L’Agence Régionale des Territoires d’Auvergne, en partenariat avec le Collectif Ville Campagne et la DATAR Massif Central, organisent la 3ème Université Européenne de l’accueil des nouvelles populations, les 16, 17 et 18 juin 2010, à la Grande Halle d’Auvergne.


Université Européenne de l’accueil des nouvelles populations
Cette année le thème est « Changements de société, nouvelles mobilités, construire les nouveaux territoires ». Nous attendons plus de 1000 participants parmi lesquels des élus, des chefs d’entreprise, des universitaires. 20% des participants devraient être européens et québécois. Les médias nationaux seront présents.

Nous souhaitions vous en informer. A toutes fins utiles nous vous adressons en pièce jointe la présentation de notre manifestation. Par ailleurs, vous trouverez sur notre site internet : www.accueil-populations.com, toutes les précisions concernant les intervenants, les conférences et les ateliers de cette manifestation de dimension européenne.

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Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mercredi 21 Avril 2010 à 13:42 | {0} Commentaires

La ruralité a contribué à façonner une mosaïque de cultures, qui se sont métissées, mais aussi transmises, de générations en générations. Ce concept de cultures plurielles n’est pas sans s’opposer au concept de culture globale, qui évoque une forme d’uniformisation populaire, avec, à la clé, des critères distinctifs comme l’absence de tradition, la rapidité, la satisfaction immédiate des besoins, et une certaine forme de passivité collective et individuelle.


La culture en ruralité : un socle pour un nouveau modèle de vivre ensemble
La France est le premier pays rural d’Europe, par le nombre de ses communes, le nombre de ses ruraux, mais aussi un mélange entre tradition de centralisation et de régionalisme culturel, ce qui a sans doute contribué au rayonnement culturel que la France entretien dans le monde. C’est la France qui a créé le concept « d’exception culturelle » en l’excluant des produits purement commerciaux définis par l’OMC

Le milieu rural Français s’est en même temps recomposé. Il a conservé, pour beaucoup, des activités culturelles traditionnelles fortes, voire les a remises en évidence, mais il a aussi bénéficié d’un véritable métissage, de part l’arrivée de nouvelles populations. Enfin, il défend un certain « art de vivre » fondé sur la simplicité des échanges, l’engagement associatif et citoyen, une forme de convivialité et de relation au temps et aux autres.

Dans ce mode de vie, la culture est au service de deux ambitions :
- Le « vivre ensemble »
- La visibilité du monde rural comme porteur de créativité, de talents, donc de richesses

De ce point de vue, et partir au concept de culture globale, la vie culturelle en milieu rural se pose comme une véritable « contre culture », concept qui n’a strictement rien de négatif dans la mesure où celle-ci est alimentée par la créativité locale et peut, d’une certaine manière, et tout en étant populaire, constituer une offre alternative et complémentaire que le « village global » tend à uniformiser, pour le meilleur (l’échange), mais aussi pour le pire (l’appauvrissement de la créativité).

Si l’on considère le milieu rural, à la fois dans ses caractéristiques traditionnelles, mais aussi nouvelles, la vie culturelle forme une véritable mosaïque d’expressions très différentes, qui peuvent se retrouver ainsi :

1) La culture des particularismes, traditionnelle et populaire, mais aussi la culture du « vivre ensemble »

Cette branche de la culture rurale fonde le concept de « bien vivre au pays » et associe en générale toutes les couches de la population, faisant ainsi de ce concept un ciment populaire

- La culture du « pays » d’abord, celle de la Résistance, comme en Morvan ou en Vercors comme celle des comices agricoles

- La culture des écrivains que les salons parisiens affublent souvent de l’adjectif de régionalistes et qui souvent les premiers ont plaidé la cause de la ruralité et ont rafraichi un style littéraire uniformisé

- La culture des villages, cet art de faire la fête, des bals de Pentecôte qui reviennent, des courses de cote, des tournois de belote ou de tarot, des derbys de foot entre deux villages distant de quelques kilomètres, des rendez-vous de la FNACA ou ces fanfares souvent présentes le 11 novembre ou le 8 mai, celle de l’apéro de Panis ou des chtis

2) La culture rurale revendicatrice

Cette branche de la culture des campagnes est une sorte de version rurale d’une des fonctions essentielles de la culture : mettre des mots sur le fonctionnement de la société, critiquer ou dénoncer dans une optique citoyenne et politique

- La culture de ces « fous du roi »( ou du président de conseil général ou encore du député) qui font jouer aux chaises musicales les élus et les préfets de région, ou encore qui font monter sur scène des chômeurs ou des « ptits vieux », qui organisent l’éducation populaire dans des universités des bistrots où sont invités tous les intellectuels de notre pays !

