Lors des questions d'actualité du mardi 18 mai à l'Assemblée nationale, le député socialiste de l'Indre, Jean-Paul Chanteguet, a repris dans sa question à Michel Mercier les arguments en faveur d'un bouclier rural.


Question au gouvernement sur le contenu du CIADT
Question : Jean-Paul Chanteguet, député de l'Indre.

Monsieur le ministre de l'espace rural et du développement du territoire, alors que la France rurale doute et s’inquiète car elle est confrontée au désengagement de l’État dans les campagnes au travers de la réorganisation de la carte militaire et judiciaire, de la restructuration et de la fusion de ses services, de la fermeture de bureaux de poste, ainsi que du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, vous avez réuni la semaine dernière, dans la plus grande discrétion, un CIADT qui ne dura pas plus de quarante-cinq minutes.

Un CIADT dont les décisions ne permettront pas d’inscrire dans les faits la révolution rurale promise par Nicolas Sarkozy dans le Loir-et-Cher, à la veille des élections régionales. Ne déclarait-il pas vouloir inventer l’avenir du monde rural et créer une véritable nouvelle économie ?

Un catalogue de mesures déjà promises par les différents ministères, financées sans déblocage de crédits supplémentaires mais uniquement par des redéploiements et le grand emprunt, sous forme de prêts, fut annoncé.

Alors que plus de 11 millions de Français vivent à la campagne et que plusieurs millions de citadins y ont un projet de vie, la politique de la ruralité ne peut se réduire à un soutien à quelques pôles de compétitivité ruraux ou à une contribution au financement des maisons médicales, que les collectivités, conscientes de leur responsabilité, portent déjà, ou encore à une proposition dont chacun pourra mesurer le caractère innovant et structurant visant à mettre en place une chaîne de commercialisation des produits de la chasse.

Monsieur le ministre, ni vous, ni le Président de la République n’avez pris la mesure du sentiment d’abandon et de déshérence de ces populations, dont le malaise est aujourd’hui renforcé par la crise agricole et la chute des revenus. Le moment n’est-il pas venu d’instaurer un véritable bouclier rural, nouveau droit opposable et garant de l’égalité des hommes et des territoires ?


Réponse : Michel Mercier, ministre de l'espace rural et de l'aménagement du territoire.

Monsieur Chanteguet, votre présentation du CIADT est un peu caricaturale.

Il y a une semaine, sous la présidence de M. le Premier ministre, le CIADT s’est réuni et il a arrêté une quarantaine de mesures en faveur des territoires ruraux. Ce ne sont pas des mesurettes. En effet, 5 milliards d’euros ont été mis sur la table – moitié pour des dépenses d’investissement d’avenir à travers le grand emprunt et moitié par des redéfinitions d’utilisation de crédits.

Il y a là des mesures attendues et demandées par les populations. Ce sont les remontées des assises des territoires ruraux qui ont fait l’objet des mesures arrêtées et subventionnées.

D’abord, l’accès aux nouvelles technologies : il n’y aura plus de zones blanches, fin 2010, dans les territoires ruraux. Les territoires ruraux auront accès au haut débit et le très haut débit sera lancé, financé au titre des dépenses d’avenir.

Ensuite, l’accès aux services publics, aux maisons de santé pluridisciplinaires sera financé à la fois par le ministère de la santé et par le ministère d’aménagement du territoire.

C’est enfin la refonte de la charte d’accès aux services publics.

Vous pouvez constater, monsieur Chanteguet, qu’il s’agit de mesures concrètes, réelles. C’est le signe tangible pour les territoires ruraux de notre souci de leur assurer toute la vie nécessaire.

http://deputes.lessocialistes.fr/actualite/contenu-du-ciadt

Tags : CIADT Mercier PS
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Dimanche 23 Mai 2010 à 13:42 | {0} Commentaires

René Souchon, président du conseil régional d'Auvergne, fait le bilan du CIADT et soutient le bouclier rural.


Avenir des territoires ruraux, encore un an de perdu !
La semaine dernière, le gouvernement a annoncé une quarantaine de mesures pour les territoires ruraux, portant notamment sur la couverture numérique des territoires, les transports, le développement économique, l’accès aux soins et les services publics.

