Un article de "Commune de France"


Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mardi 29 Juin 2010 à 21:35 | {0} Commentaires

Article du dimanche 27 juin


Fabien Bazin dans le journal

Tags : Bazin
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mardi 29 Juin 2010 à 12:14 | {0} Commentaires

Proposition

Dans une note de veille politique, Alain Bergounioux, secrétaire national du PS, dresse l'état des lieux de la France rurale de 2010.


La France oubliée...
Près d’un métropolitain sur cinq vit en milieu rural. Un récent rapport de l’Igas montre pourtant que cette « France des champs » est beaucoup plus pauvre que la « France des villes ». Et beaucoup plus discrète aussi.

Il existe en effet une France des invisibles, une France dont personne ne parle. Ou si peu. Cette France-là, c’est celle des campagnes. L’Inspection générale des affaires sociales (Igas) s’est penchée sur ces « inaudibles » à travers un rapport intitulé : « Pauvreté, précarité, solidarité en milieu rural ». Publié fin 2009, il n’a pas fait grand bruit….

Pourtant, ces « Français des champs » sont au nombre de 11 millions, « soit 18% de la population de France métropolitaine ». Et leur situation n’est pas aussi enviable « Les personnes âgées en milieu rural, écrivent les rapporteurs dans leur synthèse, sont proportionnellement plus nombreuses : 27 % de plus de 60 ans, contre 21 % en milieu urbain. Mais surtout les catégories les moins qualifiées sont sur représentées parmi les actifs en emploi : 32% d’ouvriers et 27 % d’employés, contre 7 % de cadres et professions intellectuelles (7% d’agriculteurs). Dans les dernières années, le milieu rural a subi de plein fouet les réductions d’emplois qui ont touché les secteurs de l’industrie et de l’agriculture ».

Résultat : « le taux de pauvreté monétaire moyen dans l’espace rural en 2006 est de 13,7%, contre 11,3% dans l’espace urbain. Les ruraux sont donc en moyenne « plus souvent pauvres ». Ce chiffre dépasse même les 19%, dans « plus d’un tiers des départements de France métropolitaine » (notamment dans le Nord de la France, en Paca, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Auvergne, Limousin…).

Plus inattendue, la typologie de «ces populations en difficulté ». Les auteurs du rapport de l’Igas distinguent deux catégories

- D’une part, on trouve de façon classique, « les agriculteurs dont l’exploitation dégage peu de revenus, des personnes victimes de la désindustrialisation, des personnes âgées à faible revenu, isolées et mal-logées, ainsi que des jeunes sans qualification et parfois en rupture familiale. Ces catégories de population font peu valoir leurs droits. »

- Dans la seconde catégorie, on trouve ceux qui après le fameux « exode rural » ont fait le choix de l’« exode urbain », « les néo-ruraux installés à la campagne pour des raisons de coût du logement et confrontés à des difficultés à la fois financières et liées à l’isolement, des familles urbaines en situation de pauvreté s’installant en milieu rural et des personnes en errance ». Pour les publics concernés, le milieu rural a parfois été idéalisé, sans prise en compte suffisante des problèmes de mobilité (coût du transport, ou accès à des transports collectifs), d’organisation de gardes d’enfants, de rareté de l’emploi, d’accès à divers services et notamment au logement très social».

Mais les habitants des zones rurales ne sont pas seulement oubliés des autorités politiques du pays, Ils le sont aussi des politiques sociales. Ou plutôt, ils ont tendance à « se faire oublier » des structures d’aide sociale. Car comme le notent les rapporteurs de l’Igas, « une des difficultés importantes du travail social en milieu rural tient aux attitudes « taiseuses », de personnes ou de familles qui supportent sans se manifester de très mauvaises conditions de vie, se replient sur elles-mêmes, ou se protègent du qu’en dira-t-on. » Ou comment les invisibles se font si petits que personne ne finira bientôt plus par les voir…

Croyant certainement le monde rural acquis à sa cause, le gouvernement tente de masquer ses choix politiques : toujours plus à ceux qui ont déjà trop et rien pour ceux qui ont de moins en moins. Aujourd’hui, il est plus que temps de construire un « bouclier rural », c’est-à-dire un projet politique absolument contraire au bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy. Des pans entiers de notre pays sont en train de décrocher socialement. Un véritable « exode urbain » se fait jour car la campagne accueille de plus en plus de populations urbaines qui ne peuvent plus se payer le « luxe » de loyers toujours plus chers en ville. Ainsi, les près de 20% de la population qui résident dans le monde rural se situent en dessous des moyennes nationales en matière de revenu, de qualification et d’emploi. Cet espace compte plus de personnes âgées, plus d’ouvriers et d’employés que le monde urbain. La pauvreté y est plus présente et on peut, à bon droit, parler de territoire de relégation sociale.

Depuis 2007, la Révision générale des politiques publiques a modifié en profondeur la présence des services publics en milieu rural…

Auparavant, la veine des services publics était profonde, irriguée. Elle irradiait jusque dans les coins les plus reculés de France amenant là le facteur, dessinant le périmètre de soins, celui de l'éducation, des zones de sécurité … Sait-on même qu'en 1907 la Fédération internationale des services publics était fondée ? Un siècle plus tard la Révision générale des politiques publiques (RGPP) a fait table rase du passé. Ses 370 mesures ont tranché dans le vif. Régions, départements et communes de France s'en sont trouvé modifiées en profondeur. Depuis 2007, des dizaines de bureaux de poste, gendarmeries, gares, trésors publics, fret, maternités et blocs opératoires, écoles, tribunaux et greffes ont été rayés de la carte. A l’exemple de Midi-Pyrénées, où la perte est plus lourde selon que l'on se trouve dans le Gers plutôt qu'en Haute-Garonne, dans les Hautes-Pyrénées plutôt qu'en Ariège.

D'autant qu'il faut désormais compter avec la réforme de la carte judiciaire, qui a gommé 178 tribunaux d'instance, au plan national….