- La culture de diffusion des Festivals proposée souvent par ces maires qui veulent faire toucher du doigt les artistes que l’on ne voit que par petite lucarne interposée.

3) La culture dans sa fonction « éducation populaire et institutionnelle ».

Les territoires ruraux offrent très souvent des outils d’échanges, de formation, de créativité, soit organisée à partir des institutions locales, soit relayée par des centres culturels ou des associations culturelles militantes.

La culture de découverte de ces sociétés savantes qui font découvrir tel écrivain ou tel peintre de vrai talent, mais rayés des cadres de la « culture officielle »

La culture pour tous qu’essaient de promouvoir les nouvelles maisons de la culture que sont les parcs et les pays

La culture de la lecture et de l’écriture, au-delà des écrivains dit régionalistes cités ci dessus, et portés en particulier par les conseils généraux depuis plusieurs années (bibliobus, réseau de bibliothèques voir de médiathèques intercommunales, archives départementales…) ou par nos concitoyens qui organisent « les salons du livre » ou les journées « samedi c’est poésie, dimanche aussi ! ».

Le retard mis par l’Internet à arriver ou l’âge moyen plus élevé dans les territoires ruraux en sont peut être l’une des explications.

4) La culture rurale « néo mondialisée »

Il serait particulièrement réducteur de ne pas relier la « production culturelle rurale », la circulation des idées, les initiatives culturelles locales, sans aborder les relations qu’elle tisse avec le monde urbain et le « village global ».

La culture des « cités » que nos jeunes des campagnes maîtrisent parfaitement, Internet et face book obligent.

La culture des neos ruraux qui bien souvent intègrent la culturel locale traditionnelle pour la revisiter à la lumière d’une forme de modernité technologique.

La culture de la diversité, car les nationalités les plus diverses voire les plus improbables sont aussi à la campagne, le temps de l’échange, la connaissance de l’autre permettant, peut être ici plus qu’ailleurs, permettant d’effacer les a priori.

La culture de tous ces citadins, artistes, intellectuels, journalistes ou encore stars des médias qui s’investissent dans la commune de leurs résidences secondaires et qui inventent des « Jazz à Marciac » ou le « festival de chansons de Lormes ».

La culture de ces artistes qui vont se mettre au vert à Belle Ile en Mer, ou dans des petits villages corses pour créer et parfois partager avec les locaux un soir d’été à la terrasse d’un café

Ces cultures, en mouvement, constituent un des ciments du « vivre ensemble », tout comme un vivier extraordinaire de l’exception culturelle Française.

De notre point de vue, c’est à la République de s’engager pour garantir cette proposition de « vivre ensemble » et « de créativité plurielle ».

5) Quels éléments de réponse pour la ruralité ?

La première réponse, sur le fond, est de considérer l’apport culturel de la ruralité comme une expression enrichissante, respectable, et utile à la société française.

Trop souvent, la vie culturelle en milieu rural a été reléguée au deuxième plan des politiques d’actions culturelles, où la notion d’élitisme, sous couvert de qualité, et de structuration, sous couvert de centralisme, ont marginalisé ces formes d’actions culturelles.

La seconde réponse, sur la forme, nécessite des outils adaptés :

• Pour un volet culturel rural dans les politiques contractuelles :

Les politiques contractuelles –contrat de plan Etat/Région, contrats de pays, contrats de parc- ont souvent « oublié » la culture, sauf à considérer quelques actions très structurées portant principalement sur le patrimoine.

Même les pôles d’excellence ruraux ont superbement ignoré la culture rurale.

Il faut, au contraire, mettre au cœur des politiques contractuelles les politiques culturelles locales.

On peut ainsi penser à :
- Des contrats pluriannuels de cofinancement des manifestations culturelles rurales (d’une durée de 3 ans au moins) qui ont un impact sur le vivre ensemble et des retombées économiques locales
- Des contrats pluriannuels avec des compagnies professionnelles qui apportent, par leur savoir-faire et leur immersion locale, une valeur ajoutée culturelle et un dynamisme pour la population locale
- L’aide au fonctionnement et au développement de centres culturels ruraux, comme supports et accompagnateurs de la vie culturelle locale, centres culturels entendus comme des pôles de décentralisation de la culture et d’appuis aux initiatives locales.

• Pour l’aide au développement de la culture auprès de l’éducation nationale et du monde associatif

Le développement de la culture en milieu rural passe par une approche démocratique et intéressant le plus d’habitants possibles.

De ce point de vue, la présence d’actions culturelles en milieu scolaire est un véritable atout, mis en évidence par les classes APAC au début des années 2000, mais qui, malheureusement, ont été vidées de leur contenu par le désengagement financier de l’Etat.