Pour les habitants de cette France des campagnes et des petites villes, pour les porteurs de projets (élus, entrepreneurs, associations) animés d’un formidable désir de vie, bouillonnant d’idées et soucieux de faire partager l’enthousiasme que chacun met, quotidiennement, à bâtir l’avenir, les annonces laissent un goût amer et un fort sentiment d’inachevé. Je ne peux m’empêcher de constater encore une fois que la montagne de discours accouche de petites souris en terme d’actes concrets.

5 milliards sont prévus. Encore une fois cela ne coûte rien de le dire, d’autant que la même semaine le Premier Ministre a annoncé 6 milliards en moins de dépenses sociales de l’Etat ! En outre, ces crédits sont tributaires pour moitié du grand emprunt, lequel n’est pas encore lancé, tandis que l’autre moitié sera redéployée à budget constant. D’ores et déjà il y a fort à penser que l’on va déshabiller Pierre pour habiller Paul et ce faisant, en abandonnant certains projets, comme par exemple en Auvergne la délabellisation du pôle de compétitivité « Innoviandes », on va en financer d’autres !

D’autre part, les mesures en faveur du transport ferroviaire ou des maisons de santé par exemple seraient accueillies avec plus d’espoir si l’Etat ne se bornait pas à faire exactement le contraire de ce qu’il dit. Récemment encore, j’alertais la Ministre de la Santé sur les menaces qui pèsent sur les services de chirurgie des petits hôpitaux publics comme celui de Brioude [lettre à Roselyne Bachelot] et dans la même veine alors que la Région s’échine à sauver le réseau ferré depuis 4 ans, de nouvelles menaces pèsent sur la ligne du Cévenol (Clermont –Nîmes) !

Pour répondre aux défis qui se posent à la ruralité du XXIème siècle, et face à la déshérence organisée des territoires menée par un Etat qui érige en dogme intouchable et sacré le « bouclier fiscal » ; la gauche, dans son projet pour l’alternance, et d’ores et déjà dans sa pratique quotidienne des responsabilités au sein des régions et des départements met en œuvre un véritable « bouclier rural » face au nouveau « désert français » que prépare la droite.

Un bouclier fondé sur une économie locale durable et notamment via une agriculture réorientée, source de revenus pour les exploitants, un bouclier qui accompagne les territoires dans leurs projets de développement, un bouclier appuyé sur un niveau plancher de services à la population notamment en mettant en avant les nouvelles technologies ; un bouclier rural pour une nouvelle politique d’aménagement du territoire, c’est ce que je défends pour l’Auvergne et dans le cadre de mes nouvelles missions au sein de l’Association des Régions de France, pour une politique de la ruralité solidaire et juste.

René Souchon
http://www.renesouchonblog.com/article-avenir-des-territoires-ruraux-encore-un-an-de-perdu-50752197.html

Tags : CIADT Souchon
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Jeudi 20 Mai 2010 à 17:05 | {0} Commentaires

Plan d'actions pour les territoires ruraux et nouveaux pôles de compétitivité étaient à l'ordre du jour du comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire du 11 mai.