La RGPP aura fait de vrais dégâts. Sa version deux, en instance d'application pourrait encore aggraver la donne. « Soyez fiers d'être fonctionnaires » glissait cyniquement , il y a peu, Nicolas Sarkozy dans un discours sur la fonction publique appelant au calme des troupes déstabilisés depuis la règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite : une « casse » évaluée par les syndicats à 100 000 emplois, qui fait de l'État l'instigateur du plus gros plan social jamais mis en œuvre. Ce constat sera-t-il évoqué dans le rapport sur la qualité des services publics remis par le député UMP François Cornut-Gentille au ministre Woerth ?

Face à cela, nombre d’élus locaux tentent de sortir de l’oubli la situation du monde rural. C’est le cas du conseiller général et maire socialiste de Lormes (Nièvre) Fabien Bazin qui, le premier, a dressé la liste de ce qui pourrait devenir un véritable bouclier rural. La première des dimensions à prendre en compte concerne bien évidemment les services publics. Comment ne pas exiger aujourd’hui un moratoire sur la suppression des services publics ruraux ? Il faut que cesse le démantèlement des services de l’Etat à la campagne : hôpitaux, maternités, écoles, bureaux de poste, perceptions, gendarmeries…etc. Mais il faut aussi donner les moyens à cet espace de se développer économiquement afin que se réduisent ces déplacements pendulaires de plus en plus longs entre lieux de résidence et de travail.

La droite a abandonné de longue date le monde paysan, désormais seul face à ses difficultés, ce qui s’est ressenti lors des dernières élections régionales. Il reste qu’aujourd’hui, c'est l'État tout entier qui déserte de nos campagnes et le pacte territorial s’en trouve affecté dans sa chair républicaine…. Les réformes qui se succèdent ont le goût amer d’une relégation…. Depuis une vingtaine d’années, malgré l’acharnement à impulser sur les territoires des actions de développement, c’est le cercle vicieux de la baisse démographique entraînant la fermeture des services et des activités qui accélère l’exode. …

Ce mouvement, hier honteux et caché, se manifeste aujourd’hui au grand jour. Externalisation des services territoriaux au nom de la réforme de l’Etat, disparition des services publics , appauvrissement des services à la population au nom de la concurrence, mise sous tutelle des territoires , et bientôt perte du poids politique dans le pays avec la réforme territoriale qui va renforcer les grands ensembles urbains (agglomération ou métropole). Si l’on a une vision et l’annonce de moyens importants pour le « Grand Paris », les campagnes, elles, n’inspirent plus personne depuis longtemps au sommet de l’Etat….

Autre sujet tabou : l’égalité entre les territoires. Qui osera dénoncer les discriminations dont sont victimes les habitants des campagnes par rapport à ceux des villes, au regard de l’accès aux services publics bien sûr, mais aussi de l’accès aux soins (déserts médicaux), à l’information (fracture numérique), à la communication (zones blanches), à l’éducation (fermeture des niveaux et classes uniques), à la sécurité (fermeture et regroupement des brigades de gendarmerie), aux transports (enclavement, pas de transports en commun), à la représentation politique (suppression des circonscriptions rurales peu peuplées et demain des cantons), à l’emploi (taux d’emploi plus faibles et taux de chômage plus élevés)… et même aux concours financiers de l’Etat (dotation par habitant plus réduite) ! Notre modèle républicain condamne les « inégalités de traitement » fondées sur le sexe, l’origine, le handicap... Il ne peut non plus tolérer l’existence de citoyens de seconde zone en fonction de leur lieu d’habitation…

La droite d’aujourd’hui fuit le monde agricole. Après en avoir fait l’une de ses clientèles privilégiées pendant quelques décennies, après avoir fait de plusieurs syndicalistes agricoles des ministres, elle semble s’être totalement coupée d’un monde qu’elle ne connaît plus et qui ne la reconnaît plus….

Le président du Sénat, Gérard Larcher percevait déjà un certain danger… en février, avant les régionales. Un « malaise rural qui se situe au-delà des prix agricoles. On a le sentiment qu’on ne s’intéresse qu’à la France urbaine » soulignait-il à l’époque !

« Le territoire est une des composantes de la construction de la France. C’est ce que notre pays a en plus. » Selon Gérard Larcher, l’agriculture est un atout économique. « Croyez-vous que, si la France se transformait en une gigantesque zone commerciale, elle continuerait d’attirer 80 millions de visiteurs étrangers par an ? Vous n’attirez pas les touristes avec Ikea et Auchan ! » On disait « le salaire du lait : l’éleveur et sa femme travaillaient 70 heures par semaine, mais ils pouvaient vivre de leurs 1 500 euros par mois. Aujourd’hui, le couple ne dégage plus 500 euros ! Comment vous faites avec deux enfants ? » …

Ainsi, il n’y a rien d’étonnant à voir le département de la Manche (deuxième de France pour la production de lait) connaître une vague de suicides comparable à celle de France Télécom…. Il faut entendre un de ses élus, ancien secrétaire général de l’Élysée auprès de Jacques Chirac, raconter les soirs où l’on vient le chercher parce qu’un chef d’exploitation agricole s’est pendu dans sa grange…

En attendant, les deux rapporteurs (agriculteurs UMP de Gironde et de Seine-Maritime) du projet de loi de modernisation agricole, dont l’examen par le Sénat commencera le 17 mai, se penchent sur l’établissement de contrats écrits avec les industriels et la grande distribution….

A la veille des régionales, s’inquiétait le président du Sénat : « les ruraux ne risquent ils pas exprimer leur désespoir dans les urnes ? » Pronostic confirmé : La carte de l’abstention 2010 le révèle : 56,88 % dans la Loire (36,21% en 2004), 58,19 % dans l’Ain (37,09 % en 2004), 61,99 % en Moselle (42,39 % en 2004) ! Et combien d’autres ont voté FN ?

Aujourd’hui, les caisses sont vides et l’État se décharge sur les régions et les départements, privés de taxe professionnelle, du poids croissant des dépenses sociales ! Au delà de l’agitation permanente du pouvoir, à coup de grands discours, là sur l’agriculture, là sur la place des fonctionnaires, y a-t-il une vraie prise de conscience de cette situation ? Quand mesurera-t-on sérieusement au gouvernement l’importance de la France rurale ?