Il faut donc reconstruire un programme avec des engagements financiers suffisant pour faire « redécoller » les classes APAC en milieu rural.

Le développement de la culture en milieu rural passe par des modalités de soutien à l’éducation populaire, ce qui peut passer par les centres sociaux, les foyers ruraux, ou même les professionnels de la culture directement : ateliers de création artistique en lien avec l’histoire et la vie du territoire, lien entre générations, universités du savoir et de la culture. Là encore, le soutien financier de l’Etat est primordial.

Certains Pays ont accompagné les compagnies professionnelles dans le développement « d’ateliers de pratiques artistiques ouverts à tous ». L’objectif est de donner plus de sens, et de faciliter les échanges entre les habitants, les territoires, dans une démarche culturelle.

• La contre culture rurale, comme outil de différenciation et de développement économique

La contre culture rurale a beaucoup à investir dans le « village global ». Cette forme de culture, qui revendique des particularismes tout en cherchant à les intégrer au concept de culture global, peut réussir à émerger, y compris comme porteuse de développement économique.

La culture bretonne, par exemple, a beaucoup servi l’image touristique et le développement économique régional.

En effet, le développement local, désormais, doit compter avec le concept de visibilité que la culture de l’image impose dans la bataille pour le développement économique.

Les liens que peuvent entretenir les savoir-faire culturels locaux avec la valorisation d’une marque territoriale doivent être amplifiés et soutenus dans la durée.

Valorisation des savoir-faire locaux, liens entre monde agricole ou même artisanal et la création artistique, des pistes de travail doivent être explorées pour faire émerger des produits nouveaux : la notion d’ « appellation culturelle contrôlée » pourrait définir ce concept à la fois comme porteuse de développement économique et de valorisation des talents.

• Le droit à la création en milieu rural pour une diffusion adaptée.

Dans les chefs lieux régionaux voir départementaux, les artistes créent et diffusent dans les « maisons de la culture ».

Le tissu rural doit pouvoir bénéficier de ces outils tout en les adaptant aux particularités rurales. Il s’agit d’accompagner la création de « centres culturels en réseau ». Se sont des lieux d’implantation différents, qui maillent le territoire, réunis autour d’une seule structure de coopération pour une animation en réseau. Ce réseau doit permettre de développer :

- un pôle de création artistique et de diffusion de la culture patrimoniale et contemporaine, porté par plusieurs structures (partenariat public/privée), implantée sur un même territoire.
- une plate-forme de rencontre et de création culturelle, qui tout en donnant valorisant les formes de culture locales, suscite l’émergence de pratiques nouvelles.
- un pôle de rayonnement et d’échanges culturels nationaux et internationaux.

• Les écoles d’enseignements artistiques

Les écoles d’enseignement artistique aident les territoires et les compagnies professionnelles à construire des projets qui mettent en jeu une pratique musicale, chorégraphique ou théâtrale d’amateurs.

Leur intervention durable dans le milieu scolaire (primaires, collèges et lycées) doit devenir systématique et doit être soutenue par l’Etat.

L’accès au cours de musique, de théâtre, de chant,…. s’il n’est pas organisé avec l’éducation nationale reste inaccessible financièrement et géographiquement pour les jeunes habitants des campagnes. Là encore, l’égalité républicaine n’est pas respectée.

Tags : Bazin culture
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mercredi 14 Avril 2010 à 18:27 | {0} Commentaires

Une jurisprudence qui intéressera les maires ruraux


En ZRR, les enfants de moins de 3 ans doivent être comptabilisés
Selon l’article L.113-1 du code de l’éducation, la scolarisation des enfants en maternelle n’est obligatoire qu’à partir de 3 ans. Mais ce même texte précise que l’accueil des enfants de 2 ans est étendu en priorité dans les écoles situées dans un environnement social défavorisé, que ce soit dans les zones urbaines, rurales ou de montagne et dans les régions d’outre-mer. Une décision de justice récente pourrait faire jurisprudence…

Suite à la suppression d’un poste d’enseignant dans l’école maternelle de Luz-Saint-Sauveur, dans les Hautes-Pyrénées, en 2008, la commune, assistée par l’association Ecole & Territoire, a saisi le tribunal administratif de Pau aux fins d’annulation de l’arrêté de l’inspecteur d’académie des Hautes-Pyrénées.

Le 5 mai 2009, le tribunal de Pau a rejeté la demande de la commune qui a fait appel. Dans son arrêt du 9 février dernier, la cour administrative d’appel de Bordeaux a annulé le jugement du tribunal administratif de Pau en considérant que cette école maternelle, implantée dans une commune classée en zone de revitalisation rurale (ZRR), devait être regardée comme située dans un environnement social défavorisé au sens de l’article L.113-1 du code de l’éducation.

