tous les paysans ne sont pas logés à la même enseigne, les producteurs de lait ont perdu plus de 50% de leur revenu en 2008, les fruitiers aussi, les céréaliers un peu moins, et sans doute les céréaliers bénéficieront d’un retournement du marché mondial tiré par les pays émergents, ces mêmes pays émergents –qui – comme le Brésil - leur taillent des croupières en cassant les prix.

L’avenir est aux paysans, et non aux industriels, et encore moins à la grande distribution. Vive la « terre aux vrais paysans » a-t-on envie de dire. Et si la France veut s’engager dans une économie verte et durable, on ne voit pas comment elle pourrait le faire sans une agriculture verte.

http://www.marianne2.fr/L-avenir-est-aux-paysans,-pas-aux-industriels_a189654.html

Tags : agriculture
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Samedi 6 Mars 2010 à 21:56 | {0} Commentaires

Un dossier paru dans "La Dépêche du Midi" du 3 mars 2010. Depuis 2007, la Révision générale des politiques publiques a modifié en profondeur la présence des services publics en milieu rural.


Les ravages de la RGPP dans le Grand Sud
La veine était profonde, irriguée. Elle irradiait jusque dans les coins les plus reculés de France amenant le facteur, dessinant le périmètre de soins, celui de la cour de l'éducation, des zones sécurité et voyageurs… Sait-on même qu'en 1907 était fondée la Fédération internationale des services publics ? Un siècle plus tard la Révision générale des politiques publiques (RGPP) a fait table rase du passé. Ses 370 mesures ont tranché dans le vif. Régions, départements et communes de France s'en sont trouvé modifiées en profondeur. Depuis 2007, des dizaines de postes, gendarmeries, gares, trésors publics, fret, maternités et blocs opératoires, écoles, tribunaux et greffes ont été rayés de la carte. En Midi-Pyrénées, la perte est plus lourde selon que l'on se trouve dans le Gers plutôt qu'en Haute-Garonne, dans les Hautes-Pyrénées plutôt qu'en Ariège. D'autant qu'il faut désormais compter avec la réforme de la carte judiciaire, qui a gommé 178 tribunaux d'instance.

La RGPP a fait des dégâts. Sa version 2 en instance d'application pourrait aggraver la donne. « Soyez fiers d'être fonctionnaires » glissait hier Nicolas Sarkozy dans un discours sur la fonction publique appelant au calme des troupes déstabilisés depuis la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite : une « casse » évaluée par les syndicats à 100 000 emplois, qui fait de l'État l'instigateur du plus gros plan social jamais mis en œuvre. Ce constat sera-t-il notifié dans le rapport sur la qualité des services publics remis aujourd'hui par le député François Cornut-Gentille au ministre Woerth ? La question n'est plus là répondent les élus. À l'instar du maire de Marmande (Lot-et-Garonne), Gérard Gouzes, beaucoup pensent qu'il est grand temps que « la résistance s'organise » et militent pour la mise en place d'un bouclier rural.

Tribunaux, gares, hôpitaux

Carte judiciaire. La réforme de la carte judiciaire a prévu la fermeture de 178 tribunaux d'instance sur 473 (fermeture effective depuis début 2010), et de 23 TGI sur 181 (au 1er janvier 2011). Plus du tiers des 201 fermetures prévues ont fait l'objet de requêtes devant le Conseil d'État.

Bureaux de poste. Selon le syndicat Sud, il reste à ce jour sur le territoire français 3600 bureaux de plein exercice et 7000 bureaux de proximité « ouverts une demi-journée ou quelques heures par semaine », contre 12000 il y a une dizaine d'années. Le réseau s'est totalement restructuré en prévision notamment de la perte de monopole du traitement des lettres de moins de 50g le 1er janvier 2011.

Fin 2002, l'État contrôlait 1600 entreprises publiques employant environ 1,1 million de salariés.

Gourdon s'est battu jusqu'au bout

La maternité de l'hôpital ? Fermée. La trésorerie ? À vendre. Le tribunal d'instance ? Oublié et transféré, depuis le 1er janvier à Cahors.

Rajoutez-y des classes qui ferment et des menaces sur la Poste et vous aurez une idée plus précise de l'angoisse des Gourdonnais quant à l'avenir de leur service public. Attaquée de toutes parts, depuis des années, la cité bouriane, près de 4 636 habitants, sous-préfecture du Lot a longtemps fait figure de maudite. C'était jusqu'à l'épisode des gares. Comme un révélateur et sous l'impulsion de l'association « Tous ensemble pour les gares de Gourdon et de Souillac », des militants ont réussi à faire plier la SNCF et à récupérer dix des quinze arrêts supprimés sur le train Paris-Toulouse.

Pendant deux ans et demi, deux fois par semaine, les militants rejoints par les élus ont occupé les quais des deux gares pour réclamer ses arrêts. Un symbole. Une fierté retrouvée.

Interview « C'est le patrimoine des pauvres »

Alain Fauconnier, sénateur-maire PS de Saint-Affrique, co-fondateur de la Coordination nationale de défense des hôpitaux de proximité.

Les menaces qui pesaient en 2007 sur les services publics se concrétisent…

Oui, on vient de perdre notre tribunal et on est très inquiets sur ce qui va se passer pour les autres services publics après les élections. La loi hospitalière qui se met en place, va nous obliger à nous remobiliser comme on l'a fait par le passé. Aujourd'hui avec Millau et Saint-Affrique, on a un hôpital dans sa globalité. Après, on peut réfléchir aux évolutions possibles, jouer des complémentarités. Pour nous dans les cinq-six ans, la priorité, c'est de conserver ces deux structures, mais ça va être très difficile...