Tags : IGAS pauvreté PS
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Dimanche 27 Juin 2010 à 09:02 | {0} Commentaires
Les écoles rurales dans le viseur de Luc Chatel
«Est-ce que vous imaginez ce que c'est qu'un village qui n'a plus d'école?» s'étrangle Yves Ménager, membre de l'association des maires ruraux. «Une commune sans école, c'est une commune morte. Elle perd son âme.» Maire dans le Loir-et-Cher, il s'est battu sec pour empêcher la fermeture d'une école dans un village voisin.

Partie gagnée, mais pour combien de temps encore? Un document de travail du ministère de l'Education, qui a fuité la semaine dernière dans la presse, fait craindre le pire. Il est en effet demandé aux recteurs d'académie de supprimer un maximum de classes, et même des écoles, à faible effectifs, pour gagner des postes. La logique du ministère: «Une augmentation de un élève par classe en moyenne devrait se traduire, au niveau national, par une économie de près de 10.000 classes.»

Dans l'œil du viseur: les écoles rurales, qui ne font pas systématiquement le plein d'enfants d'une année sur l'autre. «Il est vrai que les petites écoles coûtent proportionnellement plus cher que les grandes puisqu'il y a souvent moins d'élèves. C'est donc un gisement de postes d'un point de vue comptable. Sauf qu'en pratique, on ne résout pas le problème par une simple division. On ne peut pas regrouper les élèves n'importe comment», insiste Robert Prospérini du syndicat des inspecteurs d'académie.

En pratique, c'est eux qui décident de la fermeture d'une classe ou d'une école. Pas simple. La question dépasse largement le cadre de l'Education nationale, c'est aussi une affaire d'aménagement du territoire. «Il faut du temps. Rencontrer les élus, discuter... Fermer une classe ne peut pas se faire du jour au lendemain. La brutalité n'est pas la solution», rappelle Robert Prospérini.

«Mais on mutualise déjà!»

Vanik Berberian, président de l'association des maires ruraux de France, qui représente quelque 10.000 communes de moins de 3500 habitants, a bondi en prenant connaissance des orientations du ministère: «Vu froidement de Paris, on agrège des chiffres sans prendre en compte tous les paramètres. Quand une famille cherche à acheter une maison, elle demande trois choses: "Y-a-t-il une école, un médecin et le haut-débit pour Internet".»

Et d'ajouter, furieux: «Contrairement à ce que laisse entendre le ministère, on mutualise déjà! On fait des regroupements pédagogiques entre communes proches. Avec par exemple le CP dans un village, le CM1 et CM2 dans un autre. Là, le ministère veut aller plus loin avec des regroupements de regroupements! Et donc des distances à parcourir plus grandes, sans penser aux conséquences.» Dans le désordre: le bilan carbone, l'organisation du transport scolaire, à la charge des communes, qui peut vite virer au casse-tête. Les activités périscolaires deviennent aussi plus compliquées (les locaux des petites communes n'étant forcément adaptés à accueillir un nombre important d'enfants)...

De leur côté, les inspecteurs de terrain (sous les ordres de chaque inspecteur d'académie) font aussi grise mine. «Comment voulez-vous qu'on arrive à remonter le moral des enseignants? soupire Patrick Roumagnac, secrétaire général du syndicat de l'inspection de l'Education nationale- Unsa. En tant qu'inspecteur, on défend les regroupements d'écoles quand c'est dans l'intérêt des élèves. Sauf que là, personne n'est dupe. On sait tous que l'objectif premier c'est de faire des économies. Qu'au moins le gouvernement ait la franchise de le dire. Qu'on arrête avec ce faux discours: "on peut faire aussi bien avec moins de moyens". Maintenant, le gouvernement va plus loin avec "faire mieux avec moins."»

Par MARIE PIQUEMAL, Libération le 8 juin 2010
http://www.liberation.fr/societe/0101640254-les-ecoles-rurales-dans-le-viseur-de-luc-chatel

Tags : école
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Dimanche 13 Juin 2010 à 09:20 | {0} Commentaires

Actions

Programme de l'université d'été pour les Territoires, les 30 et 31 août 2010 à Aurillac


RuralTIC
Plénières stratégiques
P1 - Plénière d’ouverture : 30 Août 2010 (10h30 - 12h00)
Les problématiques de gouvernance et les nouvelles stratégies économiques en matière de Haut Débit et Très Haut Débit à l’horizon 2015

P2 - Plénière de clôture : 31 Août 2010 (10h30 - 11h45)
Le Numérique : facteur clé du développement économique des territoires ruraux

Tables rondes
TR1 30 Août 2010 (12h00 - 13h00)
e-Education de l’école au lycée : perspectives d'avenir

TR2 30 Août 2010 (17h30 - 19h00)
Les zones d’ombre de la TNT : quelles capacités d’initiative pour les collectivités ?

TR3 31 Août 2010 (12h00 - 13h00)
Repenser l’espace, la mobilité dans une perspective durable à l’heure du numérique

TR4 31 Août 2010 (16h00 - 17h30)
Quel rôle peuvent jouer les TIC, dans la refondation de la démocratie locale ? Entre représentation et participation.


Sessions pratiques

A) ÉCONOMIE
A1 30 Août 2010 (14h30 - 16h00)
Les acteurs de la revitalisation des territoires ruraux : PER, Grappes d'entreprise…

A2 30 Août 2010 (16h30 - 17h30)
TPE et PME : quelle politique d’équipement numérique au service du développement de votre activité ?

A3 30 Août 2010 (14h30 - 16h00)
e-Tourisme : les outils de communication web 2.0 dans la stratégie marketing d'un territoire

A4 30 Août 2010 (16h30 - 17h30)
Développement durable : Convergence Energie & TIC

A5 31 Août 2010 (9h00 - 10h00)
Entreprises : travaillez avec plus d’agilité grâce à des processus maîtrisés et automatisés (PGI – Progiciel de gestion intégré / ERP)…


B) ACTIONS NUMÉRIQUES DES COLLECTIVITÉS (Technologies & Usages)

B1 31 Août 2010 (14h30 - 16h00)
Les réponses dématérialisées aux marchés publics : quels outils pour quelles plateformes ?

B2 30 Août 2010 (14h30 - 16h00)
Logiciels libres : les critères de mutualisation pour une gouvernance optimisée

B3 30 Août 2010 (16h30 - 17h30)
Services et usages numériques : financements & évaluation des politiques locales

B4 30 Août 2010 (14h30 - 16h00)
Communes rurales : comment développer son site web et quelle organisation interne mettre en place ?