Cela signifie concrètement que la scolarisation des enfants de moins de 3 ans, dans les communes situées en ZRR, doit être assurée en priorité. A signaler également que ces enfants, entre 2 et 3 ans, devront dorénavant être pris en compte dans le calcul prévisionnel des effectifs des écoles maternelles.

http://www.anem.org/fr/plm/plm_203/203_3a.php

Tags : école
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mercredi 14 Avril 2010 à 18:17 | {0} Commentaires

Michel Mercier, ministre de l'Espace rural et de l'Aménagement du territoire, organise la suite des assises des territoires ruraux.


Comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire en mai
La Comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire (Ciadt) se tiendra "le mois prochain", a déclaré Michel Mercier, mercredi 7 avril, en conclusion de l'Assemblée générale des parcs naturels régionaux. Le Ciadt sera l'occasion de mettre en musique les propositions des Assises des territoires ruraux qui se sont achevées en février dernier après trois mois de débats. Le ministre de l'Espace rural et de l'Aménagement du territoire a rappelé que 80.000 personnes avaient participé à cet événement. Il a expliqué vouloir faire du Réseau rural français mis en place depuis deux ans un "outil le plus opérationnel qui soit" au service des territoires. "Je voudrais en faire un instrument largement ouvert à destination des acteurs du monde rural pour mettre en œuvre les mesures des assises", a-t-il déclaré. Le ministre a également demandé à la Fédération des parcs naturels régionaux de lui remettre ses propositions le plus vite possible sur les circuits courts. A la demande du ministère de l'Agriculture, les parcs ont en effet été chargés de chercher des solutions innovantes au titre de leur mission d'expérimentation. La plupart des 46 parcs ont en effet pris des mesures pour promouvoir les "produits du terroir" par la vente directe auprès des particuliers, des gîtes, restaurants ou cantines scolaires.

Enfin, la Conférence de la ruralité sera renouvelée pour permettre cet automne de dresser un bilan du plan en faveur des territoires ruraux, six mois après la tenue du Ciadt. Instituée par la loi sur le développement des territoires ruraux de 2005, cette conférence est composée de représentants de l'Etat, des collectivités territoriales, des entreprises publiques et des représentants des secteurs économiques, associatifs et familiaux du milieu rural.

Le ministre a appelé les parcs à s'impliquer davantage dans les pôles d'excellence rurale. "Avec votre capacité d'ingénierie, vous pouvez jouer un grand rôle", a-t-il lancé. Michel Mercier a enfin répondu aux inquiétudes des parcs quant à la réforme des collectivités : montée en puissance des intercommunalités et risque d'empiètement sur leurs propres compétences, question du financement sachant que, aujourd'hui, si les parcs sont de la compétence régionale, les départements sont d'importants contributeurs… "Il n'y a pas de motif d'inquiétude pour les parcs, a-t-il assuré. Avec les conseillers territoriaux, ce sont les mêmes élus qui, désormais, géreront les dossiers, les territoires du parc seront ainsi mieux représentés dans les conseils régionaux." Quant à la question des compétences : "Soit la loi donne une compétence légale au département ou à la région, soit elle ne dit rien : le droit d'initiative de la collectivité est alors mis en œuvre au titre de l'article 35 du projet de loi", a encore expliqué le ministre.

M.T.
publié le 07 avril 2010
http://www.localtis.info/cs/ContentServer?c=artVeille&pagename=Localtis%2FartVeille%2FartVeille&cid=1250259709535

Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Jeudi 8 Avril 2010 à 14:06 | {0} Commentaires
Carnets de campagne sur le bouclier rural
L'émission de Philippe Bertrand de ce 7 avril 2010 :



Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mercredi 7 Avril 2010 à 14:32 | {0} Commentaires

L'association internationale Ruralité-Environnement-Développement vient de publier une brochure reprenant les contributions à un colloque sur cette question.


Urbanisme, services et mobilité en milieu rural : un espace-temps à réinventer
Le visage de la ruralité est aujourd’hui profondément transformé. Les fonctions des zones rurales et les besoins des populations qui les habitent ont fortement évolué. De multiples activités d’artisanat et de services sont venues s’intégrer aux côtés de l’agriculture au sein de l’économie rurale. Les néo-ruraux côtoient les natifs et les résidents secondaires. Ces modifications socioéconomiques ont entraîné un changement dans les besoins et les attentes des populations rurales.