Territoires ruraux : un plan à cinq milliards d'euros
Il n'y avait pas eu de comité interministériel exclusivement consacré à l'aménagement du territoire depuis 2006. Celui de 2007 s'intéressait aux pôles de compétitivité et celui de 2009 au plan de relance… Le "comité interministériel d'aménagement et de développement des territoires" (Ciadt), réuni sous la présidence de François Fillon, le 11 mai, était donc censé marquer un grand retour, dans la foulée des Assises des territoires ruraux. Après la parenthèse de la Diact, le retour de la Datar en décembre dernier donnait le ton de cette réconciliation dans le contexte de regain démographique des campagnes. Suffisant pour faire taire les inquiétudes sur un "déménagement du territoire" manifestées lors des dernières réformes - carte judiciaire, militaire, hospitalière, etc. ? Voir. Car le gouvernement est obligé de se serrer la ceinture pour les trois ans qui viennent. De fait, les 40 mesures présentées par le Premier ministre et préparées par les soins de Michel Mercier, le ministère de l'Espace rural et de l'Aménagement du territoire, ressemblent davantage à un catalogue d'engagements pris ça et là qu'à un plan d'envergure. Ce qui explique sans doute le peu de publicité fait autour de cet événement dont la date n'a été connue qu'au dernier moment. Ainsi, les 5 milliards d'euros mis sur la table seront "financés pour moitié par redéploiement de crédits et pour moitié par l'emprunt national" (en particulier pour le déploiement du très haut débit) et n'impliqueront pas de dépenses nouvelles. Le plan s'inspire des résultats des Assises auxquelles ont participé plus de 80.000 personnes et dévoilés par Nicolas Sarkozy dans son discours de Morée (Loir-et-Cher) il y a trois mois. Il s'articule autour de quatre grandes priorités : l'accessibilité, le développement économique, les services à la population et la gouvernance.

250 maisons de santé

Conscient que "la question de l'accès aux soins apparaît comme la première attente des habitants des territoires ruraux", le Premier ministre a annoncé deux mesures importantes sur ce point. Tout d'abord, l'Etat va financer - aux côtés des collectivités territoriales - 250 maisons de santé pluridisciplinaires. Une enveloppe de 2,5 millions d'euros par an permettra d'apporter une aide "à l'ingénierie et au fonctionnement", à hauteur d'un montant maximal de 50.000 euros par maison. En matière d'investissement, le financement de l'Etat pourra varier, selon les territoires, entre 25% et 35% du coût total. Les agences régionales de santé (ARS) seront chargées de mettre sur pied un comité de sélection, qui regroupera les préfets, le conseil régional, les départements et les représentants des professionnels. En dépit de quelques difficultés (voir notre article ci-contre du 20 janvier 2010), les maisons de santé pluridisciplinaires sont en passe de s'imposer comme l'une des réponses les plus efficaces à la lutte contre les déserts médicaux. Rassemblant dans un même lieu médecins et paramédicaux, elles permettent à la fois de proposer une offre diversifiée, de favoriser une prise en charge globale et de lutter contre l'isolement des professionnels de santé libéraux dans les zones rurales.
La seconde mesure décidée par François Fillon concerne la mise en œuvre de 400 "contrats d'engagements de service public", sur la période 2010-2012. Ces contrats consistent en l'attribution d'une bourse de 1.200 euros par mois aux étudiants en médecine s'engageant, en contrepartie, à exercer en zone fragile pour une durée équivalente à celle de leurs études ainsi financées. Ces contrats seront articulés avec la mise en place des maisons de santé pluridisciplinaire, puisque ces dernières pourront comporter un logement privatif destiné aux médecins stagiaires. De même, un guichet unique sera mis en place à l'initiative des ARS, afin de faciliter les démarches d'installation des jeunes médecins et des autres professionnels de santé. Le dossier de présentation du Ciadt ne précise pas comment les bourses mises en places par l'Etat se combineront - ou non - avec celles financées par les collectivités territoriales, déjà mises en œuvre ou en voie de l'être dans plusieurs départements (voir notre article ci-contre du 13 avril 2010).

Le plan reprend l'idée chère à Michel Mercier d'assurer un socle de services essentiels à la population. Un protocole d'accord sera signé en 2010 entre l'Etat et les grands opérateurs de services publics avec une dotation annuelle de 5 millions d'euros sur trois pris sur le FNADT. Il sera décliné dans chaque région et permettra d'expérimenter en lien avec les collectivités de nouveaux services comme l'achat de billets TER dans les bureaux de poste, les visioguichets partagés (assurance-maladie, caisse d'allocations familiales, Pôle emploi)…