B5 30 Août 2010 (9h00 - 10h15)
Formation aux TIC de la commune rurale dispensée par l’IFET – ADF sur l’utilisation de la messagerie électronique : de l’indispensable au superflu, comment gérer sa messagerie (tris et classement des courriels...) ?

B6 31 Août 2010 (14h30 - 16h00)
Comment les infrastructures numériques contribuent à maintenir les services publics sur le territoire rural : schémas numériques, RIP...

B7 30 Août 2010 (10h30 - 18h00)
Formation aux TIC de la commune rurale dispensée par l’IFET – ADF : Ateliers conçus sur place selon les demandes des participants présents

B8 30 Août 2010 (18h00 - 18h30)
Le dispositif e-ressources du CNFPT dédié aux secrétaires de mairie de communes et des intercommunalités rurales


C) ACTUALITÉ / POLITIQUE

C1 30 Août 2010 (16h30 - 17h30)
La confiance numérique et la sécurisation des données personnelles dans les échanges

C2 31 Août 2010 (14h30 - 16h00)
L’inclusion numérique dans les territoires : la responsabilité des élus et des bailleurs sociaux dans l’habitat social connecté

C3 31 Août 2010 (9h00 - 10h00)
TIC et politique de solidarité et d’autonomie (personnes âgées, handicap, insertion)

C4 31 Août 2010 (14h30 - 16h00)
Le rôle des TIC dans la politique de prévention des risques (PCS, gestion de crise…)

C5 31 Août 2010 (9h00 - 10h00)
Gestion interne de la collectivité : TIC & développement durable (méthodologie et outils)


D) CULTURES & POLITIQUES DES SAVOIRS

D1 30 Août 2010 (14h30 - 16h00)
La politique éducative du territoire : quels usages numériques en environnement scolaire? (programme Cyber-base® Ecole, bilan de l’ENR et des ENT)

D2 30 Août 2010 (16h30 - 17h30)
L’e-formation tout au long de la vie des citoyens, des élus et des professionnels des communes rurales

D3 30 Août 2010 (16h30 - 17h30)
Créativités et solidarités numériques dans le monde rural

D4 31 Août 2010 (9h00 - 10h00)
L’impact des médias sociaux et des usages numériques sur la conduite de l’action publique

http://www.ruralitic.org/index.php

Tags : haut-débit TIC
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mercredi 9 Juin 2010 à 18:33 | {1} Commentaires
La ruralité, laboratoire d'une nouvelle école
Le dernier assaut lancé contre l’école publique illustré par le document ministériel intitulé « schéma d’emplois 2011-2013 » prévoit cyniquement la suppression de 16 000 postes supplémentaires, la liquidation des RASED, la tentation de la vidéo surveillance dans les établissements ou encore l’énième réflexion sur les rythmes scolaires. Cette politique illustre une volonté de déshumaniser le système scolaire au moment où, sur le terrain et singulièrement à la campagne et dans les quartiers, nous pensons que la priorité est à l’invention d’un nouveau modèle pour une nouvelle vie de l’école.

Le travail que nous menons depuis plusieurs mois autour du concept de « bouclier rural » (nouveau droit opposable pour garantir l’égalité des droits entre les territoires en assurant notamment un temps d’accès maximum aux services publics, un soutien pérenne aux lieux d’échanges et de débats pour mieux coproduire les politiques publiques, une reconnaissance de la capacité d’imaginer des campagnes) ne pouvait ignorer la question fondamentale de l’Ecole.

Ainsi, le bouclier rural c'est aussi une contribution pour repenser notre système scolaire et en particulier l’école maternelle, primaire et le collège.
Nous proposons de généraliser les « ZEP rurales » c'est à dire les « aires rurales d'éducation concertée » (AREC).

Il s’agit essentiellement de mettre en acte les liens nécessaires entre parents, enseignants et élus locaux pour permettre de proposer, en accord et avec l’appui de l'Education nationale, de nouvelles orientations en matière de compréhension de la vie de l'école et du collège, et de participation à celle-ci.

D'abord avec des classes à taille humaine (25 élèves maximum), des temps de transports scolaires compatibles avec le rythme de vie des enfants et en particulier des plus petits et l'encouragement à la scolarisation des deux ans parce que la très petite section de maternelle est le premier lieu de socialisation et qu'en campagne elle n'est pas pensée et vécue comme une garderie.

Ces aires rurales d'éducation concertée rassembleraient plusieurs cantons (bassins d'éducation) pour construire collectivement un projet concerté de cette zone : activités culturelles et sportives, découverte du collège, soutien au projet spécifique de chaque bassin, expérimentation pédagogique, réflexion permanente sur le soutien scolaire, discussion avec les collectivités concernées...

Ce pourrait être également un point d’appui pour un futur lieu d’éducation populaire, d’école des parents où chacun apporte son savoir, une sorte d’école « peer to peer » : l’agriculteur passionné de karaté ou le boulanger prof de musique. L’idée est que chaque adulte se sente co- responsable de l’environnement éducatif -au sens large- des enfants de son territoire de vie.

Comme les enfants eux-mêmes apportent éducation (les « ecos gallopins » par exemple qui font entrer la bonne pratique du tri dans leurs familles !) et soins à leurs parents. C’est une responsabilité essentielle pour construire ce nouveau modèle de vie.

Chaque bassin serait animé par un enseignant bénéficiant de deux jours de décharge et en charge de la coordination pour lutter contre l'isolement des instituteurs et des familles tout en permettant un échange permanent avec les représentants des collectivités.