Paradoxalement, alors que la démographie des villages est souvent dans une dynamique de croissance, l’offre de services dans les campagnes est en déclin depuis plusieurs décennies. Notre société doit faire face à de multiples défis, plus complexes les uns que les autres que ce soit la hausse du coût de l’énergie, les défis climatiques et environnementaux, les crises financières et économiques, les exclusions sociales... Grâce à ses caractéristiques propres, le monde rural peut trouver un nouveau souffle dans ces défis en s’inscrivant comme un des acteurs essentiels des solutions à apporter à ces problématiques.

Quelles réponses les zones rurales peuvent-elles proposer en matière d’urbanisme durable ? Comment concrétiser une politique des services publics qui tienne compte de la cohésion territoriale autant que des exigences financières ? Comment repenser la mobilité dans les zones rurales en s’inscrivant dans des logiques territoriales et environnementales en phase avec les accords internationaux ?

C’est à l’ensemble de ces questions qu’est consacrée la brochure : « Urbanisme, services et mobilité en milieu rural : un espace-temps à réinventer » coéditée par la Maison de l’urbanisme Lorraine- Ardenne et l’association internationale Ruralité-Environnement-Développement . La brochure s’articule en trois sections : Réinventer l’urbanisme, Réinventer les services et Réinventer la mobilité. Cette publication est basée sur les interventions de la dixième conférence interrégionale coorganisée par les deux associations en novembre 2009. La brochure présente des solutions issues de Lorraine (F), de Rhénanie-Palatinat (D), du Grand-Duché de Luxembourg et de la Région Wallonne (B) qui allient créativité et innovation en réponse aux problématiques majeures de la vie rurale contemporaine que sont un urbanisme inadapté, le déclin de l’offre de services et les carences en matière de mobilité.

Cette brochure est disponible sur demande auprès de la Maison de l’urbanisme Lorraine-Ardenne et de l’association internationale R.E.D. (6 € pour la Belgique et 8 € pour l’étranger, frais de port inclus).

Pour vous procurer la brochure : http://www.ardenneweb.eu/reportages/2010/la_ruralite_se_reinvente

Le site de l'association internationale Ruralité-Environnement-Développement : http://www.ruraleurope.org/

Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mardi 6 Avril 2010 à 13:54 | {0} Commentaires

L'émission de Philippe Bertrand sur France Inter s'arrête sur le bouclier rural...


Mes carnets de campagne honore le bouclier rural
Le ras le bol de la rase campagne
Vous savez ce qu'elle vous dit la France d'en-bas, du dépeuplement du désœuvrement?
Le dialogue pourrait être fourni à l'aune des débats qui agitent le sempiternel chemin des vaches. La même interrogation pointe ses cornes au croisement des départementales: comment rendre attractifs ces territoires avec le peu d 'argent en réserve des collectivités? Plusieurs réponses ont été données: mutualiser les services et moyens des communes et des communautés. Les EPCI, comme on ne les appelle pas plus clairement, doivent répondre à cette force globale qui réunit les communes d'un pays sous un même ordre d'actions et de solutions partagées. Seulement au sein des communautés de communes, les plus petites collectivités réclament un droit de parole et de décision qui leur est retiré au profit des villes. On n'a jamais vu un grand se sentir lésé par un plus petit. Il faut restaurer le dialogue ville-campagne disent d'autres observateurs du petit poucet rural. Admettons même si le dialogue nous semble plus aisé entre l'urbain et le péri-urbain. Bref le village est difficilement invitable à la table des négociations sinon, éventuellement, pour prendre des notes. Une autre solution plus radicale et sous-entendue par la réforme des collectivités est d'alléger le corpus des petits élus qui s'étendent en travers de la grande route du développement. Scandale! répond l'association des maires ruraux de France. Ce discours laisse entendre aux français moyens que nous sommes tous, que le mille feuille administratif hexagonal est le produit des 550 000 fonctionnaires qui nous ponctionnent les réserves. Par chance plus de 400 000 d'entre eux sont des élus bénévoles. Ouf. Je résume: où en sommes-nous à l'heure actuelle? Une commune de moins de 500 habitants, c'est-à-dire une majeure partie des 36 600 communes de France, n'a plus besoin de représentants locaux puisque le bureau de la communauté de communes prend tout en charge et ce sont les principales villes de ces communautés qui conservent l'essentiel des services dont la population rurale a besoin. Rien n'interdit aux réservistes du terroir de prétendre à l'ouverture d'un gîte ou d'une chambre d'hôtes en rase campagne.