Très haut débit

La couverture haut débit et téléphonie est l'autre gros enjeu qui attend les territoires ruraux. Entamée en 2003, la résorption des zones blanches en téléphonie mobile sera achevée fin 2011 avec la couverture des centres bourgs de toutes les communes rurales. La Datar a été chargée d'identifier au plus tard à la mi-2010 les dernières communes dont la couverture est inexistante. L'Arcep va établir avec les opérateurs une feuille de route pour couvrir d'ici à 2013 l'ensemble des zones grises (c'est-à-dire les zones non couvertes par tous les opérateurs). S'agissant du très haut débit, deux milliards d'euros du grand emprunt serviront à alimenter le fonds pour la société numérique. Une partie de cet argent abondera le nouveau fonds d'aménagement numérique du territoire (FANT) créé par la loi Pintat du 17 décembre 2009 destiné à accélérer le déploiement du réseau de fibre optique dans les zones les moins denses. L'objectif est de parvenir à 100% d'ici à 2025 (coût total : 30 milliards d'euros, selon la Datar) avec un point d'étape à 80% en 2020. Dès la mi-2010, des projets pilotes seront lancés avec les collectivités et les opérateurs. Par ailleurs, les préfets devront élaborer des "stratégies de cohérence régionale" avec les collectivités. Chaque région possédera alors son schéma directeur d'aménagement numérique (Sdan), à l'instar de l'Auvergne, première à avoir franchi le pas.
Autre gros volet : les transports et l'amélioration des réseaux Intercités et Téoz, les "trains d'aménagement du territoire", comme aime à les appeler Michel Mercier. Une convention entre l'Etat et la SNCF va être signée fin juin 2010.
Au chapitre du développement économique, le gouvernement proposera dans le cadre de la loi de finances pour 2011 la prolongation des avantages fiscaux en faveur de la création d'entreprises en zones de revitalisation rurale (ZRR). Ces incitations seront étendues à la transmission ou à la reprise d'activités préexistantes. En contrepartie, la durée de cet avantage passe de 14 à 8 ans. L'Assemblée permanente des chambres des métiers avait récemment transmis à l'Elysée ses propres propositions pour revitaliser le petit commerce en zone rurale : prêts bonifiés, prêts à taux zéro, avances remboursables... Elles n'ont manifestement pas été prises en compte.

Michel Tendil, et Jean-Noël Escudié / PCA
publié le 12 mai 2010
http://www.localtis.info/cs/ContentServer?c=artJour&pagename=Localtis%2FartJour%2FartJour&cid=1250259865116

Tags : CIADT
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Jeudi 13 Mai 2010 à 18:26 | {0} Commentaires

Extrait : "Un malaise renforcé par la crise agricole et la chute des revenus. La gauche l'a bien compris qui préconise un véritable bouclier rural"


L'Etat manque de moyens face au malaise rural

Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mercredi 12 Mai 2010 à 17:47 | {0} Commentaires
Communiqué de presse : CIADT, moins d’une heure pour les campagnes !
Après les assises des territoires ruraux organisées en catimini et dont la synthèse ne reprend qu’une infime partie des contributions, le CIADT de ce jour (45 minutes de réunion !) marque une nouvelle fois l’absence de vision stratégique de l’Etat pour les campagnes françaises.

Alors que plus de 11 millions de Français vivent à la campagne, que plusieurs millions de citadins ont un projet de vie à la campagne, la politique de la ruralité ne peut se résumer à un soutien à quelques pôles de compétitivité ruraux ou à une contribution au financement de maisons médicales (que les collectivités financent depuis plusieurs années !) comme vient de le faire le gouvernement à l’occasion de ce CIADT.

Où sont donc passés les engagements du gouvernement qui entendait mobiliser une partie du plan de relance vers le haut-débit dans le milieu rural ? Aujourd’hui, nos concitoyens ruraux viennent d’apprendre qu’ils sont les premières victimes du manque d’entretien du réseau d’électricité par ERDF ! Pas encore de haut-débit et bientôt même plus d’électricité toute la journée !

Plus globalement, c’est une occasion manquée par l’Etat de s’approprier les propositions concrètes de mise en œuvre d’un véritable bouclier rural, nouveau droit opposable et garant de l’égalité des hommes et des territoires.