Au-delà de cette nouvelle organisation, les AREC pourraient proposer un nouveau protocole d'accueil des parents et des enfants pour réussir enfin le passage de la famille à l'école avec la mise en œuvre de "maisons des petits à l'école"* pour les 2-4 ans, un espace autre que celui de la classe pour découvrir l’autre, les autres, un lieu d'échange et de « présentabilité » de soi-même et de son enfant, un espace d’accueil parents-enfants. **
Beaucoup de familles ne se sentent pas « présentables ». Ces lieux d’accueil s’adresseraient donc à des parents qui rencontreraient des difficultés à faire passer directement leur enfant de l’espace familial à l’espace scolaire. Pour différentes raisons, mais souvent pour des raisons liées à des fractures familiales, (séparations, déménagements, divorces, décès…) ou sociales (perte d’emploi, handicap…), qui engendrent des cassures psychologiques, des défaites de l’image de soi. Quand l’image de soi est dégradée, nul n’a envie d’aller vers l’autre et cela, naturellement, ne favorise pas la relation aux autres, encore moins l’accès au monde de l’école.
Nombre de parents seraient rassurés par ce passage intermédiaire de socialisation ou de resocialisation de la famille et de l’enfant, ce « SAS » qui n’est pas tout à fait l’école mais déjà un ailleurs social, hors de la famille, en lien avec celle-ci, puisqu’un parent, au moins est présent avec l’enfant dans le lieu d’accueil, et en lien avec l’école, puisque ce serait un lieu proche de l’école, tout en n’étant pas encore l’école.
Il existe déjà en France de nombreuses réussites dans ce domaine, la plus convaincante, celle de 1,2,3 Soleil, à Montgeron, (94)

La création d' « ateliers de philosophie, Agsas,* « (séquence d'une dizaine de minutes par semaine) de la moyenne section à la seconde contribuerait à repenser l'école comme outil de formation de la conscience citoyenne parce que, pour être sensible à la parole des adultes, les enfants ont besoin de découvrir qu’ils sont capables, eux aussi, de produire une pensée par eux-mêmes.
Depuis une quinzaine d’années, une association, l’Agsas, sous l’impulsion de Jacques Lévine, son initiateur, a mis au point ces ateliers qui sont d’une grande richesse. Aujourd’hui, l’Agsas a déjà formé plus de 1500 enseignants, rééducateurs, conseillers d’orientation psychologues, psychologues scolaires …à la mise en place de ces ateliers de philosophie pour enfants et continue de proposer des formations, deux fois par an à Paris, et, à la demande, en province.
L’idée centrale des ces ateliers, c’est de considérer l’autre, l’enfant comme un « apportant», un « interlocuteur valable » et de considérer qu’il est capable, si on lui en donne les conditions et les moyens, de réfléchir sur les grands problèmes du monde, les problèmes que les humains se posent depuis la nuit des temps : « le bonheur, la vieillesse, la différence, l’argent, la famille, la colère, le respect, l’autorité, l’honnêteté, la justice, la loi, l’envie d’apprendre, le rêve, la honte, le mépris, l’admiration, la réussite, le travail, etc … » (cf à ce propos le numéro 38 d’avril 2010, de Philosophie Magazine, intitulé « Comment pensent les enfants ? »)
Permettre à des enfants de penser, ensemble, dans un espace « hors-menace », en toute responsabilité, -le maître se tient en retrait du groupe- avec un bâton de parole qui circule et qui régule la transmission de cette parole est un exercice qui fait « grandir » les enfants, en ce sens qu’ils se sentent considérés et capables de pensée, capables de penser par eux-mêmes, avec les autres, capables de s’insérer, demain, dans le monde qui les accueille. En ce sens, il y a là un énorme pas de socialisation et de sensibilisation à la citoyenneté qui se franchit en douceur, de manière intelligente et responsabilisante. « Les adultes me font confiance, pendant ces dix minutes, j’ai été un Citoyen du Monde qui réfléchit sur les problèmes du Monde, je fais partie de cette chaîne des humains et moi aussi, demain, je prendrai ma place dans cette société des Humains »


Enfin, la généralisation de groupes de « soutien au soutien »* (Groupes d’analyse de pratiques professionnelles, encore appelés « Balint-enseignant ») apporterait aux instituteurs, aux enseignants de tous niveaux, mais aussi à des parents, ce lieu d'échange et de lutte contre l'isolement pour partager expériences, doutes et projets. Réfléchir sur ses pratiques professionnelles, là aussi, dans un lieu « hors-menace », en présence d’un animateur formé, à intervalles réguliers, dans un lieu où chacun peut évoquer avec d’autres, des pairs, les problèmes qu’il rencontre dans son rôle d’enseignant, de parent, d’éducateur, échanger pour dire, échanger pour mieux comprendre ce qui se passe dans la relation à l’autre, ( Pourquoi cet enfant refuse t-il d’apprendre à lire alors qu’il en a toutes les capacités ? Pourquoi cet enfant me parle-t-il mal depuis quelque temps ? Pour quoi cet enfant est-il soudainement devenu muet en classe ? Pourquoi cet élève est-il si bagarreur ?…) mais aussi échanger pour mettre à jour des pistes de remédiation, des pistes de progrès, passer du « regard-photo » au « regard-cinéma » *, donner du futur à l’enfant, donner du futur à l’Autre, le considérer là aussi comme un « interlocuteur valable », l’autre qui a une logique qui nous échappe et que nous essaierons, ensemble, de comprendre, ce qui ne veut pas dire, l’approuver.
Cela ne signifie pas non plus que l’on soit dans la permissivité la plus totale. Chacun doit respecter les règles de vie en société, que ce soit à l’école ou ailleurs, d’autant plus que les adultes ont un devoir de rappeler ces règles si nécessaire et appliquer les sanctions appropriées pour un rappel à la loi. Cela n’empêche pas qu’en même temps, des adultes acceptent de réfléchir ensemble sur ce qui se passe pour essayer de comprendre ce qui a pu amener un élève à se comporter de cette manière et à rechercher ensemble pour cet élève des voies de réussite.
Cela ne signifie pas non plus que les enseignants doivent devenir des psychologues ou des psychanalystes. A chacun son travail, son rôle, sa spécificité, sa fonction, dans le respect des uns et des autres. Mais pour autant, le travail que pratique l’Agsas depuis trente ans a montré qu’il y avait là un chemin de progrès pour peu que l’on soit volontaire pour y participer pour peu que la hiérarchie soit « favorisante » dans cette démarche, que des collectivités territoriales voient là, elles aussi, un progrès possible pour le bien de tous et qu’elles acceptent ou proposent de créer des conditions pour que cela devienne possible dès lors qu’il y a une demande dans ce sens.

Ces propositions issues d'expériences locales et du travail de Jacques Lévine existent aujourd’hui dans notre pays.