Certains décident de prendre le taureau par les cornes (on a l'image qu'on mérite) et parmi eux, Fabien Bazin, maire de la commune de Lormes dans la Nièvre et conseiller général. Le coup d'épée de Fabien s'appelle "le bouclier rural" et appelle à abroger la version fiscale qui émeut jusqu'au patrimoine des élus UMP. Ce bel entonnoir à fric pourrait être remplacé par un grand programme de revitalisation de la ruralité aux abois. Pour l'instant c'est bien le bouclier fiscal qui ébranle la majorité sans parler des levées de boucliers de l'opposition. Disons que cette démonstration est de bonne guerre. Le seul perdant est le rural. Arrivé à ce point de non-retour et pour secouer définitivement les auréoles de la république endormie, le programme du bouclier cette fois rural tape fort: créer des zones rurales franches au même titre que les homologues urbaines et ainsi défiscaliser les entreprises qui chercheraient à se mettre au vert, imposer une durée maximale d'accès aux services de santé, du Trésor Public, aux services bancaires, postaux ou éducatifs, sans laquelle le programme est inconcevable, soit une distance maxi de 20 kilomètres ou encore inciter à la préservation de ses services telles une prime aux médecins isolés. Il ne s'agit dans cet énoncé que de quelques propositions dont l'ensemble est détaillé sur le forum du programme. En attendant le programme est salué par la presse nationale, adopté par Martine Aubry et bientôt débattu en proposition de loi à l'Assemblée. Une belle secousse en perspective !

http://mescarnetsdecampagne.over-blog.com/article-le-ras-le-bol-de-la-rase-campagne-48062220.html

Tags : Bazin
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mardi 6 Avril 2010 à 08:44 | {0} Commentaires

Depuis l'été 2009 l'idée d'un bouclier rural défendue par Fabien Bazin, élu du Morvan, de la Nièvre et de Bourgogne, fait son chemin. Les dernières élections régionales ont révélé un fossé entre les élites parisiennes et les aspirations d'une majorité de concitoyens qui ne vivent pas dans les grandes villes. Fabien Bazin livre ses réflexions.


Ecole, agriculture, gestion des territoires : Le bouclier rural s’étend
La ruralité, laboratoire d'une nouvelle école

Le bouclier rural c'est aussi une contribution pour repenser notre système scolaire et en particulier l’école maternelle, primaire et le collège.

Nous proposons de généraliser les « ZEP rurales » c'est à dire les « aires rurales d'éducation concertée » (AREC). Il s’agit essentiellement de mettre en acte les liens nécessaires entre parents, enseignants et élus locaux tout en permettant, avec l'accord et la participation de l'Education nationale, de proposer de nouvelles orientations en matière de compréhension et de participation à la vie de l'école et du collège. D'abord avec des classes à taille humaine (25 élèves maximum), des temps de transports scolaires compatibles avec le rythme de vie des enfants et en particulier des plus petits et l'encouragement à la scolarisation des deux ans parce que la très petite section de maternelle est le premier lieu de socialisation et qu'en campagne elle n'est pas pensé et vécue comme une garderie.

Ces aires rurales d'éducation concertée rassembleraient plusieurs cantons (bassins d'éducation) pour construire collectivement un projet concerté de cette zone : activités culturelles et sportives, découverte du collège, soutien au projet spécifique de chaque bassin, expérimentation pédagogique, réflexion permanente sur le soutien scolaire, discussion avec les collectivités concernées... Chaque bassin serait animé par un enseignant bénéficiant de deux jours de décharge et en charge de la coordination pour lutter contre l'isolement des instituteurs et des familles tout en permettant un échange permanent avec les représentants des collectivités.

Au delà de cette nouvelle organisation, les AREC pourraient proposer un nouveau protocole d'accueil des parents et des enfants pour réussir enfin le passage de la famille à l'école avec la mise en œuvre de "maisons des petits à l'école" pour les 2-4 ans (espace autre que celui de la classe pour découvrir et lieu d'échange et de co-réflexion pour les parents et les enseignants. La création d' « ateliers de philosophie » (séquence d'une dizaine de minutes par semaine) de la moyenne section à la seconde parce que pour être sensible à la parole des adultes les enfants ont besoin de découvrir qu’ils sont capables, eux aussi, de produire une pensée par eux mêmes, contribuerait à repenser l'école comme outils de formation de la conscience citoyenne. Enfin, la généralisation de groupes de « soutien au soutien » apporterait aux instituteurs ce lieu d'échange et de lutte contre l'isolement pour partager expériences, doutes et projets.

Ces propositions issues d'expériences locales et du travail de Jacques Levine existent aujourd’hui dans notre pays. Leur généralisation serait une réponse innovante à la crise de l'éducation si souvent dénoncée mais rarement traitée sous cet angle. La ruralité peut être le laboratoire de cette " nouvelle école" simplement parce qu'à la campagne les liens entre les intervenants préexistent, parce que les mobilisations contre les fermetures de classe ont poussé enseignants, parents et élus locaux certes à la protestation mais aussi à l'imagination.