Le bouclier rural que nous défendons ardemment ce sont des mesures dérogatoires et concrètes :
- un temps d'accès minimum aux services publics et d’abord l’école et l’hôpital.
- la création de vraies zones franches rurales à taille humaine.
- la suppression dans ces territoires de la règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux.
- le soutien aux associations d'intérêt général comme les centres sociaux.
- la généralisation et le financement pérenne de lieux d'échange et de dialogue comme les comités de territoires.

Autrement dit, il s'agit de faire l’inverse de l’action gouvernementale pour garantir l’égalité de tous les citoyens, qu’ils vivent en ville ou à la campagne.

Fabien BAZIN, maire de Lormes, conseiller général de la Nièvre, co-auteur du bouclier rural
Jean-Philippe HUELIN, animateur du site « Vers un bouclier rural »

Tags : Bazin CIADT Huelin
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mardi 11 Mai 2010 à 17:49 | {0} Commentaires

Selon un document confidentiel révélé par «le Parisien» - «Aujourd'hui en France», le réseau d’électricité ne cesse de se dégrader. Le temps moyen d’une panne a augmenté de moitié en dix ans. Les plus pénalisées : les zones rurales.


Un rapport dénonce les coupures de courant qui augmentent surtout en zone rurale
Transformateurs vétustes, fils électriques nus, poteaux en miettes… Faute d’investissements suffisants, le réseau de distribution d’EDF est en piteux état. Particulièrement en zone rurale. Pis, son mauvais entretien le rend de plus en plus vulnérable aux aléas climatiques. C’est le double constat que font deux vice-présidents de la CRE (Commission de régulation de l’énergie), dans un rapport d’étape confidentiel que le « Parisien » et « Aujourd’hui en France » s’est procuré.

Le gendarme du marché de l’électricité a ausculté les 1,2 million de kilomètres de « routes électriques » communales et départementales, qui alimentent directement les particuliers et les PME (les grosses entreprises étant directement approvisionnées en haute tension par RTE, le Réseau de transport de l’électricité). Son verdict ? « La qualité du service s’est sensiblement dégradée » ces dernières années avec des coupures de plus en plus fréquentes et des pannes de plus en plus longues.

Les choix stratégiques d’EDF pointés du doigt

L’an passé, rien qu’à l’échelon communal (basse tension), le temps moyen de coupure de courant a été de 1 heure 30 minutes par an, soit « une hausse de 50 % ces dix dernières années », expliquent Michel Lapeyre et Maurice Méda. C’est dans les départements ruraux que la situation est la plus préoccupante, avec en tête du palmarès la Lozère. En 2008, ses habitants ont été privés d’électricité pendant une durée totale de 35 heures et 31 minutes ! . Mais la plupart des autres départements ne sont pas non plus épargnés.

C’est ERDF, filiale d’EDF, qui est en charge de l’exploitation et de l’entretien de 95 % du réseau hexagonal de distribution. Or celle-ci, constatent les auteurs du rapport, a largement pâti des choix stratégiques de sa maison mère qui a préféré investir à l’étranger : « Cette expansion internationale a été financée aussi (…) par une réduction de la maintenance et de l’investissement sur le territoire national. »

Du coup, ERDF pare au plus pressé. François Brottes, député PS de l’Isère, vient de demander à la commission des Affaires économiques de mettre en place une mission d’information sur le sujet. « La voilure a été clairement allégée depuis la privatisation d’EDF, explique-t-il. Cela a conduit à des réductions significatives des effectifs qui expliquent l’état déplorable du réseau aujourd’hui. » Le rapport constate : « 57 % de ses dépenses totales de maintenance sont correctives » En clair, ses agents passent la majorité de leur temps à courir d’une panne à l’autre plutôt que d’entretenir les lignes.