Leur généralisation serait une réponse innovante et dynamisante à la crise de l'éducation si souvent dénoncée mais rarement traitée sous cet angle.

La ruralité peut être le laboratoire de cette " nouvelle école" simplement parce qu'à la campagne les liens entre les intervenants préexistent, parce que les mobilisations contre les fermetures de classe ont poussé enseignants, parents et élus locaux certes à la protestation mais aussi à l'imagination.

Fabien Bazin, Maire de Lormes, Conseiller général de la Nièvre
Bernard Delattre, Secrétaire général de l’AGSAS

* Concept créé par Jacques Lévine.
** Taper « Lieu d’accueil parents-enfants, » ou « La Maison Verte de Françoise Dolto » sur internet.
***Agsas : Association des Groupes de soutien au soutien. « agsas.free.fr

Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mercredi 9 Juin 2010 à 08:58 | {0} Commentaires
Débat à Gueugnon sur le bouclier rural

Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Dimanche 6 Juin 2010 à 09:41 | {0} Commentaires

Du 8 au 10 juin, à Aurillac dans le Cantal, auront lieu les Journées nationales de la fédération nationale des aînés ruraux. Ces journées sont l’occasion pour les fédérations départementales de réfléchir à des sujets d’actualité et de procéder à l’assemblée générale de la Fédération nationale et à celle de son association de formation, l’AFAR. Cette année, les Journées nationales sont organisées autour d’une ligne directrice « Quelle ruralité ?


Journées nationales des aînés ruraux sur le thème de la ruralité
Consciente que les modes de vie et les comportements se sont modifiés ces dernières décennies, notamment en milieu rural, La Fédération nationale a lancé une enquête, Quelle ruralité pour demain ?, par le biais de son réseau et sur l’ensemble du territoire, auprès des habitants retraités, « seniors » et/ou personnes en situation de handicap.

Les premiers résultats seront présentés et débattus au cours d’une table ronde le jeudi 10 juin de 14h45 à 17h00.

Cette enquête a pour objectif de :
- cerner les besoins et les attentes des personnes vivant en milieu rural,
- dresser un état des lieux afin de faire des propositions visant à améliorer leur vie quotidienne,
- sensibiliser les Pouvoirs publics et les media sur leurs difficultés.

Un livre blanc reprendra l’ensemble des résultats et les propositions des Aînés Ruraux dans ce domaine. L’enquête aborde des grandes thématiques telles que l’accessibilité, la santé, le logement, les services publics, l’animation du territoire, les nouvelles technologies, les commerces de proximité. Une table ronde permettra d’aborder ces différents sujets.

Quelle ruralité aujourd’hui ?

Implantés en milieu rural, proche des préoccupations de leurs habitants et véritables animateurs du territoire, les Aînés Ruraux débattront également de la ruralité d’aujourd’hui avec la nouvelle réorganisation du système de santé dans le cadre de la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) et approfondiront leur partenariat avec la Mutualisé sociale agricole et ses services de proximité et de prévention.

http://www.sillon38.com/blog/2010/06/01/journees-nationales-des-aines-ruraux-sur-le-theme-de-la-ruralite/

Tags : sénior
Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mercredi 2 Juin 2010 à 15:53 | {0} Commentaires

Dans la Gironde rurale, un collectif citoyen s'est constitué pour la sauvegarde des services publics en milieu rural.


Le service public sort son « bouclier rural »
Face à la mairie de Sainte-Foy-la-Grande, samedi, un stand n'est pas passé inaperçu : celui du Bouclier rural de défense des services publics. Ce collectif - et on comprend l'allusion - informait sur la défense des services publics en zone rurale. Cette démarche militante agit sur les deux vallées et les communes de Villefranche-de-Lonchat, Vélines, Montpon et Sainte-Foy.

Depuis sa création en mars 2010, il s'est fait connaître auprès des élus et de la population. Ce rassemblement citoyen défend un objectif majeur : la sauvegarde des services publics en milieu rural. « Il dépend de nous tous et de nos représentants élus en particulier », stipulent Max, Claudine, Alain et Christian, des membres. « Alors que la modernisation doit être mise au service du progrès social, les réformes engagées deviennent une menace pour la pérennité du service public : privatisations, suppressions massives d'emplois, réforme des collectivités territoriales sont autant de déclinaisons. Le service public est l'un des piliers qui fondent la cohésion de notre société républicaine. »
Réformes de santé

Sur le marché de Sainte-Foy, samedi, les signatures vont bon train, avec des contacts pour avoir des infos et aussi participer au collectif. Les échanges sont multiples.

Une infirmière à la retraite depuis peu, habitant Sainte-Foy, est inquiète sur les services de la santé. « Je ne suis pas contre les réformes, comme en matière de santé, si celles-ci ne perdent pas de vue la santé du citoyen. Or actuellement, on demande de faire à deux le travail de quatre personnes auprès des malades. » Cette infirmière est désormais visiteuse en maison de retraite avec ce constat : « Avec les petites retraites, et le coût en face d'une retraite en résidence, que vont devenir les retraités dépendants. »
Manque d'informations

Plus loin, une autre personne lance : « Que l'on préserve déjà nos acquis, les services que nous avons. » Cette Foyenne ne comprend pas pourquoi on veut fermer le service de la recette locale des services des douanes à Sainte-Foy. « Et les informations manquent, ça se passe sans que l'on sache. C'est bien de partir de situations locales en danger. Il faut vraiment garder notre potentiel existant, la santé, l'éducation. Préserver ce maillage économique. »

Intervient alors une personne de Saint-Méard-de-Gurçon : « Nous, on a perdu notre bureau de poste ». Enfin, à ceux qui disent que c'est fichu - et ils sont un certain nombre - le collectif ne peut que répondre : « Nous avancerons avec ceux qui veulent avancer, se poser des questions, agir. Il faut descendre dans la rue ».
De la défensive à l'offensive

Le 5 juin, ont lieu à Paris les États généraux des services publics. De nombreux collectifs, qui existent et se créent en France, y seront. « Nous voulons affirmer et afficher que nous voulons non seulement résister aux attaques mais renverser la perspective. Passer de la défensive à l'offensive. Ouvrir à l'action collective des perspectives, affirmer que notre futur n'est pas la simple répétition du passé. »

Il s'agit de « créer une nouvelle pratique plus solidaire et plus participative », passer d'une administration « d'en haut » à une coopération citoyenne. Autant de volontés échangées sur le marché de la bastide et qui ont vraiment fait débat.