Agriculteurs, acteurs majeurs de la ruralité

Les agriculteurs sont emblématiques de la campagne. Là encore il faut rompre l'image caricaturale du modèle unique du paysan. Si certains d'entre eux vivent bien, l'immense majorité connait une crise sans précédent : crise des revenus bien sur mais aussi crise morale grave et douloureuse.

Lâchée par l'Etat, la profession s'est pourtant considérablement modifiée au cours de ces 50 dernières années. Formés sur les nouvelles énergies (la plupart des agriculteurs sont aujourd’hui des techniciens supérieurs), ouverts à l'innovation, les circuits courts, la diversification, l'importance de l'entretien des paysages, l'adaptation sans cesse aux nouveaux dispositifs administratifs et aux nouvelles techniques (mécanisation et informatisation en particulier) ils souhaitent légitiment apporter leur pierre à la construction d'une ruralité moderne, respectueuse des hommes et des femmes qui y vivent et des territoires qu'ils font vivre.

Il est donc indispensable de faire reconnaitre par l'Union européenne et l'Etat, la spécificité des territoires ruraux qui pratiquent une agriculture extensive et de plus en plus orientée vers les "produits fermiers" ou le bio. À ce titre, le retour à une politique de "contrats" inscrite dans la durée, à rebours des dispositifs de soutien mis en œuvre ces dernières années et qui ont largement démontré leurs limites, apparait indispensable.

Agir pour généraliser, avec les collectivités locales et le soutien de l'Etat (ministères de l'agriculture, de la santé et l'espace rural), des plateformes de restauration collective, alimentées par des circuits courts (du pré à l'assiette) et pour servir les lycées, collèges, écoles et maisons de retraite.

Des outils de gestion des territoires à transformer en outils d'animation et de participation

Le débat sur la réforme des collectivités locales n'a pas permis de dégager un consensus républicain, a fortiori dans les départements les plus ruraux, parce que la réforme n'a été pensé que du simple point de vue comptable (transfert de charges non compensés, financements croisés, démission de la puissance publique locale et même « coût » des élus locaux !). Pour nous, représentants des territoires ruraux, l'enjeu est tout autre : il nous faut collectivement inventer l'animation des territoires du 21e siècle.

Certes le financement des projets, en particulier en période de crise, est aujourd’hui problématique et réclame des efforts d'imagination, mais notre priorité, parce que nous avons le devoir de promouvoir et de développer ce nouveau modèle de "vivre ensemble", est de répondre à l'attente forte de nos concitoyens en terme de coproduction des choix et de codécision sur les sujets quotidiens.

La généralisation et le financement pérenne de lieux d'échanges et de débats à l'échelle des cantons notamment et animés par des professionnels du développement local qui viendraient en appui d'associations de citoyens apparait indispensable. La capacité des territoires à dialoguer entre eux s'en trouverait renforcée; les citoyens, formés peu à peu, disposeraient d'outils pertinents de compréhension des contraintes et des propositions comme d'évaluation des politiques publiques de proximité.

Dans le champ du « vivre ensemble » et du soutien à la citoyenneté et à l'éducation populaire, les centres sociaux, entendus comme participants de l'innovation sociale, du "faire compagnie" méritent une attention particulière. Dépositaires de l'animation sociale et de la construction de la part social du projet de territoire (feuille de route partagée pour 3 ou 5 ans par les habitants), ils devraient aussi bénéficier de moyens spécifiques pour gérer les réseaux d'aides ménagères (souvent nouvelles "factrices" de la ruralité et en première ligne pour lutter contre l'isolement) et pour contribuer à la professionnalisation et à la revalorisation du rôle de ces faiseuses de lien social, essentielles pour construire une société plus respectueuse de ses Anciens. Ils sont aussi organisateurs et inventeurs de l'offre de loisirs, d'accès aux cultures et aux sports pour les jeunes et premiers acteurs de la prévention contre l'incivilité. La professionnalisation des centres sociaux (fonctionnement, statut juridique, pilotage) apparait à ces différents titres totalement indispensables.

L'intercommunalité quant à elle doit bien évidemment évoluer, dans le mode de désignation (suffrage universel direct) et sur ses périmètres sans toutefois se transformer en « agglomération rurale ». Là encore ce sont les collaborations concrètes entre les territoires, les effets positifs de la mutualisation (comme pour les ordures ménagères, la gestion commune des appels d'offres pour la voierie, le contrôle de l'assainissement non collectif, le bassin réel d'emplois...) qui doivent fonder le socle de la discussion autour de ces nouveaux périmètres. Un effet induit de cette modification de la carte communale en ruralité, pourrait être paradoxalement la revalorisation du rôle et de la fonction des communes et en particulier des chefs lieux de canton.