Pourtant après la grande tempête de 1999 (4 millions de foyers privés de courant), EDF s’était engagé à d’importants travaux « de sécurisation » de son réseau : 240 M € par an à partir de 2006, et ce jusqu’en 2017. Finalement, ce sont seulement « 170 millions par an que l’électricien a effectivement déboursés de 2006 à 2009 », concluent les deux experts de la CRE. Entre-temps, il y a eu la tempête Klaus dans le Sud-Ouest : 1,7 million de foyers dans le noir durant trois semaines. C’était il y a seulement un an. Contacté, ERDF ne nous a pas répondu.

http://www.leparisien.fr/economie/pannes-de-courant-le-rapport-qui-accuse-edf-11-05-2010-917320.php

Tags : électricité
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mardi 11 Mai 2010 à 13:11 | {0} Commentaires
Réforme des collectivités territoriales : motion de l'AMRF
L’AMRF a adopté une nouvelle motion à propos de la réforme des collectivités territoriales lors de son assemblée générale 2010. Si les Maires Ruraux de France ont obtenu satisfaction sur certaines de leurs revendications lors du vote du texte au Sénat, ils demandent de nouvelles avancées : extension du mode de scrutin des communes de plus de 3.500 habitants à toutes les communes et respect des principes fondamentaux de l'intercommunalité :

* liberté reconnue à toute commune de rejoindre l’EPCI de son choix
* maintien d’une intercommunalité à taille humaine

http://www.amrf.asso.fr/Default.aspx

Pour lire la totalité de la motion :

motion_amrf_18_04_2010.pdf Motion AMRF 18-04-2010.pdf  (56.22 Ko)


Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mercredi 5 Mai 2010 à 17:57 | {0} Commentaires

Quel avenir pour le monde rural ? Comment le revitaliser et le moderniser, sans brader le patrimoine naturel ? La question traverse ce débat électoral sur le rôle de l’Etat et celui des Régions. Fini, le grand exode ! En France, la population rurale s’accroît presque trois fois plus que l’urbaine. Durant quatre mois, dans chaque département, les Assises des territoires ruraux, voulues par Paris, ont permis aux acteurs locaux de débattre. En Languedoc-Roussillon aussi, le dur hiver a rappelé les vives attentes de "l’arrière-pays", pour l’accès aux soins, aux transports, au logement, à l’école, à la culture, à l’emploi, à la téléphonie, au haut débit, etc. Sachant que l’Etat se désengage de plus en plus de cette thématique…


Les ruraux ont-ils encore un avenir ?
Lancées par Michel Mercier, ministre de l’espace rural et de l’aménagement du territoire, les Assises des territoires ruraux ont réuni en début d’année de nombreux acteurs des campagnes françaises. Il ressort de l’ensemble des travaux menés un besoin d’équité des territoires, pour garantir à tous des services de proximité.

En Languedoc-Roussillon, le débat a été riche et parfois été très vif. Gros plan sur des situations qui marquent la différence des enjeux régionaux.

Hérault. Maire de Roqueredonde, sur un contrefort du Larzac, éleveur ovin laitier pour Roquefort en Groupement agricole d'exploitation en commun (Gaec) avec son frère, Jean Rebervel gouverne 450 brebis, presque trois fois plus nombreuses que ses habitants (169,6 au km2) : « Ici, on ne sait pas trop où on va, on nous promet des compensations mais on n’a rien d’écrit. On s’en sort avec de l’emprunt, on cherche des subventions… » Comme en bien des villages à habitat dispersé, les ressources se tarissent vite. « On a amené l’eau potable à un hameau de quinze habitants, soit deux bons kilomètres de canalisations à créer ! »

Au Caylar, lors d’une réunion des Assises, Roqueredonde a présenté son cahier de doléances. L’accès routier est difficile, surtout l’hiver. « Dépités », les habitants pointent l’absence de relais de téléphonie portable, les carences du haut débit : « Trois années de promesses non tenues par l’Etat et le Département. »

Côté santé, « on a du mal à trouver des soins infirmiers », la maison de retraite est menacée. Côté services publics, il faudrait aussi une poste plus proche, un minimum de transports collectifs. Un minibus polyvalent (scolaire et pour démarches à Lodève) fait son chemin.

Une chance pour la zone, la présence du centre bouddhiste Lerab Ling, d’une portée internationale qui dope l’économie locale. L’été, Roqueredonde passe à 1 200 habitants.