Contacts avec le collectif Bouclier rural, 05 53 27 56 75, 05 53 61 12 56, ou 05 53 27 58 33.

http://www.sudouest.fr/2010/06/01/le-service-public-sort-son-bouclier-rural-106086-3097.php

Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mardi 1 Juin 2010 à 12:16 | {0} Commentaires

La question territoriale est aujourd’hui un enjeu de société. De notre capacité à percevoir la nouvelle France issue de la mondialisation néo-libérale ; une France en manque de repères mais pourtant créative, une France qui semble hésiter entre le « vivre mieux ensemble » et l’impasse individualiste dépend notre faculté à proposer un nouveau modèle pour une nouvelle vie.


LE BOUCLIER RURAL : Pour une égalité réelle entre les territoires
C’est toute l’épaisseur territoriale et sociale de notre pays que nous devons retrouver. Au moment où s’affirme la vision d’une nouvelle société urbaine, il est indispensable qu’émerge également de la nécessité d’une ruralité moderne.

Issue de nombreux départements ruraux, riches de nos diverses expériences du terrain, des combats menés pour défendre nos territoires, de moments de fierté pour la vitalité de nos cantons, notre démarche se veut humblement une contribution à cet immense défi qui est face à nous.

Depuis quelques années et sans faire de bruit, l’exode rural est devenu exode urbain, la population rurale augmente même si tous ceux qui s’installent à la campagne ne le choisissent pas nécessairement. Représentant près de 20% de la population française, plus âgée, plus pauvre, plus ouvrière, cette France périphérique et populaire devrait être une préoccupation majeure de notre parti ; d’autant plus que c’est aussi une France qui sait accueillir tous les talents et qui sait innover au quotidien. Mais loin des centres-villes, la campagne a disparu des écrans, réanimée seulement à l’occasion du salon de l’agriculture ou par quelques faits divers pittoresques, on ne l’entend plus.
D’ailleurs, depuis quelques années, l’Etat a choisi de l’oublier. Elle n’est plus considérée que comme une terre de relégation. La fracture sociale s’est doublée d’une fracture territoriale !
Pourtant qui sait que 10 millions de citadins ont un projet de vie à la campagne ? Comment ignorer que partout les élus et les acteurs locaux se battent pour permettre à chacun d’y travailler et d’y vivre mieux ? A maints égards, la ruralité a endossée une nouvelle forme de modernité : nouvelles technologies, environnement préservé, qualité des relations humaines, commerces de proximité… Chaque jour, on y invente des solutions à des questions très concrètes de la vie quotidienne. Tout cela rend possible une contribution de la ruralité à un nouveau modèle de vivre ensemble qui promeut « la ré-humanisation des villes et la revitalisation des campagnes » comme le propose Edgar Morin.

C’est pourquoi, nous voulons un bouclier rural car nous vivons dans des territoires de résistance qui ont subi les premiers et de plein fouet la politique de Nicolas Sarkozy et surtout car c’est le seul moyen de rétablir aujourd’hui, dans notre pays, le principe républicain d’égalité entre les citoyens où qu’ils habitent sur notre territoire national.

Un bouclier pour se protéger, pour retisser des liens entre les habitants des campagnes mais aussi entre les villes et les campagnes. Pour faire France, on ne peut accepter toute brisure entre un archipel métropolitain aspiré par le turbo-capitalisme et un arrière-pays rural condamné à la marginalité sociale.

Un bouclier aussi pour relever la tête et montrer par des résultats concrets qu’un autre modèle de vie est possible et que cette alternative peut justement venir des campagnes. Nous militons pour une République respectueuse de tous ses territoires.

En effet, depuis plusieurs années, nous avons subi le pire :
- dans l’éducation : suppression de dizaines de milliers de postes d’enseignants entraînant la fermeture de milliers de classes et d’écoles
- dans la santé : fermeture d’hôpitaux et de maternités de proximité, désertification rurale sans que la volonté législative s’exerce réellement pour imposer le principe d’accès aux soins
- dans le service postal : par la mise en œuvre des directives européennes sur la mise en concurrence de ce service, sans accompagnement financier durable, fermeture masquée des points de contact du réseau postal
- dans l’accès au numérique : celui-ci étant classé dans la catégorie des services à caractère concurrentiel et donc privé, l’Etat n’investit rien et ne garantit plus l’équité territoriale
- pour les services de l’Etat : fermetures en cascade de perceptions, de tribunaux d’instance, d’établissements publics en particulier du Ministère de la Défense, de services décentralisés…
- pour les grands services publics de l’énergie et de la téléphonie, avec la fermeture de centaines d’agences de proximité dans les territoires ruraux et la détérioration des réseaux

Pour que nos campagnes vivent, le bouclier rural doit être un arsenal de mesures qui rétablissent l’égalité tout en prenant en compte les spécificités de la vie à la campagne. Refusant les recettes cosmétiques nous appelons donc à écrire une loi de la République qui s’impose à l’Etat et aux personnes morales en charge de politiques publiques. Nos propositions sont sur la table, elles ne demandent qu’à être précisées, amendées ou complétées.

1) Maintien ou rétablissement de services publics indispensables à la cohésion sociale et à la création de richesses

Il est primordial de garantir un temps d’accès maximum aux services essentiels et de base :
- Santé : accès à moins de 45 mn d’une maternité, de 20 mn d’un accueil de médecine générale, mesures de lutte contre le désert médical et régulation des installations de médecins sur le territoire
- Justice : accès à moins de 45 mn d’un tribunal d’instance, à moins d’1 h 30 d’un tribunal de Grande Instance
- Education : accès à moins de 15 mn d’une école élémentaire et primaire (30 mn par transport scolaire), à moins de 25 mn d’un collège (45 mn par transport scolaire)
- Services du Trésor : accès à moins de 20 mn d’une trésorerie, de 45 mn d’un centre des impôts
- Service postal : accès à moins de 15 mn d’un bureau de poste ouvert au moins 26 heures par semaine
- Accès au très haut débit : tout habitant, entreprise ou collectivité doit avoir accès aux voies nouvelles de communication via la fibre optique
- Missions d’accompagnement d’accès à l’emploi et à la formation (initiale et professionnelle) : accès à moins de 30 mn d’un lieu d’accueil et d’information.