Tout aussi indispensable en zone rurale, les parcs naturels régionaux et les pays, parce qu’ils sont fondés sur la délibération collective et le contrat sont des outils de la ruralité moderne. Les pays, en gérant au plus prés des besoins une enveloppe contractualisée avec l'Etat, la Région et le Département sont un laboratoire d'expérimentation des choix collectifs et un lieu d'imagination pour mieux dupliquer les innovations des territoires et ainsi contribuer à "spécialiser" à différencier les campagnes des zones plus urbaines. Ce sont aussi de forts leviers de modernité (les pays 2.0) et un bouclier face au déménagement de l'Etat (contrats de services publics ou même soutien pour l'acquisition de mallette RASED!) Les parcs régionaux, quant à eux représentent une ressource formidable en termes de conseils, d'animation et d'organisation du débat public sur les grands sujets de société (environnement, eau, forêt, culture...). Les équipes techniques disposent en effet d'une formation et d'une expertise qui font des parcs un exemple concret de services publics modernes.

Ils sont, par ailleurs, contributeurs à la réflexion sur la création d'un fonds de péréquation environnemental abondé par les territoires les plus "carbonés" et bénéficiant aux espaces ruraux les plus vertueux. Ils appellent à la vigilance de tous, citoyens comme représentants locaux sur les enjeux de la préservation de la bio diversité et d'un développement éco-responsable.

Fabien Bazin
Maire de Lormes
Conseiller général de la Nièvre

http://www.creusot-infos.com/article.php?sid=18506&thold=0

Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Dimanche 4 Avril 2010 à 12:21 | {0} Commentaires

Dans le cadre de son rôle de représentation des retraités et personnes âgées, les "Aînés Ruraux" - Fédération nationale, interlocuteurs reconnus par les Pouvoirs publics et porte-paroles des habitants du monde rural, lancent une enquête de fond sur la ruralité.


Les
Pour le mouvement des "Aînés ruraux" fortement implanté dans les départements, avec un maillage territorial très dense en milieu rural, la ruralité, réalité quotidienne, est forte de sens.

Les objectifs principaux de cette enquête nationale sont de cerner avec exactitude les difficultés rencontrées par les personnes vivant en milieu rural, de dresser un bilan des besoins non satisfaits et d’être force de propositions.
Elle aborde les thématiques suivantes :
• les prestations des services publics (poste, pompiers, enseignements…) et services municipaux (mairie, aide à la personne, ramassage des ordures...),
• l’accessibilité, la mobilité et les transports,
• la santé et la perte d’autonomie (soins médicaux et sociaux, aides financières…),
• le logement,
• la communication et les media,
• les commerces et services de proximité (artisans, services administratifs, services bancaires…),
• les loisirs et les vacances.

Lancée le 18 mars 2010 sur l’ensemble du territoire par le biais des 85 fédérations départementales des Aînés Ruraux, l’enquête est également disponible sur le site Internet de la Fédération nationale pour une réponse en ligne.
Après le 18 mai, date limite de réponse, une commission de travail dépouillera et analysera les réponses. Deux étudiants chercheurs en sociologie, spécialisés sur la problématique des personnes âgées, notamment, composent cette commission.

Un livre blanc (résultats de l’enquête, analyse,propositions) sera remis aux pouvoirs publics et aux décideurs afin d’attirer leur attention sur les difficultés rencontrées au quotidien par les personnes vivant en milieu rural.

Pour accéder à l’enquête. (temps disponible nécessaire pour répondre : 20 minutes)

Contact:
Delphine Guillaume – 01 44 56 72 48 – dguillaume@ainesruraux.org

Les Aînés Ruraux - Fédération nationale
Les Aînés Ruraux constituent le premier réseau associatif de retraités et personnes âgées en France. Ils rassemblent 720 000 membres regroupés dans 9 000 clubs.
Présents sur l’ensemble du territoire, les Aînés Ruraux oeuvrent au quotidien pour redonner aux retraités et aux personnes âgées leur place dans la société et pour permettre aux différentes générations de « mieux vivre ensemble ».


http://www.agevillage.com/actualite-4662-1-societe-territoire-vieillissement-enquete-aine-ruaux-rualite-service-transport-sante.html

Tags : sénior
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Dimanche 4 Avril 2010 à 12:12 | {0} Commentaires

Extrait du Journal de Saône-et-Loire le 16 mars 2010


Le bouclier rural en Bourgogne

Tags : Baumel Bourgogne
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Dimanche 4 Avril 2010 à 12:05 | {0} Commentaires






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