Gard. Huit réunions dans autant de bassins de vie gardois ont rappelé que les milieux naturels couvrent 90 % de ce département. Des Cévennes à la Camargue, la ruralité s’exprime de bien des manières, mais cette hétérogénéité n’entrave pas l’effort de coopération intercommunale. Sur 341 communes gardoises, 353 sont membres d’une communauté de communes ou d’agglomération, et 5 schémas de cohésion territoriale associent 78 % des communes.

Bien des élus réclament aussi une péréquation, afin que les aides ne soient pas accordées en fonction du nombre d’habitants. Préfet du Gard, Hugues Bousiges, relève deux projets exemplaires. D’abord, la création de deux labels : le "pavillon vert" et le "pavillon bleu" du littoral, qui pourraient récompenser et valoriser des services publics et de développement durable.

L’autre projet porte sur les soins aux personnes âgées. La communauté de communes Hautes Cévennes veut développer l’hôpital de Ponteils et Brésis en y installant une antenne de l’école d’infirmières de Nîmes ou d’Alès, spécialisée en gérontologie.

La percée de pôles d’excellence rurale
Désenclaver le milieu rural passe aussi par une clarification des compétences entre Etat et collectivités locales. Les Audois réclament « une discrimination positive, des règles plus souples pour une solidarité entre les agglomérations et le rural péri-urbain », avec une vive hostilité face aux fusions forcées. Côté communications, ils déplorent un manque de grandes infrastructures de transports en dehors de Narbonne (ligne grande vitesse) et de transports scolaires, les pannes répétées du téléphone filaire, les zones d’ombre pour le portable ou le haut débit.

A côté d’autres doléances (manque d’assistantes maternelles, de crèches, de structures pour personnes âgées, de logements bon marché), l’Aude table sur ses propres Pôles d’excellence rurale (PER) : en Haute Vallée, c’est le parc régional d’activité économique Charles Cros (26 ha dédiés aux énergies renouvelables, à l’écoconstruction).

En Corbières-Minervois, le PER Tourisme, terroir, vin et gastronomie mutualise les actions de 14 partenaires, pour vendre en circuit court. Et sur l’ancien site minier de Salsigne, un PER de la communauté Haut-Cabardès a créé la première filière de chauffage bois de l’Aude (stockage, broyage, granulés…).

Les Lozériens, eux, ont un Pôle "Accueil chasse et pêche" unique en France, pour sensibiliser à la biodiversité. Ce département se distingue aussi par un pôle télé-médecine. Ce PER offre au généraliste une assistance et une aide au diagnostic par l’hôpital de Mende, le met en réseau par visioconférence, avec des spécialistes de la région, pour mieux transférer les patients et leurs dossiers.

Mutualiser les moyens
Les Pyrénées-Orientales ont pris les devants de la mutualisation des moyens ruraux en 2007 avec une enquête du préfet auprès des maires. Des ateliers viennent de rendre leurs conclusions pour les cinq bassins de vie ruraux. Le patrimoine du département lui confère « une identité forte ». L’agriculture reste garante de leur protection et de l’attrait touristique. Le foncier est moins onéreux que sur la Plaine du Roussillon, mais les freins sont nombreux.

Exemple de difficultés dans le Haut Vallespir - région montagneuse - « menacé de désertification alors que le département gagne autour de 5 500 habitants par an ». La qualité de certains services y est « préoccupante » : desserte (routière, ferroviaire, numérique), déneigement, traitement et distribution d’eau, service postal, manque de logements sociaux (1 882 demandeurs pour un parc de 3 066 logements). Les mutualisations constituent donc parfois un palliatif à ces carences, avec notamment les maisons sociales de proximité, regroupant éducateurs, conseillers d’insertion, assistantes sociales.

Autre département contraint de miser sur les mutualisations, l’Aveyron est à l’avant-garde de la télémédecine et des maisons relais de services publics. L’économie locale, elle, souffre d’un manque de repreneurs d’entreprises. Et l’agriculture devra se "réajuster" face à la concurrence mondiale.

Georges MATTIA
http://www.midilibre.com/articles/2010/05/02/GRAND-SUD-Les-ruraux-ont-ils-encore-un-avenir-1211620.php5

Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Lundi 3 Mai 2010 à 15:04 | {0} Commentaires






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