Par ailleurs, et face aux dégradations qui s’accélèrent depuis dix ans, il est primordiale de maintenir une qualité de distribution de l’électricité équivalente à celle des villes. De même, et pour préparer l’avenir, il faut que tout habitant, toute entreprise ou collectivité ait accès au très haut débit. Nous devons nous engager dans un véritable programme qui amène, partout et pour tous, la fibre optique.

Cela implique notamment de partir des besoins des habitants et non d’obligations d’économies purement comptables. Cela impose la suppression de la règle de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans nos territoires.

2) Création de zones de développement économique rural

Nous savons bien que pour assurer le développement économique des zones rurales, il faut à la fois créer des richesses, c’est-à-dire maintenir les activités productives, les renouveler et les moderniser, capter des richesses pour maintenir l’attractivité résidentielle et touristique qui est importante dans le monde rural et faire circuler ces richesses à travers les commerces, les services, les associations etc.

Ces trois volets sont en totale interdépendance. Agir sur l’une sans penser aux autres n’est pas optimum, voire contre-productif. Nous proposons donc la création de zones de développement économique rural.
• Cela permettra pour les entreprises déjà installées dans les territoires ruraux les plus isolés de bénéficier de conditions sociales et fiscales adaptées. Il faut en effet tenir compte de l’isolement géographique et de la saisonnalité du chiffre d’affaires : la fiscalité nationale et locale comme les cotisations sociales doivent être compatibles avec ces activités qui très souvent s’apparentent à une mission de service public. Si nous savons accompagner ceux qui veulent s’installer, il est nécessaire de soutenir aussi ceux qui sont là et qui résistent pour faire vivre nos villages.
• Elles prendront en compte la situation particulière des artisans et des commerçants en définissant un statut réellement protecteur pour ceux qui ont fait le choix d’entreprendre dans ces territoires.
• Ces zones permettront aussi d’adapter le rythme des mises aux normes dans des établissements à taille humaine (par exemple l’hôtellerie ou les stations services) qui sont menacées par des fermetures massives.
• Elles doivent être accompagnées de nouveaux outils bancaires, publics ou privés (en s’inspirant du modèle CRA aux Etats-Unis), qui tiennent compte de la spécificité de l’activité dans les zones rurales et de règles qui imposent aux établissements bancaires de réinvestir dans ces zones une partie des sommes qu’ils y prélèvent.
• Elles réserveront certains marchés publics aux PME et aux TPE, au moins au titre de la sous-traitance.
• Elles permettront la création de pôles de compétitivité ruraux et apporteront des soutiens spécifiques à l’économie agricole.
• Elles permettront de bonifier les dotations de fonctionnement de l’Etat qui, à l’heure actuelle, sont deux fois moins importantes dans les zones rurales que dans les zones urbaines.

3) Soutien au bénévolat et aux associations qui rendent des services d’intérêt général

L’aide à l’action bénévole, comme les sapeurs pompiers volontaires, dont le statut précaire peut mettre en danger à terme les premiers secours, mais aussi les centres sociaux, dont l’existence et les services aux familles sont parfois mise en péril par la remise en cause silencieuse des dispositifs d’aides publiques constituent quelques exemples de soutiens durables indispensables à la cohésion sociale de nos territoires. Le soutien pérenne aux lieux d’échanges et de débats, comme les comités de territoires ou les associations de développement est indispensable, car nous avons expérimenté ce qui doit être un élément fondamental de la citoyenneté de demain.

4) Invention d’une « nouvelle école »

Le bouclier rural est aussi une contribution pour repenser notre système scolaire. Nous proposons de généraliser les « ZEP rurales » c'est-à-dire les « aires rurales d'éducation concertée » (AREC), véritables bassins éducatifs pour une éducation et une formation tout au long de la vie et outils pour « penser global » l’offre éducative. Nous demandons d’abord des classes à taille humaine (25 élèves maximum), des temps de transports scolaires compatibles avec le rythme de vie des enfants et l'encouragement à la scolarisation dès deux ans parce que la très petite section de maternelle est le premier lieu de socialisation. De même, nous suggérons de généraliser « des maisons des petits à l’école » pour réussir enfin le passage de la famille à l’école ainsi que la mise en œuvre de « groupes de soutien au soutien » pour les enseignants.

5) Prise en compte de notre légitimité territoriale dans la réforme des collectivités territoriales

Le développement des intercommunalités rurales a renforcé le tissu rural. Tout aussi indispensable sont les parcs naturels régionaux et les pays parce qu’ils sont fondés sur la délibération collective et le contrat qui permettent d’inventer une ruralité moderne.
Alors que nous représentons 80 % du territoire, et que la réforme des collectivités territoriales prévoit de diviser par quatre le nombre de nos élus locaux, le bouclier rural doit prévoir la représentation de nos territoires en fonction de la population, certes, mais aussi de la superficie de nos territoires qui demandent d’être considérés comme des espaces à part entière, spécifiques et légitimes.

Conclusion

Les agriculteurs l’ont dit avec beaucoup de force car la brutalité des variations de prix qu’ils subissent et les baisses de revenu qu’elles impliquent seraient inacceptables pour tout autre secteur d’activité : l’indifférence et le mépris ne sont plus supportables.

Le monde rural demande à être respecté et entendu. Nous devons relever ce défi du développement de nos territoires, nous en sommes capables. Il y a dans nos campagnes des forces extraordinaires qui ne demandent qu’à s’exprimer. Tous nos concitoyens veulent vivre avec des services publics de qualité pour pouvoir créer des richesses. Cela passe certainement par un nouveau pacte entre la République et le monde rural.

Pour vivre mieux ensemble, pour que nos campagnes se développent dans un équilibre entre villes et campagnes, nous demandons la mise en œuvre du bouclier rural !

le_bouclier_rural.doc LE BOUCLIER RURAL.doc  (39 Ko)


Rédigé par Jean-Philippe HUELIN le Mardi 1 Juin 2010 à 12:12 | {0} Commentaires






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