Quel est l'impact de la perte d'un service public en milieu rural ?

La perte du tribunal, c'est la disparition d'un service essentiel ; une perte de services rendus à la population la plus fragile, la plus en difficulté, souvent précaire… Ces gens-là sont désormais contraints d'aller à Rodez, soit un déplacement d'une heure sur des routes compliquées…

Quelles réponses avez-vous face à l'argument de la nécessaire réorganisation de l'État ?

On entend la nécessaire réorganisation de l'État, mais pour quelles missions ? Si c'est pour faire une restructuration strictement comptable, on est contre, car elle signe la fin de l'égalité d'accès pour tous aux services publics… Cela va à l'envers du sens de l'Histoire ! C'est le mépris des territoires, la fin d'un modèle à la française. Le service public, c'est le patrimoine des pauvres. On est dans l'obligation du combat pour le défendre.

http://www.ladepeche.fr/article/2010/03/03/788749-Services-publics-les-50-guichets-qui-ferment.html

Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Samedi 6 Mars 2010 à 21:45 | {0} Commentaires

Nicolas Sarkozy a snobé l'inauguration du Salon de l'Agriculture. Pour Philippe Baumel, tête de liste PS en Saône-et-Loire pour les Régionales, cela montre la rupture entre la droite sarkozyste et le monde paysan. Il prône à la place la création d'un "bouclier rural".


Sarkozy a divorcé... avec les paysans , par Philippe Baumel
La droite fuit le monde agricole. Après en avoir fait l’une de ses clientèles privilégiées pendant quelques décennies, après avoir fait de plusieurs syndicalistes agricoles des ministres, la droite française semble s’être totalement coupée d’un monde qu’elle ne connaît plus et qui ne la reconnaît plus.

Au fond, ce pouvoir fasciné par l’argent, dont la soumission à l’idéologie dominante le pousse à ne considérer que la rentabilité à court terme, ce pouvoir qui est allié à la globalisation financière peut-il voir dans l’agriculture une richesse ? Pis, peut-il considérer ce secteur comme digne d’intérêt puisque n’étant pas rentable dans l’instant ?

Dérégulation totale

Nicolas Sarkozy hérite donc d’une clientèle électorale qui l’indiffère, qu’il ne comprend pas et qu’il ne pourra pas comprendre. Il a choisi d’engager avec elle un jeu de cache-cache … A mesure que l’on s’oriente vers la fin de la Politique Agricole Commune, le pouvoir camoufle de plus en plus difficilement son incapacité à penser l’avenir d’une politique qui demeure pourtant essentielle. Sa responsabilité dans la crise du lait est immense.

Face à la dérégulation totale, face à la suppression des quotas confirmée par le commissaire européen à l’agriculture, qu’a fait le gouvernement français ? Un peu de communication et puis rien : la dérégulation s’applique ! L’intégrale soumission au marché, celle qui consiste, depuis 40 ans, à considérer que l’agriculture ne peut avoir d’avenir que dans un vaste marché mondial mais qui, dans le même temps, prétend défendre la survie de nos agriculteurs, cette logique-là arrive à son terme. Elle est minée par trop de contradictions pour ne pas succomber à la pression des faits.

Peut-on, à cause d’un non choix, s’orienter vers une France qui ne compterait plus que 200 000 à 250 000 agriculteurs ? Le pari fait par la commission européenne d’une importation durable de produits agricoles à bas prix est une aberration. Qu’est-ce qui garantit à l’Europe un approvisionnement continu et sans risques sur une période pluri décennale ? Qu’est ce qui garantit, sur le long terme, la faiblesse des prix ? On le voit très vite, il y a une nécessité vitale de changer de politique agricole et d’en inventer une nouvelle…

Pour un "bouclier rural"

Repenser l’agriculture en France est donc un impératif. Une fois affirmée cette évidence, il convient de savoir quelle politique concrètement on veut mener pour les prochaines décennies. Utilisons le rendez-vous des élections régionales pour promouvoir et aider une restructuration complète des filières de production et d’achats à partir de la demande considérable en produits et denrées alimentaires que constituent, rien qu’en Bourgogne par exemple, les 35000 repas servis chaque jour dans ses 124 lycées.

Créons une centrale d’achats de proximité dans chaque région, structurant ainsi des filières courtes et constituant un revenu concret pour les agriculteurs qui répondrons à cette offre. Et si l’Etat veut vraiment aider à cette réforme, et bien qu’il y participe sincèrement par des aides non pas de compensation, mais par un soutien d’avenir à des productions consommées dans la proximité.

Voilà ce que peut être un bouclier rural plus utile à notre société que le bouclier fiscal qui ne protège que ceux qui n’ont pas besoin de l’être. L’agriculture ne doit pas être un mistigri que l’on se passe sous le manteau, mais bien un cap pour une autre société moderne au XXIème siècle, consciente de ses besoins et respectueuse de ses producteurs, tout autant que de son environnement.

Nourrir un pays, maîtriser son autosuffisance alimentaire, renforcer le lien entre production de denrées agricoles et société sont quelques clés de la politique à mener. Il le faut pour des raisons stratégiques, économiques, politiques, sanitaires et environnementales.

Philippe Baumel
http://www.marianne2.fr/Sarkozy-a-divorce-avec-les-paysans_a189625.html

Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mercredi 3 Mars 2010 à 14:21 | {0} Commentaires


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